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Chalutier - Golfe
d'Eubée - 29 avril 2012
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Ce
1er mai 2012 il n'y a pas eu de surprise. Une mobilisation mitigée
du côté des syndicats et des partis politiques de notre gauche
divisée. « Ils n'ont pas fait gaffe durant toutes ces
années nos grands syndicats : ils arrivèrent souvent main dans la
main, côte à côte et tout souriant, le doigt dans le même miel,
avec les politiciens du PASOK et de la Nouvelle Démocratie. Ils ont
ainsi vendu leur accord sur bien de points, donc nous ne les croyons
plus. Attendons les urnes et l'été... le soleil au moins...
lui seul brillera », telle fut l'analyse de Manos, un ami...
sympathisant (autoproclamé) d'Aristote.
Les
divisions du « bloc progressiste » comme on disait jadis,
le temps presque estival enfin de la journée d'hier, et les
préoccupations liées à la campagne électorale ont
considérablement réduit l'ampleur de la mobilisation des
ex-travailleurs.
| Rassemblement des syndicalistes PAME - 1er mai - source : rizospastis.gr |
![]() |
| Rassemblement des syndicalistes SYRIZA - 1er mai - source : tsantiri.gr |
Le parti communiste KKE via son organisation
syndicale PAME, avait choisi pour lieu de rassemblement (assez
massif), l'aciérie en grève près du Pirée, les autres partis de
gauche et les « grands syndicats », le centre ville.
Quelques échauffourées à la fin, entre les policiers des unités
prétoriennes des MAT (CRS) et les jeunes anarchistes et ensuite, des
embouteillages dignes du vieux temps... à destination des plages.
Après
tout, la mobilisation du monde du travail dans un monde sans travail,
c'est peut-être aussi une préoccupation vidée de sens. Surtout que
les grands syndicats (en Europe occidentale en tout cas), ont
accompagné la fuite en avant dans la financiarisation effrénée du
monde depuis trente ans, tout comme leur alter ego politique, à
savoir la mouvance des sociaux-démocrates, dont « l'internationale »
est toujours « dirigée » par le tout petit Georges
Papandréou.
Sauf
que les voyages accompagnés, arrivent aussi à destination un jour.
Terminus la dette souveraine, tout le monde descend du train. Ainsi que la rame ne prendra plus de voyageurs. Tous virés, morts,
chômeurs, précaires, et nouveaux Sisyphes du « monde
interdépendant », cas d'étude pour les manuels de géographie
scolaire. Interdépendants donc, quoi qu'il advienne, élections ou
pas. Car gagner la bataille des élections, renversant les forces du
Mémorandum, ou entravant déjà leur « gouvernance », ne
serait qu'un début.
| Campagne électorale des partis d'extrême-gauche - Athènes 26 avril 2012 |
Le
banquier Papadémos, faisant office de haut-parleur de la Troïka,
vient de publier une liste contenant les nouvelles mesures de juin,
indépendamment du vote, bien entendu. Ce mercredi, lors du dernier
Conseil des ministres (Conseil d'administration), il présentera les
« engagements » du prochain gouvernement. Quoi qu'il
arrive. Il semble que nous assistons à l'avant dernière phase du
coup d'État, en cours en Grèce depuis 2009. Les élections
deviennent « inutiles » et ainsi annulées de fait. Et
pourtant, les bancocrates ne sont guère rassurés.
Au
PASOK, on découvre soudainement que « nous étions le
laboratoire de l'Histoire » (Venizélos), et que « la
Grèce était un cobaye » (Papandréou), car on sait, que
former un gouvernement de pacotille (légalisé par le vote
pourtant), n'est plus à la portée du dernier mensonge Pasokien ou
de la Nouvelle Démocratie.
« Attendons
encore un peu, et attendons toutes les suites, après les urnes, mais
entre temps il faut survivre. J'irai voter contre le Mémorandum et
contre l'Europe », rajoute Manos. Combien sont-ils comme lui ?
Impossible à savoir, les sondeurs n'en savent guère davantage. D'où
sans doute cette inquiétude du régime, « car on peut voter
n'importe comment, mais pas, contre l'Europe », et toute la
presse du régime s'y colle merveilleusement (par exemple « To
Vima » : « Quel vote ? Pour ou contre
l'Europe ?» (tovima.gr/opinions/article/?aid=450939, par le
juriste et universitaire Grigoris Kalfelis, 30/04/2012).
| Campagne électorale de la Gauche Démocratique - Athènes 26 avril 2012 |
| Affiche du mouvement anarchiste : "Grève des urnes" - Athènes 26 avril 2012 |
| "Révolution Française - Plan de sauvetage (et) pour la Grèce" - Journal Ta Nea - 26/04/2012 |
Une
voix inattendue et historiquement corrompue, venue enfin de très
loin, exprimerait la même inquiétude : « Je
crois que la Grèce a besoin de l'Europe, et c'est au sein de
l'Europe que la Grèce retrouvera sa place, à égalité avec les autres
pays », telle
serait la déclaration écrite de Constantin II (de la dynastie des
Glücksbourg), sixième et dernier roi des Hellènes, déposé par le
référendum de novembre 1974, selon le site du quotidien « Proto
Thema » (protothema.gr/politics/article/?aid=193323).

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2 commentaires:
Bonsoir Panagiotis,
Excellent et malheureusement tellement juste :
"Après tout, la mobilisation du monde du travail dans un monde sans travail, c'est peut-être aussi une préoccupation vidée de sens."
Bonsoir, je trouve également malheureusement tellement juste votre réflexion "Après tout, la mobilisation du monde du travail dans un monde sans travail, c'est peut-être aussi une préoccupation vidée de sens."
Mais je pense aussi que sans ouvrier (pour exemple), une machine n'est rien, si une machine n'est rien, il n'y a pas de production vendue.
Par exemple,si tous les travailleurs cessaient leur travail simultanément, ne serait-ce qu'une heure, cela aurait de telles conséquences que, j'ai le droit de rêver, peut-être y aurait-il réelle prise de conscience de qui ne se pose jamais de questions tant son avenir est assuré (et ce pour plus longtemps qu'il reste à vivre à lui et à tous ses descendants), peut-être réaliserait-il que le pain qu'il mange a nécessité du travail, et que tout ne lui est pas du.
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