vendredi 18 mai 2012

Temps de chien


Martin Schulz, sortant du Palais présidentiel, Athènes 18 mai 2012
Aujourd'hui, le temps à Athènes est maussade. La voiture de Martin Schulz est sortie du Palais présidentiel ce matin sous une pluie fine. Cet homme politique et Président du Parlement européen, passionné de livres et de social-démocratie a sans doute transmis un message à notre Président de la République usé, mais alors lequel ? Coïncidence (?), car ce même jour, Angela Merkel a téléphoné à Carolos Papoulias (tanea.gr). Martin Schulz, en sortant en tout cas, a répondu courtoisement au salut des policiers assurant la circulation et la sécurité autour du bâtiment. D'ailleurs, les mesures de sécurité n'étaient, ni draconiennes ni si exceptionnelles pour une fois, le Président de la seule instance de l'U.E., issue du suffrage citoyen direct, n'a visiblement pas grand-chose à craindre en Grèce.

Les journalistes, peu nombreux, ont attendu durant un long moment, la sortie de Martin Schulz sur le trottoir d'en face, ainsi ils ont eu le temps d'ironiser entre eux, sur l'emploi de la langue anglaise par Alexis Tsipras.
"Euro ou pas ? Air Tsipras avion foudroyé" - Hebdomadaire satyrique To Pontiki 17/05
Ce dernier, vient d'accorder une interview à CNN (17 mai), rappelant les positions de son parti : « La politique de Madame Merkel est dangereuse pour l'euro », dans un anglais hésitant et incorrect, mais finalement, la planète Washington a tout compris, c'est l'essentiel. Rien à voir évidemment, avec l'américain parfait de Georges Papandréou, sauf que c'est sa langue maternelle. Pourtant, Georges le polyglotte, s'est avéré être un piètre négociateur, pour les intérêts de la Grèce en tout cas. Mais enfin, après le « sacrilège linguistique » commis par le chef de SYRIZA, les très mauvaises langues médiatiques n'ont pas perdu un seul moment de réflexion et de suggestion : « Tsipras parle mal l'anglais, il ne pourra pas assumer le rôle de Premier ministre, au cas où il serait élu ».

Il est vrai que ces derniers jours, toute la presse (contrôlée) se déchaîne contre SYRIZA, à tel point que dès ce matin, les dirigeants de cette formation sont en train de peser le pour et le contre, pour ainsi complétement boycotter la chaine MEGA, pas de décision pourtant vendredi soir. Sur la même ligne, Théodoros Pangalos du très vieux PASOK, déclare que « ces types de SYRIZA, ils seraient capables de tout une fois avoir atteint le 25%, y compris commencer les exécutions » (télévision SKAI – 17 mai). Pareillement, les politiciens de la Nouvelle Démocratie, abusent d'un verbiage anti-gauche, exhibé tout droit, du placard de la Guerre civile, comme si Alexis Tsipras était la réincarnation du général Markos.

Palais présidentiel, Athènes 18 mai 2012

Visiblement, le système local est à son avant-dernier délire. Local seulement, il me semble. Non, ce n'est pas la survie du capitalisme mondial qui se joue en Grèce que je sache, mais celle du système « paléo-centrique » du bipartisme para-politique de la Nouvelle Démocratie et PASOK en Grèce. Ils peuvent finalement encore gagner les élections tous réunis face à SYRIZA, mais leur système est de toute façon, finissant. Trente années de privilèges et d'enrichissement mafieux incontrôlables, ne peuvent pas passez ainsi à la trappe, on joue alors les prolongations, et avec acharnement. De même, les magnats de la presse, promoteurs immobiliers, armateurs et autres entrepreneurs dont la consanguinité avec les politiciens dans l'affairisme est devenue consubstantielle de leur « République Hellénique », savent qu'avec SYRIZA, les choses peuvent changer.

Certains cadres SYRIZA sont pourtant inquiets ces derniers jours et pas seulement sur l'issue de la bataille politique. Ils constatent que leur mouvement risque de se « droitiser », au fur et à mesure que le pouvoir serait potentiellement, à portée de main. Et surtout qu'en Europe (et pas seulement qu'au sein de l'Union Européenne), on porte desormais un regard plutôt bienveillant sur cette nouvelle gauche en Grèce. D'où aussi, certaines craintes, au PASOK notamment. Cette formation historique du Papandréïsme, est en train de disparaître. Si SYRIZA confirme sa place et son « pragmatisme », certes « combatif » comme le proclament déjà certains de ses cadres, il réorganisera le centre-gauche en Grèce, et ceci, à un moment où le train pendulaire de l'histoire européenne peut sous certaines conditions, suivre le même aiguillage.

"Pas de soumission à la barbarie" - Athènes 18 mai 2012
Place Syntagma - 17 mai 2012


Loukanikos 17 mai 2012 - Place Syntagma

Sous cet angle, et indépendamment des résultats immédiats des législatives du mois de juin en Grèce, le centre-gauche européen, risque d'ignorer le PASOK, progressivement, puis, définitivement. Après tout, ce PASOK n'a jamais été un parti social-démocrate à la manière et aux vérités... compliquées des autres partis, de la même étiquette politique, en Europe occidentale en tout cas. Au mieux, c'était un parti très balkanique, pour ne pas dire un conglomérat sociétal de type moyen-oriental à la manière d'un parti (également) baassiste, sauf que les camarades pasokiens, ont toujours voulu brouiller le pistes sur ce qu'ils pratiquèrent véritablement, tout comme leurs alter ego, à savoir, les « libéraux » de la Nouvelle Démocratie. Et Bruxelles alors, fut-elle une « simple ignorante » ? Non, mais passons. En tout cas, le vieux personnel politique de notre Baronnie, risque de ne plus apporter autre chose que des ennuis à Bruxelles, surtout dans la mesure, où ils sont en train de perdre la bataille du Mémorandum, d'où leur ultime acharnement : défendre le Mémorandum, déjà foudroyé en plein vol entre Paris et Berlin, puis, faire admettre aux sujets hellènes et à tout le gotha transnational, que leur petit sort politique serait si intimement lié à la survie de l'euro.

Sur le marché - Athènes 18 mai 2012
Terre et ciel d'Attique - 17 mai 2012

Ils s'acharnent donc sur le « danger que représente SYRIZA pour le maintient du pays à cette zone de stabilité que constitue l'euro », et rependent ainsi le doute et l'insignifiance, la leur. Comme si la zone euro et sa crise, était une affaire grecque et non pas, un labyrinthe allemand, français, voire même, américain. Je ne sais pas par contre dans quelle mesure mes concitoyens réaliseront suffisamment cette « simple » vérité, avant les élections de juin pour ainsi se débarrasser de toute peur inutile. Mais personne ne peut le dire en ce moment avec précision. Ce qui est certain par contre, tient plutôt de la dramaturgie du labyrinthe, car bientôt le casting prendra fin, et on distinguera alors mieux qui incarnera, Ariane, Thésée ou le... Minotaure. Le rôle du Minotaure surtout, reviendra alors aux des banques ou aux peuples ? Mystère !

Hier encore, sur la place de la Constitution par beau temps, les premiers touristes se faisaient photographier devant l'Assemblée Nationale, ou devant Loukanikos et sa meute, au même moment, certains chats ont opté pour les chaises des cafés s'y incrustant. Sur les marchés, des vieilles femmes vendent encore des légumes dans des bocaux, mais elles guettent de temps à autre l'arrivée de la police municipale, mais en général, les agents restent compréhensibles : « Oui Madame, on ne vous fera pas un procès pour quatre conserves, nous savons que vous vivotez... nous aussi ».

The Economist - "Flamme olympique..."
Par contre, et pour une raison encore inconnue, on va « réviser » le procès de Socrate et par une heureuse coïncidence nous connaitrons ici à Athènes, une vision allemande de la crise à travers l'art du Théâtre (pour ceux qui peuvent encore se payer une place de spectacle), événement exceptionnel, car en Grèce, tout le monde pense que la seule Allemagne est celle de sa Chancelière. Dans le domaine artistique toujours, on se représente, la « Catastrophe du Parthénon » par Lord Elgin (ambassadeur britannique à Constantinople, initiateur du transfert à Londres des marbres du Parthénon entre 1801 et 1805), mélanges je dirais, de saison. Sans oublier les festivités, très discrètes cette année, autour de la flamme olympique, sauf qu'elle inspire les carricaturistes de « The Economist », mais pour bien d'autres raisons. Ouverture de la session parlementaire hier, mais clôture aujourd'hui ou demain samedi, cette législature « d'un seul jour », est la plus courte de notre histoire récente. Des enfants venus de Roumanie mendiaient sur les terrasse des cafés, un petit instrument de musique à la main. En scrutant le ciel d'Attique on distingue bien les avions des migrations saisonnières ou definitives. À aéroport, les touristes croisent les Grecs qui partent, certains pour se faire une place ailleurs, au soleil ou sous la pluie également, c'est selon. En 2011, plus de 23.000 sujets hellènes, ont émigré vers l'Allemagne, la métropole de l'euro, (données statistiques allemandes - www.kerdos.gr/default.aspx?id=1731716&nt=103).

Vision allemande de la crise à travers l'art du Théâtre - Athènes 17 mai 2012

"On va « réviser » le procès de Socrate" - Athènes 17 mai 2012
"La « Catastrophe du Parthénon » par Lord Elgin" - Athènes 17 mai 2012
Ceux qui restent, recherchent fébrilement le sens et la couleur du prochain vote : « J'ai toujours voté PASOK, moi ainsi que tous mes collègues au sein de notre service au ministère, mais cette fois-ci, le choix c'était Chryssi Avghi (Aube dorée) pour une bonne moitié d'entre nous, eh... moi... j'ai voté pour le dissident de la droite anti-mémorandum, Kammenos, et toi ?» « Moi tu sais bien, j'ai toujours voté KKE, les communistes, mais en juin je voterai SYRIZA, Tsipras. » « Attention ma chère, c'est notre avenir qui se joue, réfléchis bien, tiens je te fais une confidence : mes amis à la police, m'ont raconté certaines histoires pas fameuses sur Tsipras, je ne peux pas te les raconter, mais il ne faut pas voter pour lui. » « Si, si Matina, je ne changerai pas d'avis, eh... on descend à la prochaine station, non ? », dialogue, entre deux femmes en âge de voter depuis presque trente ans déjà. Elles avaient emprunté le métro à Syntagma pour éviter la pluie. Sale temps, vraiment, et toujours aussi instable. 

Le véhicule appartenant à la famille Reichenbach - Source : Die Welt
Et pour finir, une organisation jusqu'alors inconnue : « les amis de Loukanikos », vient d'incendier un véhicule appartenant à la famille Reichenbach à Potsdam. Horst Reichenbach, chef de la « Task Force » européenne  en Grèce, connu de tous ici. Ces actes de vandalisme, ont été revendiqués par un groupe présumé grec, et la police allemande a ouvert une enquête, selon l'édition internet du journal Die Welt, attribuant cet acte à une organisation d'extrême gauche. Un vrai temps de chien. 
(www.welt.de/politik/deutschland/article106320225/Brandanschlag-auf-Griechenland-Experten-der-EU.html).


Nota bene

« Vendredi, François Hollande a de nouveau plaidé pour que la Grèce reste dans la monnaie unique, lors de sa visite à la Maison Blanche. "Nous avons la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro", a estimé le président français. Dans le même temps, Berlin envoyait un autre signal : la chancelière allemande, Angela Merkel, a suggéré la tenue d'un référendum sur le maintien de la Grèce dans la zone euro en parallèle des législatives prévues pour juin, a annoncé le bureau du premier ministre grec par intérim » (lemonde.fr 18/05)

Cette intervention d'Angela Merkel vient de provoquer un tollé en Grèce, y compris chez les adeptes du Mémorandum.
Dans un café d'Athènes - 17 mai 2012

27 commentaires:

Anonyme a dit…

Cher Panagiotis, et chers amis Grecs et amis des Grecs !
Merci encore une fois pour cet article éclairant. Quelque chose change, c'est sûr, même si les urnes du 17 juin ne laisseront peut-être pas déjà éclater le changement... Espérons quand-même...
Ce soir, France Culture a diffusé un long (3/4 d'h) reportage sur la Grèce : j'avais très peur, et franchement le contenu est tout à fait honnête. Anecdotique parfois bien sûr, mais par rapport à ce qu'on entend ou voit... La journaliste a donné la parole à des gens qui remettent en cause les "sauveurs", sans présenter ces personnes comme irresponsables. Et Thomaïs Papaïoannou, qui était en studio pour commenter, a été honnête aussi et l'émission s'est même achevée sur une note d'espoir au sujet d'une victoire possible de Syriza, considérée non comme une catastrophe mais comme une "opportunité" (sic) et un "changement" (re-sic) !
Allez, courage à vous Panagiotis, votre parole est capitale, nous attendons chacun de vos articles avec impatience et les diffusons.
Merci encore,
Jean-Baptiste Billé

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir et merci,

Nous poursuivons notre chemin dans un contexte qui change aussi ailleurs, dans un an nous nous trouverons déjà loin mais où ?

Cordialement

Panagiotis

Cyril Iordanidis a dit…

Il faut que Mme Merkel autorise les Grecs a s'auto determiner sur le sort de leur nation dans ou hors de l'euro, est-ce normal? non! mais cela n'est pas la faute de mme Merkel, que je suis loin de porter dans mon coeur par ailleurs.
Quel sera le résultat d'une hypothétique élection-sondage couplée? je l'imagine trop bien, un vote renforcé pour une Syriza hors du temps et des enjeux, et un vote pour le maintien dans la zone euro...le voilà le vrai paradoxe de ce peuple qui ne veut pas voir ou se situe l'abcès qui l'infecte plus encore jour après jour.
Hors sujet (quoique), vous avez du entendre parler de ce "facheux" incident d'hier soir sur le paralia, ou le bus de l'équipe de basket du pana a été attaqué a coup de pierre par des "ultras" d'olympiakos, si vous suivez un temps soit peu l'actu du sport grec (même de très très loin) vous savez que ce genre de chose est monnaie courante en Grèce plus qu'ailleurs, et que plus qu'ailleurs on ne prend aucune mesure digne de ce nom pour remédier à ce type d'événement, pourquoi? par manque de "cojones", et que la sentence ne pourrait venir que de l'europe, c'est valable pour le sport comme pour le reste, je pourrais vous rendre quinze pages à ce propos.
Les dirigeants grecs (quel qu'ils soient) n'ont rien dans le fûte, et on a les dirigeants que l'on mérite, De Samaras à Tsipras, tous les technocrates allemands du monde ne valent pas un drachme de nos joyeux "karagiozi".
"Ou que je sois , la grèce me blesse", vous connaissez...J'aime ce pays autant qu'il me désespère.
Merci quand même pour votre point de vue francophone.

Magne a dit…

je ne partage pas ses opinions , loin de la ....mais seul le KKE à une position logique sur l'Europe et sur l'Euro , une négociation cela se fait à deux et Syriza seul contre l'Eurozone
cela ne marchera pas ....je note d'ailleurs qu'a ma connaissance Syriza ne parle plus de proportionnelle intégrale pour les prochaines élections du 17 juin .

Nicolas VDR a dit…

J'aurais une question concernant la flamme Olympique : je suppose que, comme de coutume, celle-ci a été allumée à Olympie. Or, en France, sauf erreur de ma part, on ne nous en a pas parlé.
Connaissant l'état de corruption de la plupart des médias français, je suppose qu'à Olympie, tout ne s'est pas fait dans le calme ?

El Sinsé a dit…

En passant :

La Grèce ne peut plus différer sa sortie de la zone euro (Der Spiegel)

http://www.legrandsoir.info/la-grece-ne-peut-plus-differer-sa-sortie-de-la-zone-euro-der-spiegel.html

" ...Il n’existe aucune disposition dans les règlements de l’union monétaire pour le retrait d’un Etat membre, et les partenaires de l’euro ne peuvent pas forcer un membre à se retirer..."

Mais pendant ce temps là, blablabla ... :-)

NdT : Tout le monde aura compris que le Spiegel n’est pas un organe d’expression marxiste, et qu’un décodage corrélatif s’impose.

Source :
http://www.spiegel.de/international/europe/why-greece-needs-to-leave-the-euro-zone-a-832968.html

Cré-@ctivement votre

Dedi a dit…

à ce lien, une intéressante analyse d Alfredo Jalife-Rahme, professeur de Sciences politiques et sociales à l' Université nationale autonome du Mexique (UNAM), à propos d´un éventuel changement politique en zone euro:
"Après Sarkosy : La révolte contre l’Euro et l’alliance avec les BRICS ? "
http://www.voltairenet.org/Apres-Sarkosy-La-revolte-contre-l

fincaparaiso a dit…

bjr,
le cynisme des dirigeants n'a pas de limite:leur volonté soudaine de maintenir la GRECE au sein de la zone euro ne veut dire en aucun cas que ce pays ne devra pas abandonner l'euro, la confusion est savamment entretenue pour berner les populations de la zone euro et pas seulement les citoyens Grecs.
la réduction des déficits par l'austerité à "l'allemande"et donc la misère des populations continue de plus belle,regardez ce qui se passe en ce moment même en Espagne !!

Magne a dit…

la théorie du complot à encore de beaux jours devant elle , tu crois franchement que les grecs sont interessés par la flamme .... en plus Olympie c'est la rase campagne

MUSH a dit…

Bonjour Panagiotis,
Merci pour ces billets, instantanés pris sur le vif, souvent tragiques, parfois cocasses, reflets de la vraie vie. Et merci de me donner régulièrement des nouvelles de Loukanikos qui, malgré ces temps agités, vit tranquillement sa vie de CDR (chien de rue) athénien. ;-)

Nicolas VDR a dit…

Pourquoi théorie du complot ? Où avez-vous vu cela dans mes propos ? Vous trouvez que les médias français sont objectifs, que leur comportement lors de la dernière campagne présidentielle a été impartial ? Si cela vous satisfait de vivre dans un pays corrompu, ma foi...

Quant à votre théorie du complot, vous ne trouvez pas que ce qui est en train de se passer depuis quelques années, faire payer "la crise" aux peuples en leur supprimant des acquis sociaux gagnés difficilement ne se rapproche pas d'un complot ?

Quant à la flamme, ce que je voulais dire, c'est que les jeux olympiques sont un symbole de gabegie, de gaspillage d'argent et que cela aurait pût être l'occasion pour les grecs de faire parler d'eux puisque chez-nous, en France, ) part nous dire que ce peuple à magouiller le fisc, on ne sait rien d'autre...
Alors, c'est pas la peine de s'emballer comme ça !

Magne a dit…

Un média impartial cela n'existe pas vous devez le savoir , quand à la Grèce sa classe politique et sa population elle est loin d'être à l'abri de la corruption et du clientélisme cela marche depuis 180 ans la Grèce à déjà fait faillite dans la seconde partie du XIX siècle .... le système tu vote pour moi et en échange tu a un retour d'ascenseur on vois ce que cela donne sur le long terme la ND gagne les élections on embauche des fonctionnaires
" bleus ", le PASOK gagne on embauche des fonctionnaires " verts " les perdants passant au placard .....moralité la fonction publique sert de soupape sociale et l'état emprunte à l'extérieur pour boucler son budget puisqu'il est incapable de se gérer correctement

catitalia a dit…

Bonjour, Magne.

Tous pecheurs dont tous chatiés en somme, si je comprends bien votre propos. Subissez les tourments quotidiens oh peuple de voleurs maudits qui avez éhontément sucé le sang, pardon les euros (mais c'est pareil) de autres peuples d'Europe ! Mais vous voilà démasqués et l'heure d'assumer vos fautes a sonné ! (taratatata sonnement des trompettes du Jugement et prosternation pleine de componction satisfaite des autres tribus du continent)

C'est ça ?

Magne a dit…

Bonjour Catitalia oui il est un jour ou un peuple doit se remettre en question sur l'ensemble de ses pratiques trouve tu normal de donner une enveloppe à un médecin à l'hôpital pour être soigné normalement , trouve tu normal que l'on construise sans permis de construire trouve tu normal que la grande majorité des artisans et professions libérales fraudent sur la TVA et les impôts pas les salariés eux ils sont les plus mal lotis en Grèce puisqu'ils sont imposés à la source , trouve tu normal que les députés de droite ou du Pasok récompensent les "biens votants " par un travail de fonctionnaire pour leurs fils ou filles ou par une subvention quelconque , trouvent tu normal que les rares personnes qui dénoncent cela ne fassent pas une voix en Grèce , trouve tu normal que de tous les scandales de corruption des dernières années en Grèce un seul député soit en prison actuellement et que la plupart s'en sont toujours sorti , trouve tu normal que l'on ait incité à la consommation à outrance par l'intermédiaire du crédit depuis une vingtaine d'année , que l'on ai fait croire aux gens que puisqu'ils étaient européens tout allait descendre du ciel

Catitalia a dit…

Et allez... la litanie des péchés grecs que l'on nous sert jusqu'à la nausée dans nos médias pour justifier le sort qui est fait aux Grecs...

Vous me/nous dites quelle latitude, quelle marge de liberté les Grecs du peuple, les quidam hellènes ont à l'heure actuelle de "remettre en question l'ensemble de leurs pratiques" ? Il semble que quand ils ne votent pas pour les (ir-)"responsables" politiques qui les ont menés là où ils en sont (ND ou Pasok), les (ir-)"responsables" européens se fachent tout rouge.

Magne a dit…

je ne parlerai pas de péchés ici on n'est pas à l'église ......mais les faits sont les faits et vous n'y pouvez rien ...quand à la ND et au Pasok ils ont représentés jusqu'à 80 % des votes c'est bien que la majorité des électeurs y trouvaient plus ou moins leurs comptes ...maintenant il reste 2 solutions passer sous le joug Européen ou se mettre en faillite quitter l'euro et l'Europe cela c'est la voie de Chrissi Avgi et du KKE sans commentaires et bonjour la misére

Catitalia a dit…

On n'est peut etre pas à l'église mais on est dans une civilisation chrétienne. Et je pose l'hypothèse que si le reste de l'Europe (j'entends des peuples européens, pas de ses oligarques dont le cerveau est remplacé par une calculette) est aussi anesthésié, aussi atone, devant la violence, l'incroyable violence, actuellement infligée aux Grecs, c'est parce qu'on leur en fait une présentation typiquement chrétienne (qu'évidemment ils gobent vu que ça fait deux mille ans qu'ils marinent dans ce bouillon moral et intellectuel) : ils ont péchés collectivement, ils sont collectivement chatiés. Avec MerksansOzy dans le role du Pantocrator séparant les justes des damnés. Amen.

Ce ne sont pas deux solutions que vous évoquez. S'en est une seule : la misère.

Stéphane S. a dit…

Je suis fort peiné par le sort actuel du peuple grec, et par l'évolution de son sort qui est catastrophique.
Il me semble que l'Etat grec devrait aller attraper par l'oreille les évadés fiscaux et les mauvais payeurs d'impôts sur le revenu. C'est ce que fait l'Italie : 8000 arrestations et 20 G€ récupérés.
Aussi, le clergé et les armateurs devraient être mis à contribution.
Aussi, on (qui ?) devrait engager une mise à plat du système clientéliste du PASOK et de Nea Demokratia, et juger ceux qui n'ont pas respecté la loi.
Aussi, il serait bon de procéder à un audit de la dette grecque, et répudier ses parties odieuses, illégales et illégitimes (est-ce que SYRIZA en parle ?).
Aussi, il serait opportun d'engager des explorations et des exploitations de ressources naturelles de la Grèce (pétrole en abondance au sud de la Crète ?), le temps de se remettre à flot.
En parallèle, il faut que Hollande soit l'inspirateur d'un mouvement keynésien moderne en Europe, et fasse plier Mme Merkel.

Magne a dit…

Malheureusement il n'y a pas que les dirigeants qui sont obnubiliés par l'argent et par la société de consommation à outrance va faire un tour à Lamia le royaume de la porche cayenne l'homme est un loup pour l'homme cela reste malheureusement toujours d'actualité , la Grèce n'a pas et n'a peut etre jamais eu d'économie viable ou au moins équilibrée depuis 1830 , le secteur primaire est non autosufisant ,le secteur secondaire très faible , le tertiaire hypertrophié et en forte concurrence avec les autres pays du bassin méditerranéen pour l'activité touristique ,de plus le budget militaire est très important du à des facteurs historiques que tout le monde connait

Catitalia a dit…

Quel est le pourcentage de Porsche Cayenne sur le nombre total de véhicules immatriculés en Grèce ?

Que l'homme soit réduit à l'état de consommateur abruti n'est pas une spécificité grecque.

Et la dictature troikane va améliorer le secteur primaire et secondaire ? Comment ? Vous nous présentez les pistes proposées ? Quant au tertiaire, il est en voie d'hypotrophisation rapide : démantèlement de la santé, démantèlement de l'éducation ... il ne reste qu'à applaudir devant tant d'efficacité.

"les facteurs historiques" du budget militaire ? Je peux m'esclaffer ? Une larme d'historique peut-etre et beaucoup beaucoup d'économique : les armes sont vendues par les Américains, les Français, les Allemands. D'ailleurs il me semble que la réduction du budget militaire est l'une des rares à ne pas avoir été exigée : la menace turque imminente sans aucun doute...

Magne a dit…

Permettez de moi de sourire aussi , personne à priori ne force les Grecs à avoir un budget militaire important si ce n'est la menace pas si iréelle que cela de l'état Turc ...regarder l'évolution en 50 ans du nombre de citoyens turcs de " religion Orthodoxe " ..... les incursions régulières de bateaux ou d'avions Turcs dans l'espace Grec

Catitalia a dit…

Et les "incursions régulières de bateaux ou d'avions turcs dans l'espace grec", incursions hostiles et potentiellement meurtrières bien sur (je vois bien les destroyer turcs canarder Samos ou Chios tiens), justifie le maintien et l'extension d'un tel arsenal ?

A n'en pas douter la très perspicace Troika va donc suggérer, pour développer le secteur secondaire si faible en Grèce, proposer le développement d'une industrie militaire made in greece, qui aura là des débouchés tout trouvés. Non ?

Vous ne supportez pas qu'on vous contredise ou vous vous etes créé de la Grèce au fil du temps une image qui vous sert de répulsif ? Parce que là ça devient vraiment n'importe quoi : il n'y a pas de menace turque, et quand bien meme il y en aurait une, le reste de l'Europe peut parfaitement assurer la défense du pays pour lui permettre de mieux employer les fonds actuellement destinés aux dépenses militaires. Je suis prete à parier que ça n'a pas été proposé.

Magne a dit…

je suis d'accord avec vous l'Europe aurait du donné des garanties fortes à la Grèce vis à vis de la Turquie tant au niveau des eaux territoriales que de l'espace aérien ce qui aurait permis d'alléger notablement le budget militaire , cela à déjà été proposé par Daniel Cohn bendit .....quand à la perception Grecque du danger Turc je te renvoie aux multiples incidents des dernières années il y a déjà eu mort d'hommes aviateur Grec par ailleurs , d'autres part les incident d'Imia / kardak 1996 ne sont pas aussi éloignés que cela et on se demande pourquoi l'armée Turque de l'Egée à 130 bateaux de débarquements alors suesles iles Grecques de la mer Egée doivent démimilitarisez ...je sais que les militaires de tous les pays aiment les jouets rien n'est exclu

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir Merci pour vos contributions et le débat ! Patience un peu ou peut-être bien davantage. Tout bouge en ce moment en Grèce mais nous ignorons pour l'instant les suites c'est évident. Ce WE j'ai été encore le témoin direct et indirect d'événements constituants de cette fabrication de l'avenir en cours. Événements heureux mais aussi tristes. Au prochain billet du blog alors.

Kay a dit…

Ce blog est passionnant ! Merci de nous rapprocher ainsi de ce qui se passe chez vous.

Bibi a dit…

Bonsoir, j'ai du retard dans la lecture de vos articles! Dur dur ce contexte, même si l'espoir semble là. Quelle idée saugrenue que celle d'un référendum sur le maintien ou non de la Grèce dans la zone euro! N'est-ce pas un comble telle question posée à des citoyens, alors que d'autres les concernant plus directement ne l'ont pas été?

Christos a dit…

Tout à fait d'accord avec le contenu de ce message.
P.S.:
J'aimerais être prévenu lorsqu'un nouvel article paraît, comment faire?

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