lundi 21 mai 2012

Fluidités



"T'as besoin de combien d'euros pour te révolter ?" - Sur un mur, rue du Pirée 19/05/2012

Il y a de la fluidité dans l'air. Des mentalités, soit changeantes soit « définitivement » acquises se télescopent violemment. Les déclarations au G8, d'ailleurs médiatisées assez mollement en Grèce, ne semblent pas entraver la marche vers ce nouvel empirisme dans le nouveau goût politique grec. Les gens sont plus souriants, première conséquence... empirique, « je te le confirme, dans mon quartier aussi, à l'ouest d'Athènes, c'est pareil, on respire un peu, il y a de l'espoir », expliquait Manos, un enseignant, reconverti dans l'informatique bien avant le Mémorandum, rencontré ce matin. Nos représentations ont désormais de l'odorat, la politique redevient presque, une affaire de sécrétions humaines car nous la respirons à tous les coins de rue, sa circulation se fait désormais par les humeurs, la gestuelle et les mimiques des corps et des visages, les gens transpirent leurs arguments, nous vomissons une partie de nous mêmes (certains d'entre nous en tout cas); nous redevenons des animaux politiques, d'où l'imprévisibilité, vraiment de circonstance, « animalité » oblige. Sauf que nos chats et chiens errants, restent les plus imperturbables de tous les êtres demeurant chez nous.


Nos chats et chiens errants, restent les plus imperturbables...


Les adeptes du... structuralisme systémique (ou en tout cas, ceux qui s'accrochent comme ils peuvent à cette étiquette sans trop y croire), sont en train de perdre leurs dernières certitudes, le bank run permanent des derniers jours en devient le catalyseur. Les classes moyennes encore possédantes, ankylosées du Pasokisme (pour ne pas dire « possédées »), tout autant que de la facilité illusoire, font preuve de suffisamment de connaissances et de sens d'analyse, pour comprendre l'impasse, la leur et celle de leur modélisme comportemental, sauf que pour la vraie fuite en avant, ils en sont incapables, donc pas de révolution à l'horizon :

« Nous nous trouvons dans l'impasse, nous avons toujours voté PASOK, sauf que maintenant c'est cuit. Nous deviendrons pauvres, il va falloir se serrer la ceinture, ne plus importer certains produits ou sinon les taxer, mais tout de même, ce Tsipras est dangereux. On est bien d'accord, nous restons attachés à l'euro, nous voulons garder cette monnaie, c'est le Mémorandum que nous condamnons sans réserve, point. Pourtant, pensez-vous qu'un jour, nous irons prendre nos repas à la soupe populaire ? » « Eh, vous savez quoi, j'ai reçu un mail d'info, c'est une liste de tous les lieux de distribution de soupe populaire, finalement au lieu de l'effacer, je l'ai archivé, qui sait ? » Rires. « Mais Mina, il faut s'attendre à tout, nos retraites peuvent ne pas être versées comme d'habitude, aux alentours du 22 mai, et là, plus rien ne sera drôle. » « Oui Yannis, mais avouons-le, durant le règne du PASOK, est-ce que les belles années que nous avons vécues sont équivalentes à un âge d'or ? Eh... sauf que sur sa fin, le navire est en train de couler, le pays entier, rien que les suicides, c'est atroce, on ne peut pas le, pardonner au PASOK. » « Et notre propre responsabilité Mina ? » « Je ne sais plus pour qui voter, Tsipras est dangereux, je crois que je voterai Kouvelis, sa Gauche Démocratique me semble sérieuse et surtout européenne, qu'en pensez-vous ?» Conversation, samedi, entre trois retraités de fraiche date, craignant leur déclassement social... en cours. Ils déjeunaient dans une brasserie, seuls parmi les clients, à commander un repas complet, tous les autres se contentèrent d'un café. Ils sont partis en 4X4, aussi récent que leurs retraites.

Athènes 21 mai 2012
 Est-ce aussi leur fin ? Dimanche dans l'après-midi, le message d'un auditeur a été lu sans commentaire, par l'animateur sur Real-FM, un journaliste connu : « Je suis au chômage, mon épouse aussi. Nous avons trois enfants, nous prenons nos repas à la soupe populaire. Un de nos enfants ne va plus à l'école, il a honte, nous ne pouvons plus lui offrir de quoi se vêtir et se chausser correctement. Nous n'en avons plus rien à battre de l'euro, qu'il crève, les politiciens avec, avant l'euro je travaillais, j'avais de quoi vivre, j'avais mon commerce, je sortais, j'étais quelqu'un... ». Autre tranche de la classe moyenne, autres craintes, ou plus aucune crainte ?

Mon cousin Costas a changé d'avis également, il ne s'était pas déplacé aux urnes le 6 mai : « Rien ne changera, les deux grands éternels, PASOK et Nouvelle Démocratie, gouverneront ensemble pour poursuivre une politique issue du Mémorandum, à quoi bon... puis tu sais, je vote au village, j'ai déjà perdu la moitié de mes revenus, le déplacement me coûtera plus de 100 euros, impossible », voilà son raisonnement (désormais dépassé), à la veille du 6 mai. Costas, d'habitude prudent, et relativement apolitique, se découvre brusquement, comme emporté par un torrent : « Je vais voter au village, tant pis pour l'essence. Je voterai Tsipras, SYRIZA est notre dernier espoir, de toute façon, les autres nous ont trahi, nous les supportons déjà assez depuis 30 ans, terminons-les... à présent ».

Autre opinion exprimée ce lundi matin, celle de Pavlos, commerçant enrichi par son travail et par celui des autres, car il a toujours déclaré le quart de ses revenus réels auprès du fisc de l'Etat-PASOK. En adepte historique du pasokisme payant, et en tant que « supporteur » acharné et contributeur discret d'un député PASOK du sud de la Grèce, il a « validé» l'embauche au... mérite, de ses deux enfants, respectivement au sein de la régie des transports athéniens et à la poste, sauf que Pavlos, sait qu'il faut quitter à l'heure, un navire qui coule : « Je voterai SYRIZA, le PASOK et la Nouvelle Démocratie c'est une catastrophe, j'ai voté KKE [parti communiste] le 6 mai, c'était aussi pour faire plaisir à mon père, un vieux partisan, il vit toujours sa Guerre civile. Non, cette fois-ci je suis conscient des enjeux, et je n'ai pas peur de Merkel et des autres sur l'euro, je n'ai plus peur, leurs menaces, la sortie de l’euro, c’est du bluff, Tsipras a raison. Notre situation certes, elle est grave, moi, j'ai perdu 70% de mes clients, ah tu sais quoi, Christofis à Tripoli, un bon client jadis, non seulement il a fait faillite, mais il n'a même plus de quoi manger, le lui ai acheté ses courses la semaine dernière, c'est grave... ».

Alors Christofis souffre aussi, bonne blague. Ce fils de cafetier, directement « graissé » à travers les engrenages du PASOK historique et hystérique, écrivait il y a vingt ans, de jolis discours pour le compte d'une ancienne députée du mouvement, devenue secrétaire d'Etat depuis. C'est par ce biais que Christofis a été mis au parfum des fonds structurels européens... dans toute leur priorité nationale. Il a monté une « entreprise » de tourisme en moyenne montagne, dans l'hôtellerie de luxe,, il s'est toujours vanté de sa dernière montre suisse, de sa prochaine grosse cylindrée allemande, du parfum parisien de Noël, et de son récent voyage à Londres. Voyage ultime aussi pour tous ces gens aussi : la saisie, mais les banques ne savent plus que faire de toute cette richesse vidée de sens, « bon débarras, qu'il crève Christofis et le PASOK avec, je ne lui donnerai même pas un seul verre d'eau, espèce de vermine », telle est l'opinion exprimé par certains dans sa région et sans aucune retenue désormais, les masques tombent. On dirait que nous vivons dans un pamphlet permanent, comme chez Evelyn Waugh, à travers ses « Bagages enregistrés » par exemple. Mais à présent, vers quelle destination ? Peu importe, c'est qui compte, c'est de partir. Nous voulons tous partir, mais sans quitter le pays.

Mais alors prudence, car la rocade de l'histoire est glissante. Hier dimanche, des témoins oculaires, m'ont raconté que dans le quartier du marché Monastiraki, des individus se présentant comme appartenant à l'Aube dorée ont tiré en l'air pour semer la terreur aux vendeurs ambulants ou occasionnels immigrés qui fréquentent les lieux, donc attention à l'enregistrement des bagages en ce moment. Manos vient de rencontrer par hasard ses anciens élèves dans un bistrot de son quartier. Ils se disent électeurs SYRIZA, sauf un, ce dernier il a voté en faveur de l'Aube dorée. « J'ai voulu faire quelque chose de concret – a-t-il dit. Mais j'en reviens. Les gens m'ont accueilli au sein de ce mouvement, et dès le premier jour, ils ont enregistré mes coordonnées, puis, un type m'a nommé lieutenant. Tout est militaire chez eux. Nous avons regardé un documentaire patriotique sur DVD, j'ai décidé que c'était la dernière fois, ce n'est pas ce que je cherchais. Je suis tout de même inquiet, car ils ont mes coordonnées, ils peuvent me trouver. »

Soirée du mouvement « Unité 2012 » - Athènes 19 mai 2012
Nous agissons aussi, ayant le vent bien en face. Notre mouvement : « Unité 2012 » (www.enotita2012.gr), a organisé sa première soirée repas-débat, dans une taverne du centre historique d'Athènes. Pour une participation de dix euros par personne (c'est désormais la règle du « coût soutenable »), la musique et l'optimisme en plus (et l'électricité pour l'instant). C'est un mouvement anti-mémorandum, créé il y a quelques mois, avant tout, un forum de discussion. Parmi les initiateurs du mouvement, l'écrivain Fondas Ladis et le musicologue Panagiotis Kounadis (spécialiste du genre musical de Rebetiko), présents évidemment, joyeux et fiers. Il y a de quoi pour ses anciens compagnons de route de Mikis Theodorakis, ayant participé aux luttes de cette génération durant les années 60. Ils ont aussi affronté la dictature des colonels, ainsi ils ne se laissent pas impressionner par les intimidations des nouveaux maîtres. Voilà comment l'expérience du fait politique, de surcroit dans un moment rare et pour tout dire opportun, est transmise entre les générations à travers l'action, les idées et les perspectives qui circulent librement. Ceux qui parmi nous, appartiennent en plus à un parti, deviennent ainsi les porteurs de l'osmose et des mutations du temps présent partagé. « Ré-culturer » et « ré-signifier » le présent (et le futur), est une tâche de longue haleine, dépassant, notre opposition à la « région civilisationelle » (cultural area) du Mémorandum et du « Monstre doux », nous savons donc que nous en avons pour trente ans !

 « Unité 2012 » - Fondas Ladis (à gauche) et Panagiotis Kounadis
Toutes nos nouvelles ne sont pourtant pas bonnes, mais au moins, elles sont... authentiquement de saison. Comme celles, concernant Georges M., dont l'attitude arriviste saute désormais aux yeux de tous. Il a voulu devenir candidat sous l'étiquette SYRIZA (en « soutien externe »), aux élections du 6 mai, et il a cru que les cadres de ce Front de gauche à la grecque, lui laisseraient toute la place, eux qui ont lutté au sein des mécanismes internes si bien connus en politique durant des années, et maintenant comme par magie, ils devraient s'éclipser en faveur de monsieur M., donc Georges a été remercié rapidement, preuve que jamais, le nouveau n'émerge vraiment, sans l'ancien.

Et l'euro, appartient-il toujours au nouveau ou déjà même, à l'ancien ? Laurent Fabius s'inquiète d'un vote contre l'euro, souligne Le Monde lundi 21 mai, car : « Les Grecs, s'ils veulent rester dans la zone euro, "ne peuvent pas se prononcer pour des formations qui les feraient sortir de l'euro", aux législatives du 17 juin, a affirmé, lundi 21 mai, le ministre de affaires étrangères, Laurent Fabius, tout en soulignant que la France "n'a pas de leçons à leur donner". "Il faut bien qu'on explique sans arrogance à nos amis grecs que s'ils veulent rester dans l'euro, ce qui est je crois une majorité d'entre eux, ils ne peuvent pas se prononcer pour des formations qui de fait les feraient sortir de l'euro", a déclaré sur Europe 1 le chef de la diplomatie française. "C'est très délicat car nous n'avons pas de leçons à leur donner. Mais en même temps, la France qui n'a pas à donner de leçons doit dire les choses à [ses] amis grecs", a ajouté Laurent Fabius. "Il faut bien que chacun comprenne que l'enjeu c'est que les Grecs restent ou ne restent pas dans l'euro. On ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort. »

La crainte de Laurent Fabius rejoint quelque part celle de nos retraités récents rencontrés au bistrot, (discussion citée plus haut). Nous savons pertinemment que la diplomatie a ses règles, ses conventions et ses convenances habituelles, compréhensibles et légitimées par la géopolitique et les rapports de force depuis Thucydide, sauf qu'en ce moment en Grèce, il s'opère quelque chose d'intéressant, entre la clef du passé, et la serrure du futur. Et cette clef, ne se réduirait-elle pas qu'à l'euro, en tout cas, pas autant que l'on veut nous faire croire. Nous réalisons ainsi aussi, qu'en réalité, l'euro n'est pas tant « notre problème », mais celui des rapports de force qui dépassent la portée économiquement objective du cas grec, sa symbolique mise à part pourtant.

Vente de tripes -Athènes 18 mai 2012
Cette toute dernière doxa, gagne progressivement les esprits chez nous, mais dans une proportion que personne ne pourra estimer avec certitude avant les élections, et encore. Certains Grecs, lient leur sort à celui de l'euro, c'est compréhensible, ces concitoyens iront voter la peur entre les doigts, tandis que bien d'autres, délivrés des craintes inutiles, ou sinon, adeptes... consciencieux du chaos, voteront aussi en conséquence. Advienne que pourra, Alexis Tsipras a le vent en poupe et... l'archipel Égéen derrière lui. Car on sait désormais que même si, SYRIZA n'accède pas au pouvoir en ce moment, le Mémorandum est inapplicable en Grèce, et potentiellement ailleurs en Europe. Si l'Allemagne, si bien régalienne dans ses prérogatives supranationales car « détentrice » de la zone euro, insiste sur le « lien incontournable » entre la monnaie et l'austérité, « alors, nous ne pourrons plus rien garantir, nous disons oui à l'euro, mais pas au point de subir une catastrophe humanitaire, de surcroît dans l'indignité et la déshumanisation », selon ce que l'on entend dire, ici ou là ces derniers jours en Grèce. Surtout que le récent chantage de la Chancelière (referendum sur l'euro) a été vécu comme relevant de l'ultime humiliation, obligeant même les partis du memorandum à réagir vivement ; permettant à Tsipras de passer ainsi à l'offensive par ses nouvelles propositions : vote au Parlement ou peut-être referendum, sur le Mémorandum et seulement sur le Mémorandum.

Voilà que la politique revient par la grande porte dans ce pays et peut être bien en Europe. Loin de Bruxelles et des lobbys, Commissions et autres « déficits structurels démocratiques », en réalité semble-t-il incurables. « Et si nous refusons le Mémorandum par referendum, sans se prononcer sur l'euro, que va-t-il se passer ? Nous avons le droit souverain du questionnement choisi par referendum ou non ? Après tout, les contradictions de l'euro ne sont pas les nôtres, nous ne l'avons pas créé, et ses véritables enjeux n'ont jamais été expliqués aux peuples de l'U.E., faisons adopter la drachme par toute l'Europe », voilà ce qu'on peut entendre désormais chez nous, paroles parfois légères, mélangeant le tragique au comique, la désinvolture à la douleur.

« L'autre » nouvelle, nous a aussi frappé ce matin, car on en parle entre nous sous un ton tristement familier : « un homme, au chômage, a poussé ses deux enfants par la fenêtre avant de se suicider en Italie » (quotidien Kathimerini, 21 mai), en plus du séisme qui vient de frapper notre pays voisin. Nouvelles de la zone euro, avenir en somme consolidé... leçons à donner.

Fluidités - Monastiraki 19 mai 2012

24 commentaires:

fincaparaiso a dit…

bjr,
la dévaluation à laquelle ont été soumis les grecs par les réductions drastiques de dépenses publiques ne peut plus être poursuivie par les troikans: alors ces gens ont trouvé la solution en faisant sortir la Grèce de l'euro, le retour au drachme se chargera de continuer la dévaluation mais cette fois ci par les institutions grecques.ainsi les troikans, libérés, pensent-ils, de ce poids vont pouvoir s'attaquer à un plus gros morceau,l'Espagne qui est en train de sombrer dans des proportions telles que le cas Grec semblera insignifiant.
il ne faut pas se fier aux "nouveaux dirigeants" français,n'oubliez pas les amitiés idéologiques, politiques , économiques et financières qui lient le clan PAPANDREOU et les HOLLANDE, FABIUS, MOSCOVICI .

Jeanne Favret-Saada a dit…

Maintenant qu'il est au pouvoir, Fabius oublie qu'il a voté "non" au referendum sur la Constitution européenne. Comme tous les leaders politiques européens, il identifie un "oui à l'euro" à un "oui au Memorandum". Tout en tordant le bras des citoyens grecs,il leur jure qu'il respecte leur droit des Grecs au suicide économique. La gauche française au pouvoir, n'est-ce que cela : la droite en plus hypocrite ? Amis grecs, continuez d'inventer notre futur à tous.

nadine bompart a dit…

Panagiotis, j'admire votre parfait maniement de la langue française, et votre façon de comprendre et nous faire comprendre la situation en Grèce. Merci pour cela!
Fabius ? Bah, il est comme les autres, il ne veut pas qu'on lui casse son jouet tout neuf... Bien qu'ayant été "noniste", il reste un membre éminent de la sociale-démocratie, bien loin des solutions préconisées par le Front de Gauche en France et Syriza en Grèce.
À vous lire, je me rends compte à quel point la France est loin, très loin même, de pouvoir rêver d'autres voies politiques. Pas assez souffert, apparemment...
Je sais que c'est facile, de chez moi, tranquille, de vous dire cela mais: on compte sur vous!
Que le pays qui a vu naître la Démocratie la restaure aujourd'hui serait une belle leçon pour tous les autres....
Courage!

Nicolas VDR a dit…

Les français de gauche n'ont pas voulu prendre de risques durant ces élections et nombreux sont ceux qui au premier tour ont voté PS alors que leur cœur penchait Front de Gauche.Ils se sont dit qu'il valait mieux assurer le coup plutôt que de voir Sarkozy rempiler. Du coup, le Front de Gauche n'a fait que 11%. Pour paraphraser quelqu'un, ils ont voulu la sécurité au détriment de leur liberté, ils ne méritent ni l'une ni l'autre.
Croire que le PS est de gauche...avec des Moscovici et autres Emmanuel Macron (qui a travaillé chez Rotschild), le CAC 40, la finance, l'oligarchie en général n'ont aucun soucis à se faire.

Nicolas VDR a dit…

Je suis assez d'accord avec ce que vous écrivez mais, pourquoi demander aux autres ce que nous, en France, nous aurions pu et dû faire il y a quelques semaines seulement en faisant passer le Front de Gauche ?
Vous avez sans doute raison (malheureusement) lorsque vous écrivez que les français n'ont peut-être pas assez souffert pour prendre conscience de la gravité de la situation. Ils ont même oublié, pour la grande majorité d'entre-eux, d'où venaient leurs acquis sociaux, qui les avait amenés et à quel prix; ils pensent que c'est normal, comme peut l'être la succession des saisons, comme lorsqu'ils tournent le robinet pour avoir de l'eau...Lorsque les chiens de garde leur expliquent que les caisses sont vides, c'est de la faute à l'autre, l'assisté, le profiteur, l'immigré et le pire, c'est que ça marche. Peu de gens vous diront que le système bancaire, la finance sont pour partie responsable de la situation.

Un partageux a dit…

[...] pas au point de subir une catastrophe humanitaire, de surcroît dans l'indignité et la déshumanisation."

C'est un résumé des tares des politiques appliquées depuis trente années. À ma modeste mesure je me fais le chroniqueur de la France d'en bas ou de tout en bas. En rappelant simplement cela dans chacun de mes portraits.

http://partageux.blogspot.com

Toutatis a dit…

J'ai du mal à saisir comment on peut prétendre lutter contre les banquiers sans s'en prendre à l'euro et l'Europe (au FMI et à l'OMC aussi).
Tant qu'on n'aura que des partis de gauche refusant les vraies mesures de rupture, le CAC 40, la finance, l'oligarchie en général n'ont aucun soucis à se faire.

Corcyre a dit…

Quel est le programme de SYRIZA pour la Grèce ?
Bonjour Panagiotis, pourriez-vous avoir la gentillesse pour nous qui vous suivons depuis la France, de nous faire une synthèse du programme de SYRIZA (les 10 mesures phares, par ex) ? On lit tout et son contraire dans les médias Français (populiste, extrémiste, humaniste) et les verbatims retenues du passage de Tsipras à Paris ne permettent pas de voir concrètement ce que pourrait être la politique d'un gouvernement de gauche en Grèce à partir de fin juin prochain. Merci d'avance, Corcyre

Chonchon a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Chonchon a dit…

Bonjour,

Voici quelques points du programme en francais:
http://europegrece.wordpress.com/2012/05/13/le-programme-du-syriza-pour-2012-economie-immigration-securite/

Toutatis a dit…

J'ai rarement vu un programme aussi irréaliste.

El Sinsé a dit…

En passant :
( Source Acrimed : http://www.acrimed.org/article3829.html )

Crise en Grèce, censure sur Arte (lettre ouverte)

Sous ce titre de notre choix, nous publions, avec l’autorisation de son auteure, une lettre de Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια (Acrimed).


Cré-@ctivement votre
El Sinsé

Anonyme a dit…

Entendu à l'instant sur france24.com : deux possibilités pour les Grecs, sortir de l'Euro et perdre 80% de pouvoir d'achat, y rester et perdre 50% du pouvoir d'achat...

Joyeux!

Bruno

Catherine a dit…

Bonsoir,

Votre dernier paragraphe consacré à l'Italie fait allusion à la tragédie intime d'un homme, une de plus, et au séisme, aux séismes à répétition de ces derniers jours. Mais il n'y a pas que la terre qui tremble en Italie : la classe, la caste fermée des individus prétendant incarner la politique est ébranlée.

Il y a eu des élections locales ce week-end. Elles se caractérisent par un taux d'abstention très élevé dans un pays ou il est traditionnellement bas et par l'émergence frappante de ce que l'on appelle ici le M5S, le Movimento 5 stelle, dont un membre vient de remporter la mairie de Parme. Contre toute attente.

Les journalistes, les journaux se focalisent sur celui que, fossilisés dans leurs modes de penser le monde (ou stipendiés pour orienter l'opinion de leurs lecteurs ?), ils voient comme un leader charismatique, un chef populiste, Beppe Grillo. Ce qui n'est pas tout à fait juste, le Grillo en question faisant surtout office de hérault, de tambour. Ces listes M5S sont en fait des listes de citoyens lambda décidés à réinvestir la chose publique. Non plus se borner à valider une fois tous les cinq ans des programmes élaborés dans des partis irresponsables mais les construire eux-meme ces programmes. Et ça fait une sacrée différence.

Le fait que ces listes, cette démarche, soit en Italie présentée comme de l'antipolitique donne une bonne idée du délabrement profond de la conception de la démocratie en cours dans nos pays occidentaux.

Par ailleurs, la pauvreté imaginative de nos "représentants" politiques fait peine à voir : leurs cerveaux géniaux sont tout juste capables de concevoir deux solutions ? La Grèce, reste dans l'euro et passe sous les fourches caudines des dirigistes européens ou elle en sort et se démerde toute seule. Pas d'autres alternatives.

Pourquoi la Merkel ne demande-t-elle pas un référendum sur la volonté des peuples européens de garder l'Allemagne dans l'euro ? Il pourrait en ressortir que toute l'Europe du Sud ne souhaite pas poursuivre l'aventure en sa sordide compagnie psychorigide...

Catitalia a dit…

Hum, désolée, erreur de manip : mon commentaire, que je ne peux plus effacer, ne s'adressait pas à Bruno mais en prenait simplement la suite.

Anonyme a dit…

http://www.acrimed.org/article3829.html (à lire...)

Bruno

Magne a dit…

Syriza à un programme généreux mais complètement irréaliste en particulier sur l'immigration

Corcyre a dit…

SYRIZA : problème de crédibilité ?
Merci pour ce lien très instructif sur le programme de SYRIZA. Incontestablement, ce programme de gauche radicale est aussi un programme populiste et clairement intenable/infaisable dans l'Europe et l'urgence actuelle.
C'est à mon sens problématique pour le peuple grec car pour entamer une négociation avec les partenaires européens (nécessaire vu l'impact du programme d'austerité et son inefficacité), SYRIZA doit être crédible sinon le gouvernement sorti des urnes après le 17 juin n'aura aucun interlocuteur face à lui.
Donc la question est que veut vraiment SYRIZA ? Il me semble que ce parti n'a pas véritablement fait une analyse réaliste de la situation et des solutions acceptables par toutes les parties prenantes (d'où le qualificatif de populiste). Je crois que SYRIZA malheureusement suit les mêmes traces que le PASOK d'Andréas Papandréou (le père) : des promesses, des promesses... Ce n'est pas de cela dont a besoin la population grecque mais d'une politique qui donne plus de temps pour réformer l'état grec et plus de temps pour restaurer les comptes publics ainsi que investissements dans les secteurs d'avenir (énergie notamment).
Je crains malheureusement que le personnel politique grec n'a pas encore fait sa révolution culturelle. Dommage pour la Grèce et les grecs.

BA a dit…

L’Eurogroupe est la réunion mensuelle (et informelle) des ministres des Finances des États membres de la zone euro, en vue d’y coordonner leur politique économique.

Mercredi 23 mai 2012 :

L'Eurogroupe appelé à étudier un abandon de l'euro en Grèce.

Le comité de préparation de l'Eurogroupe a demandé aux gouvernements de la zone euro de préparer chacun de leur côté un plan d'urgence dans l'éventualité d'un abandon de la monnaie unique par la Grèce, a-t-on appris mercredi de deux responsables européens.

Cette initiative a été approuvée lundi au cours d'une téléconférence du groupe de travail chargé de préparer les réunions mensuelles des ministres des Finances de la zone euro. Les membres du groupe de travail constituent aussi le conseil d'administration du FESF, le Fonds européen de stabilité financière.

Outre la confirmation de deux responsables européens, Reuters a pu consulter une note de travail rédigée par un Etat membre qui détaille notamment le coût potentiel, pour chaque pays de la zone euro, d'une sortie de la Grèce du bloc.

Ce document estime que si un tel scénario devait se produire, un "divorce à l'amiable" devrait être recherché, et qu'un soutien de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) pourrait accompagner Athènes dans sa sortie de la monnaie unique.

"Pour l'heure, rien n'a encore été préparé au niveau de la zone euro, de crainte que cela s'ébruite", a précisé l'un des responsables.

Un deuxième responsable a confirmé l'existence de l'accord conclu lundi.

Les Bourses européennes sont en net repli à mi-séance, alors qu'une sortie grecque de la monnaie unique n'est plus considéré comme un tabou et que les investisseurs redoutent qu'aucune solution concrète pour stimuler la croissance n'émerge du sommet européen informel prévu dans la soirée.

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE84M06820120523

Curieux a dit…

Merci beaucoup pour votre blog, qui apporte un éclairage intéressant sur la situation en Grèce. Néanmoins, n'étant plus de votre bord politique, une chose m'échappe toujours :
Pourquoi les Grecs semblent si peu nombreux à souhaiter la sortie de l'euro et de l'UE? Pourquoi voter pour Syriza et les communistes, alors que l'internationalisme "génétique" de leurs doctrines les condamnent à refuser les mesures qui seules pourront (souveraineté monétaire et nationale, contrôle des frontières, rapatriement des illégaux turcs/albanais/etc.) redonner de l'élan au pays ?

Anonyme a dit…

Et puis aujourd'hui, sur Inter, une interwiew de Alexis Tsipras sur Inter :

Alexis Tsipras, l’homme qui fait peur à l’Europe

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2468

Cré-@ctivement votre
El Sinsé

Anonyme a dit…

Avec toutes mes excuses pour l'oubli de cet autre lien :

L’avenir de l’Europe se joue en Grèce

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230512/l-avenir-de-l-europe-se-joue-en-grece

Cré-@ctivement votre

El Sinsé

Erix a dit…

Vous croyez sincèrement que la relance prônée par Hollande est plus réaliste et plus crédible ?
Moi je dis aux Grecs : "Votez Syriza", que l'Europe sois mise devant ses contradictions et qu'ainsi elle s'attaque au vrai problème : la régulation de la finance internationale, le déséquilibre structurel du capitalisme, rendant les riches de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. C'est la base, l'essence même de ce système de répartition des richesses qui doit être modifiée...

Aster a dit…

D'accord avec vous.

Enregistrer un commentaire