| Salamine 27/05/2012 |
Hier lundi,
nos journalistes étaient en grève. Certes, sur internet les
nouvelles ont circulé, mais au moins, durant une journée, nous
avons connu un vrai répit. Après-tout, dans ce pays nous avons déjà
assez vu et assez appris en si peu de temps. Et la suite c'est pour
très bientôt, selon l'avis partagé par tout le monde ce dernier
temps. Les sondages avouables nous apprennent que SYRIZA et la
Nouvelle Démocratie seraient en train de se disputer âprement la
première place. Pour l'instant, on réalise (lorsqu'on n'a pas perdu
toutes nos facultés de raisonner), qu'il ne s'agit pas de la place
du conducteur, mais de l'autre à ses côtés, considérée aussi
comme « celle du mort ». Jusqu'à prouver le contraire,
le conducteur demeurera un autre, une Troïka, une Chancelière, une
instance bruxelloise, ou étasunienne, qui sait ?
| "Je vote L'Aube dorée" Salamine 27/05/2012 |
Sauf que
désormais, on peut goûter son café à Athènes et en prime
déguster les dernières vérités en date. Comme ce matin, lorsque
le patron d'un petit café dans les faubourgs situés au nord de
l'agglomération, s'est mis à crier devant ses clients : « Oui,
j'ai voté Tsipras et je revoterai Tsipras. Je vois qu'entre vous il
y en a qui redeviennent des électeurs de la Nouvelle Démocratie.
Honte à vous, moutons. Vous espérez sauver vos appartements et peut
être bien votre argent à la banque ou planqué sous vos matelas.
Vous n'aviez certainement pas suffisamment observé Samaras au soir
des élections du 6 mai, avez-vous vu combien il était blanc,
terrorisé en réalité ? Non, il n'était pas simplement
accablé par la défaite politique comme tant d'autres fois à
travers le jeu de l'alternance bien connu, non pauvres gens,
comprenez enfin que pour une fois, et pour une fois seulement nous
étions, et nous le sommes encore, sortis de ce jeu. Samaras est
terrorisé, car il a raconté des balivernes à ses maîtres de
Berlin, de Bruxelles et d'ailleurs, comme quoi, tout serait acquis
par des nouvelles élections, les partis du Mémorandum
poursuivraient alors leur politique, avec une certaine légitimité
en plus. Et voilà qu'il s'est trompé, idiot comme il est, car
Samaras est une vraie poubelle politique, et en plus percée. Ainsi,
il a sans doute été menacé, il faut réparer sa bourde, sinon, il
risquerait sa carrière, on dévoilera son linge sale, voire sa vie
serait en jeu, pourquoi pas ? Si on revote pour lui, c'est alors
que les gens restent définitivement crétins ».
| Salamine 27/05/2012 la colline du Palais de Aias |
| Salamine 27/05/2012 - l'individu au "quad" |
| Salamine 27/05/2012 |
L'hebdomadaire
politique Ta Epikaira
(25/05) ne suggère pas autre chose. Les dirigeants allemands sont
très remontés contre Samaras et ainsi ils prennent la gestion de la
situation ouvertement en main. D'où la tentative de Berlin, que
d'imposer le referendum sur l'euro pour le 17 juin, date où (sauf
« accident »), auront lieu nos élections législatives.
L'intervention allemande a provoqué un tollé en Grèce,
premièrement parce qu'une telle décision reviendrait aux Grecs, et
deuxièmement pour la simple raison que constitutionnellement c'est
impossible, en tout cas pour la date du 17 juin. Même le Président
Papoulias a réagi en rendant publique la démarche d'Angela Merkel,
obligeant ainsi Berlin à faire marche arrière par un démenti
d'ailleurs très embarrassé. Berlin, en réaction, vient de dépêcher
en Crète, son « ministre des Affaires grecques », Herrn
Hans-Joachim
Fuchtel,
pour examiner avec les « responsables
économiques locaux les possibilités de coopération »,
à condition « de
poursuivre la feuille de route du Mémorandum, car ses conditions ne
sont pas modifiables »,
(www.cretalive.gr/new/92532/crete/Epitheorisi_kai...sumboules_apo_ton_Fouchtel_stin_Kriti).
Prochaine
étape de la tournée de Herrn
Proconsul
Fuchtel,
le nord de la Grèce et plus précisément la région de Kavala, dans
une « gérance » ouvertement coloniale, qui plus est, en
intervenant directement au sein de la campagne électorale, la
dernière peut-être ? Comme on peut encore entendre mardi matin
sur Real Fm : « des
rentiers internationaux ici et ailleurs nous insultent, comme cette
espèce d'escroc, Christine Lagarde, femme politique ayant
« arrangé » tant d'amis entrepreneurs au détriment des
contribuables de son pays, tous ces gens veulent nous imposer leurs
choix politiques, et ceux de leurs neveux, les escrocs Grecs qui nous
ont gouverné jusque là. Je considère en plus, que cette dernière
attaque de Christine Lagarde dévoile un certain racisme vis à vis
de nous s'y ajoutant, à la planification connue des banquiers
rapaces de son espèce. Cette courtisane internationale
(sic), eh bien...
qu'elle aille plutôt déblatérer tout cela devant ses petits
copains boursicoteurs, ils la feront gagner encore, spéculant sur
nous, et comme d'habitude aussi, par les très diverses commissions
et autres pots-de-vin. De toute façon, les propos de Lagarde
expliquent en partie le choix de la Grèce dans un rôle-cobaye,
avant la poursuite de l'expérience ailleurs. Mais c'est aussi la
composante nationale (allemande notamment) dans la gestion de notre
cas qui apparait, on prépare ainsi le dépeçage de la Grèce, et de
ce qui en reste de son État en zones économiques exploitables,
selon une géographie légèrement variable, suivant le modèle
adopté, Chine, Malaisie ou Inde. En provoquant une crise
humanitaire sans précédent et des troubles sociaux, ils trouveront
éventuellement prétexte à intervenir directement, ne soyons pas
dupes.
» (Émission de Georges Trangas, mardi matin).
| Salamine 27/05/2012 - chaton orphelin |
Les
agitations aussi, de l'hyper-impérialiste de la méta-démocratie,
Daniel Cohn-Bendit: “Si
on laisse les Grecs se débrouiller seuls, on risque un coup d’
État militaire”
www.lemonde.fr 10/05/2012), ne passent plus inaperçues non plus chez
nous, car nous savons combien il souhaite abolir notre souveraineté
nationale et toute représentativité démocratique restante, au
profit d'un imperium
déjà en gestation en Europe, et tout est fait à travers
l'eurocratie, pour que les peuples y voient autre chose. Nous ici,
nous savons (suffisamment ?) que les derniers sophismes de la dite
« construction européenne » sur le soi-disant
« partenariat entre les peuples et les nations », ne
réussissent plus à dissimuler la réalité du nouveau totalitarisme
eurocrate, destructeur infatigable depuis longtemps, pour ne pas dire
depuis le Traité de Rome, de la meilleure trouvaille des peuples et
nations du continent et dans un sens d'une partie de leurs élites, à
savoir, ce contrat social et économique tributaire d'un certain
équilibre entre le monde du travail et celui du capital.
C'est
tout le sens de la guerre menée contre SYRIZA en ce moment, d'où la
portée mondiale du cas grec. Tout le reste, les « impôts des
Grecs » compris, ne sont que de la poudre aux yeux, en cette
phase du combat en tout cas, car je rappelle que notre vision d'ici,
depuis la mer Égée, mer chaude aussi par sa géopolitique, est en
phase de se transformer, d'une vision de crise suivant le
conditionnement intellectuel et conceptuel des initiateurs du
« projet », à une vision de guerre. Aux dernières
nouvelles même, Alexis Tsipras vient de rencontrer l'État-major des
armées. On sait par ailleurs que certains militaires (dont je suis
incapable d'estimer le nombre), seraient proches de SYRIZA.
Et
au quotidien, les agressions, les meurtres et les suicides se
multiplient. Tantôt un grec mortellement agressé par un afghan à
Patras selon le reportage des médias locaux, provoquant
l'intervention de la police mais aussi celle des membres de Chryssi
Avghi, tantôt une agression qu'un candidat de l'Aube Dorée a subi à
Ioannina, le conduisant à l'hôpital, le vent tournant peut aussi
être très mauvais. Selon
la rumeur racontée et rependue déjà auprès des jeunes des
quartiers populaires, les expropriations forcées des immigrés se
feraient parfois à l'aide de l'Aube Dorée : « leurs
gars arrivent, ils nettoient les lieux et lorsque les appartements
sont restitués vides à leurs propriétaires, ils sentent alors la
peinture toute fraiche. Eh bien, c'est pour effacer les tâches de
sang sur les murs ».
Je ne peux pas confirmer cette terrible rumeur ; mais elle me
semble très « pertinente » quant à la logique qu'elle
véhicule,
et dans la manière de faire accepter par le plus grand nombre. Chez
certains jeunes rencontrés à Salamine par exemple, la perspective
de l'inacceptable n'est pas visible du tout, seul « le sang »
compte. Et pas qu'à travers cette rumeur.
Samedi
après-midi, je me trouvais sur une plage de l'île. Un jeune homme
(que des marxistes qualifieraient sans s'y tromper de
« lumpen-prolétaire ») rodait en quadricycle sur le
chemin non goudronné. Brusquement, il se mit à poursuivre un
Pakistanais, et descendant de son engin, il lui jeta des pierres, le
menaçant même de le tuer. Le Pakistanais a pris la fuite,
disparaissant derrière la benne à déchets, et en direction de la
colline sur la quelle on peut découvrir les vestiges du palais du
légendaire roi de Salamine, Aias. Je me suis précipité, et je
n'étais pas le seul vers les lieux afin de désarmer si on peut
dire, cet individu. Il a alors expliqué que son acte, « évidement
légitime », fut motivé par le comportement « insolant »
de l'étranger : « il a osé me faire la remarque de rouler
moins vite, qui ? Le Pakistanais... ». Les autres...
compatriotes ont jugé l'explication idiote et pourtant acceptable ;
imperméable à toute critique et à toute argumentation raisonnée,
l'agresseur quant à lui, il est monté sur son quadricycle pour
aussitôt repartir dans l'autre sens.
| Salamine 27/05/2012 |
C'est
cet « autre sens » qui nous guette aussi, à Salamine,
l'Aube Dorée a dépassé 12% des suffrages exprimés, (SYRIZA 18%,
la droite anti-mémorandum des « Grecs Indépendants »
16%). Samedi soir, toujours à Salamine, à proximité de la maison
de mes amis dont je fus l'invité, on a découvert deux petits
chatons abandonnés. Leurs miaulements incessants avaient dérangé
tout le voisinage depuis la veille. Des voisins albanais et grecs ont
provoqué une petite réunion publique afin d'estimer... la situation
et ainsi réagir. Fanis, l'albanais travaillant à la taverne du
petit embarcadère, a éclairé tout le monde sur les circonstances
exactes du drame : « C'était
tard dans la nuit de vendredi à samedi, je revenais de la taverne
après le boulot, d'ailleurs nous avons eu peu de clients. J'ai vu
alors un de ces chiens errants déchiqueter une chatte ici-là même,
mais je ne savais pas qu'elle allaitait ses petits. Voilà pourquoi
depuis, on les entend tant miauler, contrairement à ce qu'elle a
pensé Madame Voula, ces chatons ne sont pas nés des portées de ses
chattes à elle, c'est vrai entre nous, madame Voula a sept chats
mais elle perd un peu la boule, compte-tenu de son âge. »
Le comité de quartier improvisé... a désigné deux familles, une
grecque, l'autre albanaise pour s'occuper des chatons, en alternance.
« Il faut qu'ils
survivent »
s'est exclamée Lena. Heureusement que Christine Lagarde ne l'a pas
su à temps pour réagir.
| 27 mai Athènes - réunion ouverte et repas SYRIZA |
Dimanche
soir, lors d'une réunion ouverte des cadres et des sympathisants
SYRIZA dans les quartiers nord d'Athènes les préoccupations étaient
beaucoup plus graves, sauf qu'il était aussi question de survie, la
notre. Costas, le Crétois, a fait venir de la viande de chèvre
depuis son île, la cuisine était communautaire et toujours aussi
excellente, toujours suivant le principe de la participation (dix
euros par personne). Mais à part danser, une certaine appréhension
du futur proche hantait les esprits : « Il
faut faire face à tout et à toute éventualité au cas où, nous
serons portés au pouvoir lundi 18 juin, prévoir si possible au
préalable, les premières réactions des adversaires en Grèce et
ailleurs et surtout, avoir sous les bras un plan « B »
aussi, très utile. Ah oui, il faut aussi couper court aux idioties
du passé. Hier, une femme est venue me voir pour que je lui promette
du boulot pour son fils à la mairie, en cas de victoire. Elle nous
apporterait, prétendait-elle, les voix de toute sa famille. Je lui
ai répondu que dans ce cas, elle peut aller voir ailleurs, et il ne
faut pas hésiter camarades »,
a dit une vieille militante.
| 27 mai Athènes - réunion ouverte et repas SYRIZA |
D'autres,
des cadres du parti ont plutôt expliqué le volet économique du
programme SYRIZA aux militants, et surtout aux sympathisants et
autres citoyens venus en curieux. Un militant, a cru bon proposer son
analyse très personnelle : « Vous
savez ? Les Américains nous soutiennent implicitement, c'est
pour contrarier Merkel dans son hégémonie sur Europe ; mais il
s'agit d'un soutien tactique. Les États-Unis ne veulent pas se voir
perdre le contrôle, même discret, sur un pays maritime entre
l'Europe, l'Asie et l'Afrique comme la Grèce. Je déduis ceci, en
lisant directement la presse italienne, et croyez-moi. J'espère que
les Italiens et les Français comprendront rapidement les enjeux pour
se détacher si possible demain du filet allemand, ah tiens, les
gâteux sont arrivés, allons-y ! ».
C'est vrai que les gâteux de la fin ont connu aussi le succès,
tandis qu'un ami personnel d'Alexis Tsipras a évoqué son dernier
voyage à Berlin et à Paris. Evanthia, une proche de Panagiotis
Lafazanis en a rajouté : « C'était
effrayant, lorsque nous avons été reçus chez les cadres du SPD,
c'était comme une gifle, aucune inflexion, aucun écart de la
politique Merkel, une vraie politique nationale, cela nous a sauté
aux yeux, tristement même je dirais. Par le passé chez SYRIZA, nous
avions sous-estimé la portée du fait national, finalement il existe
aussi et nous devons en tenir compte davantage en construisant nos
alliances avec les peuples et les mouvements des autres pays à
travers l'Europe ».
| Entre Salamine et l'Attique 27/05 |
Sur
Salamine ou à Athènes certains cafés ne se remplissent plus, même
durant le week-end. Nos chats « adespotes »
(littéralement « insoumis », c'est aussi un terme
juridique), comme on désigne ici les animaux errants, se bagarrent
comme toujours, mais sans gravité disons vitale. Chez les humains,
et face aux intimidations de toute sorte, SYRIZA, vient de rendre
public, son programme de gouvernement, en résumé : « La
première mesure prise par SYRIZA, sera l'annulation du Mémorandum,
et plus précisément du Mémorandum II, co-adopté par la Troika et
le gouvernement Papadémos, soutenu par le PASOK et la Nouvelle
Démocratie. À leur place, il présentera au Parlement, un Plan
National de développement économique et social, basé sur la
restructuration de nos productions, la redistribution des revenus,
ainsi que l'assainissent juste de l'État. Il est connu que le
Memorandum I et II et surtout le second, ont été ratifiés par une
loi-express, sans respecter, ni le règlement de l'Assemblée, ni la
Constitution
(…) Parmi
nos premières mesures, l'abolition des lois destructeurs en ce qui
concerne les libertés syndicales et le droit du travail
(…) SYRIZA,
dénoncera les emprunts (les Traités avec la Troïka) afin de
remplacer leurs conditions odieuses par d'autres, qui ne remettront
pas en question, la souveraineté nationale ainsi que la survie
économique de notre pays. Des conditions comme, la priorité
accordée aux remboursement des emprunts ou la mainmise sur les biens
de l'État, accordées aux créanciers par le Memorandum, ne seront
plus acceptées et sans conditions (…)
Le
but d'un gouvernement de gauche en Grèce, sera de réussir, en
établissant les alliances nécessaires, surtout avec les pays de
l'Europe du Sud, dans l'organisation d'un Congrès international et
européen sur les dettes souveraines, afin d'y trouver une solution
commune et viable à un problème aussi européen. La solution doit
être commune, c'est à dire la suppression organisée des dettes
sans recours à quelconque Mémorandum, qui démolissent, comme on
sait, nos sociétés.
| Retraités Salamine 26 mai |
Cet accord global, pourrait prendre la forme
d'un moratoire sur le règlement de la dette, qui serait lié à la
croissance et à l'emploi pour ce qui en resterait, en prenant comme
modèle, les décisions analogues, prises à l'encontre de
l'Allemagne en 1953
(…) La
sortie de la Grèce de la Zone euro est utilisée comme principal
chantage sur le chemin des urnes. Pour nous, une telle éventualité
ne doit pas être un choix de nos partenaires européens, sauf si,
ils ont déjà décidé la destruction de l'euro et l'abolition de la
Zone euro. Les événements politiques en cours, auront alors une
dimension mondiale et seul un gouvernement de gauche, sera capable
d'y faire face car il sera garant de la cohésion social et œuvrera
aussi pour la protection des plus faibles parmi les citoyens
(…) Seulement,
le scenario de l'abolition de la Zone euro, devient probable, dans la
mesure où la politique du Mémorandum se poursuit en Europe.
L'Europe du Mémorandum est de toute façon condamnée à disparaître
(…) En
tout cas, nous ne reculerons pas devant le chantage et nous
n'abandonnerons pas notre programme de refondation
(…) à
défaut de ce programme, la catastrophe de notre pays sera totale et
inéluctable, que ce soit dans la Zone euro ou en dehors de celle-ci.
En conclusion, nous ne proposons pas un chemin facile, mais c'est
ainsi que le pays trouvera une perspective de sortie de la crise,
dans la justice, la démocratie et la dignité ».
« Adespotes »
alors ?
| "Adespotes" en bagarre, Athènes 28 mai 2012 |
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22 commentaires:
Les récriminations contre divers pays ne devraient pas faire oublier un fait : il y a 200 milliards d'euros détenus par des Grecs dans les banques suisses, et probablement beaucoup aussi dans d'autres banques (Luxembourg ?). Le système est ainsi fait que les riches sont devenus indépendants de leur pays d'origine. Cette masse de riches sans nationalité, on appelle ça ensuite "les marchés".
Quand quelque chose va mal, les contribuables des pays qui vont bien sont mis à contribution, et leur réaction hostile est légitime. Ne pas oublier aussi un fait que personne ne prend en considération, et pourtant il est essentiel : la dette de la zone euro envers les pays extérieurs représente seulement environ 17% du PIB total. Et pourtant quasiment tous les pays (et tous les grands) ont une dette qui représente au moins 80% de leur PIB. Cela veut dire qu'il s'agit de "dettes croisées". Tout se passe comme si on avait fait en sorte qu'il devienne impossible d'avoir une discussion (entre quatre yeux comme on dit) entre les créanciers et les débiteurs, les créanciers étant répartis entre tous les autres pays, comme ça c'est facile, on ne peut plus les atteindre.
Bonjour,
Je vous écris des Cyclades et je vous lis régulièrement. J'ai donné votre lien à de nombreux amis en France et en Suisse.
Et ma femme me dit ce soir, et pourquoi n'écrit-il pas en grec ???
C'est que nous aimerions vous faire connaitre dans notre entourage à Athènes et sa banlieue, mais le français, oups !!!
Nous pensons qu'il est important que votre voix soit entendue ici aussi...
En espérant vous lire en grec très bientôt !!!
Et encore merci pour votre travail.
Jacques
Je me faisais la même remarque que ce cafetier. Qu'ont donc les gens dans la tête ? Pourtant si la ND redevient majoritaire ce sera aussi l'occasion d'une véritable introspection sur ce qui ne marche pas, pas seulement en Grèce. Comme dit M. Jorion, nous sommes à un point d'inflexion où tout peut basculer dans un sens ou dans un autre.
Dans tous les cas, je peux vous dire que je suis de tout cœur avec ceux qui veulent changer les choses en Grèce. Si je pouvais apporter ma voix à vos élections je le ferai sans hésiter.
Comme voilà 25 siècles, il échoit à la Grèce de préserver l'Europe des nouveaux barbares. J'ai une totale confiance: comme voilà 25 siècles, la Grèce sortira vainqueur de cette affrontement grâce à SYRIZA, et l'Europe entière, par d'autres chemins que celui du fric, reprendra la route vers son avenir.
Je pense qu'on est quelques-uns à se le dire en Grèce. Surtout qu'avant les élections du 6 mai, les électeurs de ND restaient plutôt silencieux, et là ça se réveil avec l'appui d'une propagande forcenée via toute l'Europe et média confondu. J'entends maintenant par certains, votons ND pour une stabilité, auxquels je réponds par le geste sportif de Samarras, le retournage de veste, qu'il ne faudrait pas oublier si vite....
Je vous invite d'écouter la conférence de Henri Guillemein
sur Robespierre :
1/http://www.youtube.com/watch?v=XiM74n8I2Gc
2/http://www.youtube.com/watch?v=jVNut817OTQ&feature=relmfu
Bien à vous
Jacques
Dans les sondages, à part les intentions de vote, il y a aussi deux questions récurrentes : "Etes vous pour ou contre le Mnimonio ?" et "Etes vous pour ou contre le maintient de la Grèce dans la eurozone ?". Les réponses sont très claires, non au memorandum (65%) , oui a l'euro (85%).
Le problème c'est que cette combinaison n'est pas accepté ni acceptable par l’Europe (en tout cas pas encore). Ce qui signifie que si la Grèce décide de sortir des Memorandum aujourd'hui, les aides de la Troika sont automatiquement coupées et le pays fait banqueroute le 1er juillet.
Au lieu de faire des référendums sur l'euro, il faudrait plutôt faire un référendum en posant la question : "euro avec troika ou drachme sans troika ?" car c'est ça le choix qui nous est proposé aujourd'hui...
Je passerai sur la sinistre directrice générale du FMI, Madame Lagarde, surtout connue en Europe pour ne pas payer d'impôt sur ses revenus faramineux....celle-ci bénéficiant en effet d'un statut fiscal spécifique en qualité de fonctionnaire internationale (! ) On ne prête qu'aux riches...
Du fait que tous ses revenus et traitements ne sont donc pas imposables, il semblerait que Madame Lagarde prenne ses aises pour mieux insulter le peuple grec, quelle pitié ! Ces gens-là sont si vulgaires qu'ils en perdent toute civilité, c'est à pleurer.... Je passe donc sur la dame, sa fortune et la nouvelle aristocratie continentale que les peuples européens devront bien prochainement abattre d'une manière ou d'une autre s'ils veulent encore survivre dignement...
Oui, je voulais simplement décerner la médaille de la veulerie absolue au laquais du jour, un certain « Daniel Cohn-Bendit » dont la perfidie et l'ignominie a dépassé pour quelques heures encore la suprême vulgarité de Madame Lagarde.
Honte à vous M. Con Bendit, démissionnez avec l'ensemble de vos amis du Parlement Européen car vous ne représentez plus que votre cercle minoritaire en Europe, cette « vieille Europe des marchés » qui est en passe de s'effondrer en attendant très prochainement l' Europe des Peuples.
Et souvenez-vous M. Con Bendit, que les coups d'Etat en Grèce ne sont pas une tradition « nationale » comme vous le dites si salement la bouche pleine oubliant soudainement l' horreur et l' histoire de votre propre pays, mais qu'ils furent en Grèce largement fomentés directement par les USA via la CIA.
Honte au clown Daniel Con Bendit ! Sinistre bouffon !
Bonjour et merci pour les commentaires et le débat. Ce matin, un homme de 60 ans s'est pendu sur une place des faubourgs ouest d'Athènes découvert ainsi par les passants. Hier un homme, chômeur depuis peu s'est jeté par la fenêtre, se suicidant devant les yeux de son épouse. La Banque Nationale de Grèce vient de publier un rapport catastrophiste sur le "danger" de la Drachme, intervenant directement au débat politique. Le système joue toutes ses billes et nous, sa mise à mort !
"Ce qui signifie que si la Grèce décide de sortir des Memorandum aujourd'hui, les aides de la Troika sont automatiquement coupées et le pays fait banqueroute le 1er juillet."
Et l'Euro disparaît... Si c'est ce que veux l'Europe, allons-y gaiement... :)
Attention avec les suicides.
"Douze personnes se sont jetées sur les rails au cours du week-end de la Pentecôte."
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/peu-de-conducteurs-de-train-echappent-aux-suicides-sur-les-voies_1119997.html
Ne cédons pas a l'intimidation, rappelons qu'avant les élections présidentielles françaises, le bruit courait que si la gauche venait à passer, les "marchés" l'attaqueraient dès le lendemain matin!
La gauche est passée et les marchés n'ont guère bougé....
Plutôt que de tout perdre en faisant capoter le pays, les prêteurs seront bien contents de récupérer
leur mise, même sans intérêts....
"Il faut toujours voter le plus a gauche possible...quant votes Rouge, tu as Rose et quand tu votes Rose tu as Blanc..."
Les dépôts des organismes de retraite et de fonds de pension ne sont pas garantis par les banques en cas de grave crise financière...nous sommes donc des clients "captifs" tout juste bon à se faire tondre par les banques...
Cher M. Grigoriou, merci pour votre blog, toujours aussi intéressant à lire ! Bon courage et salutations depuis la Suisse !
Pour l'instant, tout le monde prépare les négociations en dramatisant les enjeux et en durcissant ses positions.
Mais, finalemnt, si le choix de sortie du memorandum l'emporte, le FMI sortira peut être de la troïka (question de principe, peut pas se faire entuber comme ça) mais la BCE et l'UE seront prêtes à continuer le financement, même réduit (se faire entuber l'UE, y à pas de blocage de principe).
Je trouve étonnant qu´il n´y ait pas d´appui à un candidat ou un parti pour rejeter purement et simplement cette dette qui est illégale tout comme la politique d´austérité qui en découle et qui, en plus, a été decidée par un gouvernement non élu.-Et que les électeurs soient axés sur des candidats qui appuient, parfois plus, parfois moins mais qui appuient quand même ce jeu troïka truqué .
Aujourd´hui, les gauches extrêmes ou non, ne sont qu´un peu moins à droite et sont représentées par le capitalisme vert qui, de la même manière, n´ont en tête que le profit qu´ils qualifient de "propre" selon les termes de leur propagande.
En écoutant Olivier DelaMarche , analyste économique, répondre à chaque fois plus ironiquement aux questions qu´on lui pose à l´émission ABFS Business,on comprend clairement la manière que les banques utilisent pour provoquer une récession dans les pays qu´elles veulent fragiliser
Il n´y a que l´Allemagne qui pourra en tirer un futur profit avec son industrie orientée vers l´énergie solaire et la production colossale de capteurs photovoltaïques en plein essor et qui pourra exploiter la main d´oeuvre et les espaces immobiliers à prix réduit par une politique d´austérité imposée à ces pays.
Un bon buziness pour eux et leurs partenaires du capitalisme vert.
Vidéo;Prévisions d´Olivier Delamarche "Prévisions pour 2012"
(29 05 2012)
http://www.alterinfo.net/LES-GENS-VONT-COMMENCER-A-S-APERCEVOIR-QU-ON-LES-A-PRIS-POUR-DES-IMBECILES_a77036.html
Bonjour,
"le pays fait banqueroute le 1er juillet.". Mais non, un Pays ne peut faire banqueroute. Quand les médias et autres politiques vous disent cela c'est pour mieux cacher qu'en fait se sont les banques et les autres Etats qui détiennent la dette de la Grèce qui en supporteraient les frais et non les citoyens Grecs. (Lire http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance- )
Bonjour,
Juste une petite remarque terre-à-terre : vous relatez que lors d'un repas-réunion des sympatisants de Syriza la participation était de 10€ par personne. Houlà !!!
Je ne pense pas être le seul à penser que c'est bien cher pour un repas participatif , perso avec 10€ je fais bien mes 4-5 repas .
Comme d'hab ces gens de "gôche" en cravate ne connaissent pas les fins de marchés, les DLC courtes, la débrouille et les patates du quotidien.
Bon courage quand même .
Bernie.
Bonjour, merci pour votre remarque, c'est une façon de soutenir financièrement SYRIZA,pour ceux qui le peuvent évidemment, sans obligation, des citoyens ne pouvant pas apporter les dix euros, ont aussi participé... aux agapes !
D'autres possibilités :
- Une monnaie commune plutôt qu’une monnaie unique
http://www.atlantico.fr/decryptage/euro-crise-krash-eurogroupe-economie-europeenne-142316.html
- Pour continuer d’utiliser l’euro, le gouvernement du Monténégro ne peut pas compter sur sa banque centrale, ni sur une éventuelle aide en provenance des institutions européennes; il doit faire en sorte de maintenir les flux de touristes et de capitaux dans le pays, donc de maintenir des prix et des salaires compétitifs par rapport aux autres destinations touristiques comparables. Moyennant cette discipline, rien ni personne ne peut empêcher ce pays d’utiliser l’euro comme devise nationale.
http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/28/et-si-la-grece-choisissait-l-option-montenegro_821891
en grec et en français, on peut lire depuis la France !
Corinne
Pourriez-vous m'éclairer sur ce paragraphe : "car je rappelle que notre vision d'ici, depuis la mer Égée, mer chaude aussi par sa géopolitique, est en phase de se transformer, d'une vision de crise suivant le conditionnement intellectuel et conceptuel des initiateurs du « projet », à une vision de guerre. Aux dernières nouvelles même, Alexis Tsipras vient de rencontrer l'État-major des armées. On sait par ailleurs que certains militaires (dont je suis incapable d'estimer le nombre), seraient proches de SYRIZA."
Dans l'attente de vous lire, j'ose l'espérer,
solidarité avec le peuple grec
Merci pour toutes les informations que vous nous donner à lire
Je découvre ce matin la lettre de Michel Volkovitch (grand traducteur de littérature grecque moderne) en réaction à un dessin pitoyable paru dans Le Monde. Voici le lien :
http://jesuisgrec.blogspot.fr/2012/05/les-grecs-insultes-hier-par-le-journal.html
Allez, courage, il y a en France une foule d'amis des Grecs qui sont scandalisés par le discours dominant. Puissent les semaines à venir faire que celui-ci soit vaincu !
Merci infiniment pour tous vos articles précieux !
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