mardi 29 mai 2012

« Adespotes »


Salamine 27/05/2012
Hier lundi, nos journalistes étaient en grève. Certes, sur internet les nouvelles ont circulé, mais au moins, durant une journée, nous avons connu un vrai répit. Après-tout, dans ce pays nous avons déjà assez vu et assez appris en si peu de temps. Et la suite c'est pour très bientôt, selon l'avis partagé par tout le monde ce dernier temps. Les sondages avouables nous apprennent que SYRIZA et la Nouvelle Démocratie seraient en train de se disputer âprement la première place. Pour l'instant, on réalise (lorsqu'on n'a pas perdu toutes nos facultés de raisonner), qu'il ne s'agit pas de la place du conducteur, mais de l'autre à ses côtés, considérée aussi comme « celle du mort ». Jusqu'à prouver le contraire, le conducteur demeurera un autre, une Troïka, une Chancelière, une instance bruxelloise, ou étasunienne, qui sait ?


"Je vote L'Aube dorée" Salamine 27/05/2012

Sauf que désormais, on peut goûter son café à Athènes et en prime déguster les dernières vérités en date. Comme ce matin, lorsque le patron d'un petit café dans les faubourgs situés au nord de l'agglomération, s'est mis à crier devant ses clients : « Oui, j'ai voté Tsipras et je revoterai Tsipras. Je vois qu'entre vous il y en a qui redeviennent des électeurs de la Nouvelle Démocratie. Honte à vous, moutons. Vous espérez sauver vos appartements et peut être bien votre argent à la banque ou planqué sous vos matelas. Vous n'aviez certainement pas suffisamment observé Samaras au soir des élections du 6 mai, avez-vous vu combien il était blanc, terrorisé en réalité ? Non, il n'était pas simplement accablé par la défaite politique comme tant d'autres fois à travers le jeu de l'alternance bien connu, non pauvres gens, comprenez enfin que pour une fois, et pour une fois seulement nous étions, et nous le sommes encore, sortis de ce jeu. Samaras est terrorisé, car il a raconté des balivernes à ses maîtres de Berlin, de Bruxelles et d'ailleurs, comme quoi, tout serait acquis par des nouvelles élections, les partis du Mémorandum poursuivraient alors leur politique, avec une certaine légitimité en plus. Et voilà qu'il s'est trompé, idiot comme il est, car Samaras est une vraie poubelle politique, et en plus percée. Ainsi, il a sans doute été menacé, il faut réparer sa bourde, sinon, il risquerait sa carrière, on dévoilera son linge sale, voire sa vie serait en jeu, pourquoi pas ? Si on revote pour lui, c'est alors que les gens restent définitivement crétins ».

Salamine 27/05/2012 la colline du Palais de Aias
Salamine 27/05/2012 - l'individu au "quad"

Salamine 27/05/2012
L'hebdomadaire politique Ta Epikaira (25/05) ne suggère pas autre chose. Les dirigeants allemands sont très remontés contre Samaras et ainsi ils prennent la gestion de la situation ouvertement en main. D'où la tentative de Berlin, que d'imposer le referendum sur l'euro pour le 17 juin, date où (sauf « accident »), auront lieu nos élections législatives. L'intervention allemande a provoqué un tollé en Grèce, premièrement parce qu'une telle décision reviendrait aux Grecs, et deuxièmement pour la simple raison que constitutionnellement c'est impossible, en tout cas pour la date du 17 juin. Même le Président Papoulias a réagi en rendant publique la démarche d'Angela Merkel, obligeant ainsi Berlin à faire marche arrière par un démenti d'ailleurs très embarrassé. Berlin, en réaction, vient de dépêcher en Crète, son « ministre des Affaires grecques », Herrn Hans-Joachim Fuchtel, pour examiner avec les « responsables économiques locaux les possibilités de coopération », à condition « de poursuivre la feuille de route du Mémorandum, car ses conditions ne sont pas modifiables », (www.cretalive.gr/new/92532/crete/Epitheorisi_kai...sumboules_apo_ton_Fouchtel_stin_Kriti).

Prochaine étape de la tournée de Herrn Proconsul Fuchtel, le nord de la Grèce et plus précisément la région de Kavala, dans une « gérance » ouvertement coloniale, qui plus est, en intervenant directement au sein de la campagne électorale, la dernière peut-être ? Comme on peut encore entendre mardi matin sur Real Fm : « des rentiers internationaux ici et ailleurs nous insultent, comme cette espèce d'escroc, Christine Lagarde, femme politique ayant « arrangé » tant d'amis entrepreneurs au détriment des contribuables de son pays, tous ces gens veulent nous imposer leurs choix politiques, et ceux de leurs neveux, les escrocs Grecs qui nous ont gouverné jusque là. Je considère en plus, que cette dernière attaque de Christine Lagarde dévoile un certain racisme vis à vis de nous s'y ajoutant, à la planification connue des banquiers rapaces de son espèce. Cette courtisane internationale (sic), eh bien... qu'elle aille plutôt déblatérer tout cela devant ses petits copains boursicoteurs, ils la feront gagner encore, spéculant sur nous, et comme d'habitude aussi, par les très diverses commissions et autres pots-de-vin. De toute façon, les propos de Lagarde expliquent en partie le choix de la Grèce dans un rôle-cobaye, avant la poursuite de l'expérience ailleurs. Mais c'est aussi la composante nationale (allemande notamment) dans la gestion de notre cas qui apparait, on prépare ainsi le dépeçage de la Grèce, et de ce qui en reste de son État en zones économiques exploitables, selon une géographie légèrement variable, suivant le modèle adopté, Chine, Malaisie ou Inde. En provoquant une crise humanitaire sans précédent et des troubles sociaux, ils trouveront éventuellement prétexte à intervenir directement, ne soyons pas dupes. » (Émission de Georges Trangas, mardi matin).

Salamine 27/05/2012 - chaton orphelin

Les agitations aussi, de l'hyper-impérialiste de la méta-démocratie, Daniel Cohn-Bendit: “Si on laisse les Grecs se débrouiller seuls, on risque un coup d’ État militaire” www.lemonde.fr 10/05/2012), ne passent plus inaperçues non plus chez nous, car nous savons combien il souhaite abolir notre souveraineté nationale et toute représentativité démocratique restante, au profit d'un imperium déjà en gestation en Europe, et tout est fait à travers l'eurocratie, pour que les peuples y voient autre chose. Nous ici, nous savons (suffisamment ?) que les derniers sophismes de la dite « construction européenne » sur le soi-disant « partenariat entre les peuples et les nations », ne réussissent plus à dissimuler la réalité du nouveau totalitarisme eurocrate, destructeur infatigable depuis longtemps, pour ne pas dire depuis le Traité de Rome, de la meilleure trouvaille des peuples et nations du continent et dans un sens d'une partie de leurs élites, à savoir, ce contrat social et économique tributaire d'un certain équilibre entre le monde du travail et celui du capital.

C'est tout le sens de la guerre menée contre SYRIZA en ce moment, d'où la portée mondiale du cas grec. Tout le reste, les « impôts des Grecs » compris, ne sont que de la poudre aux yeux, en cette phase du combat en tout cas, car je rappelle que notre vision d'ici, depuis la mer Égée, mer chaude aussi par sa géopolitique, est en phase de se transformer, d'une vision de crise suivant le conditionnement intellectuel et conceptuel des initiateurs du « projet », à une vision de guerre. Aux dernières nouvelles même, Alexis Tsipras vient de rencontrer l'État-major des armées. On sait par ailleurs que certains militaires (dont je suis incapable d'estimer le nombre), seraient proches de SYRIZA.

Et au quotidien, les agressions, les meurtres et les suicides se multiplient. Tantôt un grec mortellement agressé par un afghan à Patras selon le reportage des médias locaux, provoquant l'intervention de la police mais aussi celle des membres de Chryssi Avghi, tantôt une agression qu'un candidat de l'Aube Dorée a subi à Ioannina, le conduisant à l'hôpital, le vent tournant peut aussi être très mauvais. Selon la rumeur racontée et rependue déjà auprès des jeunes des quartiers populaires, les expropriations forcées des immigrés se feraient parfois à l'aide de l'Aube Dorée : « leurs gars arrivent, ils nettoient les lieux et lorsque les appartements sont restitués vides à leurs propriétaires, ils sentent alors la peinture toute fraiche. Eh bien, c'est pour effacer les tâches de sang sur les murs ». Je ne peux pas confirmer cette terrible rumeur ; mais elle me semble très « pertinente » quant à la logique qu'elle véhicule, et dans la manière de faire accepter par le plus grand nombre. Chez certains jeunes rencontrés à Salamine par exemple, la perspective de l'inacceptable n'est pas visible du tout, seul « le sang » compte. Et pas qu'à travers cette rumeur.

Samedi après-midi, je me trouvais sur une plage de l'île. Un jeune homme (que des marxistes qualifieraient sans s'y tromper de « lumpen-prolétaire ») rodait en quadricycle sur le chemin non goudronné. Brusquement, il se mit à poursuivre un Pakistanais, et descendant de son engin, il lui jeta des pierres, le menaçant même de le tuer. Le Pakistanais a pris la fuite, disparaissant derrière la benne à déchets, et en direction de la colline sur la quelle on peut découvrir les vestiges du palais du légendaire roi de Salamine, Aias. Je me suis précipité, et je n'étais pas le seul vers les lieux afin de désarmer si on peut dire, cet individu. Il a alors expliqué que son acte, « évidement légitime », fut motivé par le comportement « insolant » de l'étranger : « il a osé me faire la remarque de rouler moins vite, qui ? Le Pakistanais... ». Les autres... compatriotes ont jugé l'explication idiote et pourtant acceptable ; imperméable à toute critique et à toute argumentation raisonnée, l'agresseur quant à lui, il est monté sur son quadricycle pour aussitôt repartir dans l'autre sens.

Salamine 27/05/2012
C'est cet « autre sens » qui nous guette aussi, à Salamine, l'Aube Dorée a dépassé 12% des suffrages exprimés, (SYRIZA 18%, la droite anti-mémorandum des « Grecs Indépendants » 16%). Samedi soir, toujours à Salamine, à proximité de la maison de mes amis dont je fus l'invité, on a découvert deux petits chatons abandonnés. Leurs miaulements incessants avaient dérangé tout le voisinage depuis la veille. Des voisins albanais et grecs ont provoqué une petite réunion publique afin d'estimer... la situation et ainsi réagir. Fanis, l'albanais travaillant à la taverne du petit embarcadère, a éclairé tout le monde sur les circonstances exactes du drame : « C'était tard dans la nuit de vendredi à samedi, je revenais de la taverne après le boulot, d'ailleurs nous avons eu peu de clients. J'ai vu alors un de ces chiens errants déchiqueter une chatte ici-là même, mais je ne savais pas qu'elle allaitait ses petits. Voilà pourquoi depuis, on les entend tant miauler, contrairement à ce qu'elle a pensé Madame Voula, ces chatons ne sont pas nés des portées de ses chattes à elle, c'est vrai entre nous, madame Voula a sept chats mais elle perd un peu la boule, compte-tenu de son âge. » Le comité de quartier improvisé... a désigné deux familles, une grecque, l'autre albanaise pour s'occuper des chatons, en alternance. « Il faut qu'ils survivent » s'est exclamée Lena. Heureusement que Christine Lagarde ne l'a pas su à temps pour réagir.

27 mai Athènes - réunion ouverte et repas SYRIZA


Dimanche soir, lors d'une réunion ouverte des cadres et des sympathisants SYRIZA dans les quartiers nord d'Athènes les préoccupations étaient beaucoup plus graves, sauf qu'il était aussi question de survie, la notre. Costas, le Crétois, a fait venir de la viande de chèvre depuis son île, la cuisine était communautaire et toujours aussi excellente, toujours suivant le principe de la participation (dix euros par personne). Mais à part danser, une certaine appréhension du futur proche hantait les esprits : « Il faut faire face à tout et à toute éventualité au cas où, nous serons portés au pouvoir lundi 18 juin, prévoir si possible au préalable, les premières réactions des adversaires en Grèce et ailleurs et surtout, avoir sous les bras un plan « B » aussi, très utile. Ah oui, il faut aussi couper court aux idioties du passé. Hier, une femme est venue me voir pour que je lui promette du boulot pour son fils à la mairie, en cas de victoire. Elle nous apporterait, prétendait-elle, les voix de toute sa famille. Je lui ai répondu que dans ce cas, elle peut aller voir ailleurs, et il ne faut pas hésiter camarades  », a dit une vieille militante.

27 mai Athènes - réunion ouverte et repas SYRIZA
D'autres, des cadres du parti ont plutôt expliqué le volet économique du programme SYRIZA aux militants, et surtout aux sympathisants et autres citoyens venus en curieux. Un militant, a cru bon proposer son analyse très personnelle : « Vous savez ? Les Américains nous soutiennent implicitement, c'est pour contrarier Merkel dans son hégémonie sur Europe ; mais il s'agit d'un soutien tactique. Les États-Unis ne veulent pas se voir perdre le contrôle, même discret, sur un pays maritime entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique comme la Grèce. Je déduis ceci, en lisant directement la presse italienne, et croyez-moi. J'espère que les Italiens et les Français comprendront rapidement les enjeux pour se détacher si possible demain du filet allemand, ah tiens, les gâteux sont arrivés, allons-y ! ». C'est vrai que les gâteux de la fin ont connu aussi le succès, tandis qu'un ami personnel d'Alexis Tsipras a évoqué son dernier voyage à Berlin et à Paris. Evanthia, une proche de Panagiotis Lafazanis en a rajouté : « C'était effrayant, lorsque nous avons été reçus chez les cadres du SPD, c'était comme une gifle, aucune inflexion, aucun écart de la politique Merkel, une vraie politique nationale, cela nous a sauté aux yeux, tristement même je dirais. Par le passé chez SYRIZA, nous avions sous-estimé la portée du fait national, finalement il existe aussi et nous devons en tenir compte davantage en construisant nos alliances avec les peuples et les mouvements des autres pays à travers l'Europe ».

Entre Salamine et l'Attique 27/05


Sur Salamine ou à Athènes certains cafés ne se remplissent plus, même durant le week-end. Nos chats « adespotes » (littéralement « insoumis », c'est aussi un terme juridique), comme on désigne ici les animaux errants, se bagarrent comme toujours, mais sans gravité disons vitale. Chez les humains, et face aux intimidations de toute sorte, SYRIZA, vient de rendre public, son programme de gouvernement, en résumé : « La première mesure prise par SYRIZA, sera l'annulation du Mémorandum, et plus précisément du Mémorandum II, co-adopté par la Troika et le gouvernement Papadémos, soutenu par le PASOK et la Nouvelle Démocratie. À leur place, il présentera au Parlement, un Plan National de développement économique et social, basé sur la restructuration de nos productions, la redistribution des revenus, ainsi que l'assainissent juste de l'État. Il est connu que le Memorandum I et II et surtout le second, ont été ratifiés par une loi-express, sans respecter, ni le règlement de l'Assemblée, ni la Constitution (…) Parmi nos premières mesures, l'abolition des lois destructeurs en ce qui concerne les libertés syndicales et le droit du travail (…) SYRIZA, dénoncera les emprunts (les Traités avec la Troïka) afin de remplacer leurs conditions odieuses par d'autres, qui ne remettront pas en question, la souveraineté nationale ainsi que la survie économique de notre pays. Des conditions comme, la priorité accordée aux remboursement des emprunts ou la mainmise sur les biens de l'État, accordées aux créanciers par le Memorandum, ne seront plus acceptées et sans conditions (…) Le but d'un gouvernement de gauche en Grèce, sera de réussir, en établissant les alliances nécessaires, surtout avec les pays de l'Europe du Sud, dans l'organisation d'un Congrès international et européen sur les dettes souveraines, afin d'y trouver une solution commune et viable à un problème aussi européen. La solution doit être commune, c'est à dire la suppression organisée des dettes sans recours à quelconque Mémorandum, qui démolissent, comme on sait, nos sociétés. 

Retraités Salamine 26 mai
Cet accord global, pourrait prendre la forme d'un moratoire sur le règlement de la dette, qui serait lié à la croissance et à l'emploi pour ce qui en resterait, en prenant comme modèle, les décisions analogues, prises à l'encontre de l'Allemagne en 1953 (…) La sortie de la Grèce de la Zone euro est utilisée comme principal chantage sur le chemin des urnes. Pour nous, une telle éventualité ne doit pas être un choix de nos partenaires européens, sauf si, ils ont déjà décidé la destruction de l'euro et l'abolition de la Zone euro. Les événements politiques en cours, auront alors une dimension mondiale et seul un gouvernement de gauche, sera capable d'y faire face car il sera garant de la cohésion social et œuvrera aussi pour la protection des plus faibles parmi les citoyens (…) Seulement, le scenario de l'abolition de la Zone euro, devient probable, dans la mesure où la politique du Mémorandum se poursuit en Europe. L'Europe du Mémorandum est de toute façon condamnée à disparaître (…) En tout cas, nous ne reculerons pas devant le chantage et nous n'abandonnerons pas notre programme de refondation (…) à défaut de ce programme, la catastrophe de notre pays sera totale et inéluctable, que ce soit dans la Zone euro ou en dehors de celle-ci. En conclusion, nous ne proposons pas un chemin facile, mais c'est ainsi que le pays trouvera une perspective de sortie de la crise, dans la justice, la démocratie et la dignité ».

« Adespotes » alors ?

"Adespotes" en bagarre, Athènes 28 mai 2012

22 commentaires:

Toutatis a dit…

Les récriminations contre divers pays ne devraient pas faire oublier un fait : il y a 200 milliards d'euros détenus par des Grecs dans les banques suisses, et probablement beaucoup aussi dans d'autres banques (Luxembourg ?). Le système est ainsi fait que les riches sont devenus indépendants de leur pays d'origine. Cette masse de riches sans nationalité, on appelle ça ensuite "les marchés".
Quand quelque chose va mal, les contribuables des pays qui vont bien sont mis à contribution, et leur réaction hostile est légitime. Ne pas oublier aussi un fait que personne ne prend en considération, et pourtant il est essentiel : la dette de la zone euro envers les pays extérieurs représente seulement environ 17% du PIB total. Et pourtant quasiment tous les pays (et tous les grands) ont une dette qui représente au moins 80% de leur PIB. Cela veut dire qu'il s'agit de "dettes croisées". Tout se passe comme si on avait fait en sorte qu'il devienne impossible d'avoir une discussion (entre quatre yeux comme on dit) entre les créanciers et les débiteurs, les créanciers étant répartis entre tous les autres pays, comme ça c'est facile, on ne peut plus les atteindre.

Jacoti a dit…

Bonjour,
Je vous écris des Cyclades et je vous lis régulièrement. J'ai donné votre lien à de nombreux amis en France et en Suisse.
Et ma femme me dit ce soir, et pourquoi n'écrit-il pas en grec ???
C'est que nous aimerions vous faire connaitre dans notre entourage à Athènes et sa banlieue, mais le français, oups !!!
Nous pensons qu'il est important que votre voix soit entendue ici aussi...
En espérant vous lire en grec très bientôt !!!
Et encore merci pour votre travail.
Jacques

Tartocassix a dit…

Je me faisais la même remarque que ce cafetier. Qu'ont donc les gens dans la tête ? Pourtant si la ND redevient majoritaire ce sera aussi l'occasion d'une véritable introspection sur ce qui ne marche pas, pas seulement en Grèce. Comme dit M. Jorion, nous sommes à un point d'inflexion où tout peut basculer dans un sens ou dans un autre.
Dans tous les cas, je peux vous dire que je suis de tout cœur avec ceux qui veulent changer les choses en Grèce. Si je pouvais apporter ma voix à vos élections je le ferai sans hésiter.

Garlaban a dit…

Comme voilà 25 siècles, il échoit à la Grèce de préserver l'Europe des nouveaux barbares. J'ai une totale confiance: comme voilà 25 siècles, la Grèce sortira vainqueur de cette affrontement grâce à SYRIZA, et l'Europe entière, par d'autres chemins que celui du fric, reprendra la route vers son avenir.

Jacoti a dit…

Je pense qu'on est quelques-uns à se le dire en Grèce. Surtout qu'avant les élections du 6 mai, les électeurs de ND restaient plutôt silencieux, et là ça se réveil avec l'appui d'une propagande forcenée via toute l'Europe et média confondu. J'entends maintenant par certains, votons ND pour une stabilité, auxquels je réponds par le geste sportif de Samarras, le retournage de veste, qu'il ne faudrait pas oublier si vite....

Je vous invite d'écouter la conférence de Henri Guillemein
sur Robespierre :
1/http://www.youtube.com/watch?v=XiM74n8I2Gc
2/http://www.youtube.com/watch?v=jVNut817OTQ&feature=relmfu

Bien à vous
Jacques

Alexis a dit…

Dans les sondages, à part les intentions de vote, il y a aussi deux questions récurrentes : "Etes vous pour ou contre le Mnimonio ?" et "Etes vous pour ou contre le maintient de la Grèce dans la eurozone ?". Les réponses sont très claires, non au memorandum (65%) , oui a l'euro (85%).

Le problème c'est que cette combinaison n'est pas accepté ni acceptable par l’Europe (en tout cas pas encore). Ce qui signifie que si la Grèce décide de sortir des Memorandum aujourd'hui, les aides de la Troika sont automatiquement coupées et le pays fait banqueroute le 1er juillet.

Au lieu de faire des référendums sur l'euro, il faudrait plutôt faire un référendum en posant la question : "euro avec troika ou drachme sans troika ?" car c'est ça le choix qui nous est proposé aujourd'hui...

Anonyme a dit…

Je passerai sur la sinistre directrice générale du FMI, Madame Lagarde, surtout connue en Europe pour ne pas payer d'impôt sur ses revenus faramineux....celle-ci bénéficiant en effet d'un statut fiscal spécifique en qualité de fonctionnaire internationale (! ) On ne prête qu'aux riches...

Du fait que tous ses revenus et traitements ne sont donc pas imposables, il semblerait que Madame Lagarde prenne ses aises pour mieux insulter le peuple grec, quelle pitié ! Ces gens-là sont si vulgaires qu'ils en perdent toute civilité, c'est à pleurer.... Je passe donc sur la dame, sa fortune et la nouvelle aristocratie continentale que les peuples européens devront bien prochainement abattre d'une manière ou d'une autre s'ils veulent encore survivre dignement...

Oui, je voulais simplement décerner la médaille de la veulerie absolue au laquais du jour, un certain « Daniel Cohn-Bendit » dont la perfidie et l'ignominie a dépassé pour quelques heures encore la suprême vulgarité de Madame Lagarde.

Honte à vous M. Con Bendit, démissionnez avec l'ensemble de vos amis du Parlement Européen car vous ne représentez plus que votre cercle minoritaire en Europe, cette «  vieille Europe des marchés » qui est en passe de s'effondrer en attendant très prochainement l' Europe des Peuples.

Et souvenez-vous M. Con Bendit, que les coups d'Etat en Grèce ne sont pas une tradition « nationale » comme vous le dites si salement la bouche pleine oubliant soudainement l' horreur et l' histoire de votre propre pays, mais qu'ils furent en Grèce largement fomentés directement par les USA via la CIA.

Honte au clown Daniel Con Bendit ! Sinistre bouffon !

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour et merci pour les commentaires et le débat. Ce matin, un homme de 60 ans s'est pendu sur une place des faubourgs ouest d'Athènes découvert ainsi par les passants. Hier un homme, chômeur depuis peu s'est jeté par la fenêtre, se suicidant devant les yeux de son épouse. La Banque Nationale de Grèce vient de publier un rapport catastrophiste sur le "danger" de la Drachme, intervenant directement au débat politique. Le système joue toutes ses billes et nous, sa mise à mort !

Erix a dit…

"Ce qui signifie que si la Grèce décide de sortir des Memorandum aujourd'hui, les aides de la Troika sont automatiquement coupées et le pays fait banqueroute le 1er juillet."

Et l'Euro disparaît... Si c'est ce que veux l'Europe, allons-y gaiement... :)

Toutatis a dit…

Attention avec les suicides.
"Douze personnes se sont jetées sur les rails au cours du week-end de la Pentecôte."
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/peu-de-conducteurs-de-train-echappent-aux-suicides-sur-les-voies_1119997.html

Emmanouil a dit…

Ne cédons pas a l'intimidation, rappelons qu'avant les élections présidentielles françaises, le bruit courait que si la gauche venait à passer, les "marchés" l'attaqueraient dès le lendemain matin!
La gauche est passée et les marchés n'ont guère bougé....
Plutôt que de tout perdre en faisant capoter le pays, les prêteurs seront bien contents de récupérer
leur mise, même sans intérêts....

"Il faut toujours voter le plus a gauche possible...quant votes Rouge, tu as Rose et quand tu votes Rose tu as Blanc..."

Anonyme a dit…

Les dépôts des organismes de retraite et de fonds de pension ne sont pas garantis par les banques en cas de grave crise financière...nous sommes donc des clients "captifs" tout juste bon à se faire tondre par les banques...

Alex a dit…

Cher M. Grigoriou, merci pour votre blog, toujours aussi intéressant à lire ! Bon courage et salutations depuis la Suisse !

Straegix a dit…

Pour l'instant, tout le monde prépare les négociations en dramatisant les enjeux et en durcissant ses positions.

Mais, finalemnt, si le choix de sortie du memorandum l'emporte, le FMI sortira peut être de la troïka (question de principe, peut pas se faire entuber comme ça) mais la BCE et l'UE seront prêtes à continuer le financement, même réduit (se faire entuber l'UE, y à pas de blocage de principe).

Dedi a dit…

Je trouve étonnant qu´il n´y ait pas d´appui à un candidat ou un parti pour rejeter purement et simplement cette dette qui est illégale tout comme la politique d´austérité qui en découle et qui, en plus, a été decidée par un gouvernement non élu.-Et que les électeurs soient axés sur des candidats qui appuient, parfois plus, parfois moins mais qui appuient quand même ce jeu troïka truqué .
Aujourd´hui, les gauches extrêmes ou non, ne sont qu´un peu moins à droite et sont représentées par le capitalisme vert qui, de la même manière, n´ont en tête que le profit qu´ils qualifient de "propre" selon les termes de leur propagande.

En écoutant Olivier DelaMarche , analyste économique, répondre à chaque fois plus ironiquement aux questions qu´on lui pose à l´émission ABFS Business,on comprend clairement la manière que les banques utilisent pour provoquer une récession dans les pays qu´elles veulent fragiliser

Il n´y a que l´Allemagne qui pourra en tirer un futur profit avec son industrie orientée vers l´énergie solaire et la production colossale de capteurs photovoltaïques en plein essor et qui pourra exploiter la main d´oeuvre et les espaces immobiliers à prix réduit par une politique d´austérité imposée à ces pays.
Un bon buziness pour eux et leurs partenaires du capitalisme vert.

Vidéo;Prévisions d´Olivier Delamarche "Prévisions pour 2012"
(29 05 2012)
http://www.alterinfo.net/LES-GENS-VONT-COMMENCER-A-S-APERCEVOIR-QU-ON-LES-A-PRIS-POUR-DES-IMBECILES_a77036.html

Michel a dit…

Bonjour,
"le pays fait banqueroute le 1er juillet.". Mais non, un Pays ne peut faire banqueroute. Quand les médias et autres politiques vous disent cela c'est pour mieux cacher qu'en fait se sont les banques et les autres Etats qui détiennent la dette de la Grèce qui en supporteraient les frais et non les citoyens Grecs. (Lire http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance- )

Anonyme a dit…

Bonjour,

Juste une petite remarque terre-à-terre : vous relatez que lors d'un repas-réunion des sympatisants de Syriza la participation était de 10€ par personne. Houlà !!!

Je ne pense pas être le seul à penser que c'est bien cher pour un repas participatif , perso avec 10€ je fais bien mes 4-5 repas .

Comme d'hab ces gens de "gôche" en cravate ne connaissent pas les fins de marchés, les DLC courtes, la débrouille et les patates du quotidien.

Bon courage quand même .

Bernie.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour, merci pour votre remarque, c'est une façon de soutenir financièrement SYRIZA,pour ceux qui le peuvent évidemment, sans obligation, des citoyens ne pouvant pas apporter les dix euros, ont aussi participé... aux agapes !

olaf a dit…

D'autres possibilités :

- Une monnaie commune plutôt qu’une monnaie unique

http://www.atlantico.fr/decryptage/euro-crise-krash-eurogroupe-economie-europeenne-142316.html


- Pour continuer d’utiliser l’euro, le gouvernement du Monténégro ne peut pas compter sur sa banque centrale, ni sur une éventuelle aide en provenance des institutions européennes; il doit faire en sorte de maintenir les flux de touristes et de capitaux dans le pays, donc de maintenir des prix et des salaires compétitifs par rapport aux autres destinations touristiques comparables. Moyennant cette discipline, rien ni personne ne peut empêcher ce pays d’utiliser l’euro comme devise nationale.

http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/28/et-si-la-grece-choisissait-l-option-montenegro_821891

Anonyme a dit…

en grec et en français, on peut lire depuis la France !
Corinne

Aire Libre a dit…

Pourriez-vous m'éclairer sur ce paragraphe : "car je rappelle que notre vision d'ici, depuis la mer Égée, mer chaude aussi par sa géopolitique, est en phase de se transformer, d'une vision de crise suivant le conditionnement intellectuel et conceptuel des initiateurs du « projet », à une vision de guerre. Aux dernières nouvelles même, Alexis Tsipras vient de rencontrer l'État-major des armées. On sait par ailleurs que certains militaires (dont je suis incapable d'estimer le nombre), seraient proches de SYRIZA."
Dans l'attente de vous lire, j'ose l'espérer,
solidarité avec le peuple grec
Merci pour toutes les informations que vous nous donner à lire

Jean-Baptiste Billé a dit…

Je découvre ce matin la lettre de Michel Volkovitch (grand traducteur de littérature grecque moderne) en réaction à un dessin pitoyable paru dans Le Monde. Voici le lien :
http://jesuisgrec.blogspot.fr/2012/05/les-grecs-insultes-hier-par-le-journal.html
Allez, courage, il y a en France une foule d'amis des Grecs qui sont scandalisés par le discours dominant. Puissent les semaines à venir faire que celui-ci soit vaincu !
Merci infiniment pour tous vos articles précieux !

Enregistrer un commentaire