dimanche 29 avril 2012

Territoires



Le temps politique et celui de la crise se croisent en ce moment. Les rumeurs courent sans cesse sur la place publique, aussi vite que la volatilité des représentations. À une semaine des élections législatives du 6 mai, des sondages officieux circulant sur le web, seraient annonciateurs du “séisme”.



* Photo de couverture: "Une femme âgée au crâne rasé" Près de la rue Phidias. Athènes, le 27 avril 2012

16 commentaires

David a dit…

Les eurocrates, la bancocrates, et leurs valets les politiques ne gèrent pas la crise sur la réalité mais dans leur rêve, dans leur mental, dans leur irréalité mais pas en fonction de la vie, de la mort des autres, des forces de vie...

Ils gèrent la crise de l’intérieur, de là où se situe le problème. Ils sont incapables de sortir de leur réalité, de prendre du recul, de la hauteur pour juger et trancher et décider. Ils sont le problème, ils sont la crise... Ils ne peuvent la voir, car ils l’incarnent et ils fonctionnent de façon organique mais pas avec l’extériorité nécessaire. Ils alimentent la crise tout en voulant la solutionner mais ils ne font que se défendre eux, défendre leurs intérêts, leurs égos, leur moi, leur machine, qu’ils ne veulent pas renier ou remettre en question. Cette machine de mort, c’est eux. Ils l’ont créée durant des dizaines d’années et puis la machine s’enraye. Et ils ne veulent pas en descendre. C’est leur jouet et ils la casseront s’ils le veulent, comme des enfants gâtés....

Toutatis a dit…

Je ne comprends pas pourquoi l'exemple de l'Argentine n'inspire pas plus les pays européens en forte crise. Ce pays aussi avait son "euro", puisque sa monnaie avait une parité fixe avec le dollar. Il s'en est débarassé. Il est vrai que c'est un peu tard pour suivre cet exemple. Ces nombreux exemples de gens qui cherchent à s'expatrier montrent qu'il manque une réelle volonté d'agir. Le contexte (la monnaie, la gestion de l'économie) semble quelque chose qui complètement indépendant de la volonté populaire, donc qu'on n'y peut rien changer. Alors on cherche ailleurs.
Quant aux diverses formations politiques qui vont s'affronter le 6 Mai, y en a t'il ne serait-ce qu'une seule qui présente un plan d'action clair ?
Chez nous les deux candidats nous promettent des choses si la croissance est comme ils la prévoient. Mais tous les économistes sérieux disent qu'il n'y en aura pas. Que feront-ils dans ce cas ? On l'ignore, mais c'est la question principale, inabordée.

Simone Le Baron a dit…

A Toutatis. Je suis Française (Bretonne), auteur en grec spécialisée dans la science politique et traductrice de Georges Contogeorgis, le politologue de l'anti-système par excellente et amie de notre excellent Panagiotis. Je n'ai jamais voté. Je ne reconnais aucun gouvernement. Et la Grèce ne PEUT pas, ce serait une hérésie, prendre exemple sur l'Argentine ou quel que pays que ce soit, car les citoyens grecs qui eux savent ce qu'est la démocratie ont bel et bien l'intention de quitter le système capitaliste pour retrouver le système hellénique et la réelle démocratie. Petit à petit, nous y parvenons. Avec l'économie naturelle ou nécessaire selon Aristote, inventeur de l'économie, la monnaie et non l'argent. Car nous n'avons pas d'économie mais de la chrématistique, c'est-à-dire "faire de l'argent avec de l'argent", l'usure. Il est possible que le système bancaire, la plus grande arnaque de l'histoire de l'humanité, fasse faillite très rapidement. Pour cela, une prise de conscience collective est nécessaire. Car, la chair à canon des banques, c'est nous, ne l'oublions pas !! Sans nous, milliards de citoyens, rien n'est possible.

fincaparaiso a dit…

A Simone le Baron,
votre commentaire me laisse perplexe quant à votre qualification"d'auteur en grec spécialisée dans la science politique", notamment lorsuqe vous affirmez que les citoyens Grecs ont bel et bien l'intention de quoitter le système capitaliste....ETC " ou bien alors vous parlez d'une autre Grèce....dans quelque incunable peut être?

Cara a dit…

Je peux me tromper mais il me semble que l'Argentine s'était prononcée sur un moratoire, à propos de la dette. En revanche, l'Équateur, lui, l'a déclarée "odieuse". Ce serait, il me semble la première des choses à faire et prendre exemple sur l'Islande. Mais pour cela, il est vrai qu'il faudrait que le vote prochain en Grèce change radicalement la donne.
Or, j'ai lu dans le Marianne version papier de cette semaine, que le PASOK et Démocratie Nouvelle reprendraient du "poids de la bête" au détriment du KKE et de SYRIZA. J'espère que les Grecs ne feront pas comme les Français et ne se laisseront pas abuser par les propagandes des deux "gros".
Ici depuis deux ans on a eu droit à tout : du "sauveur DSK" au vote utile pour éviter un nouvel avril 2002. Moralité, il apparaît que 30 % des électeurs qui ont voté Hollande l'ont fait non par conviction (car ils auraient souhaité voter Mélenchon) mais pas peur de Front National. Il sont tombés dans le piège grossier que leur ont tendu les ténors du PS. Et au final, le Front de Gauche qui aurait pu (dû) être à la 3è place (voire même au second tour mais je n'irais pas jusque là), s'est trouvé relégué après l'extrême droite qui a eu, ENCORE, toute la place dans cette mascarade de campagne électorale où tout le monde lui court après. J'espère donc, pour eux, que les Grecs seront plus intelligents que les Français et enverront tout ce monde là au diable ! Je vous souhaite bon courage.
Amicalement

Anonyme a dit…

La journaliste Myret Zaki explique de manière lumineuse l'échange de flux scandaleux entre austérité populaire et bonus bancaire :
http://www.youtube.com/watch?v=6phVnSiZE60&feature=player_embedded

" Ces gens-là (les Grecs) payent de leur austérité la mise en faillite du pays à travers la montée des taux provoquée par les financiers qui ont fait baisser ces obligations pour récolter la différence entre le prix au départ des obligations grecques qui était stable et le prix à l'arrivée qu'ils ont provoqué et qui est très très bas.
C'est cette différence qu'ils ont empoché. Et c'est cette différence-là que payent les fonctionnaires et tous les gens mis à l'austérité en Grèce. " (à 40'30)

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir et merci pour votre contribution au débat. Que dire, sinon que dimanche soir nous aurons peut-être des indications sur le sens du vote. Répondant partiellement et provisoirement à un certain questionnement inévitable, je dirais que l'exemple argentin ne serait pas "adoptable" en Grèce, par défaut de souveraineté si vous permettez ce jeux de mots. Mais est-ce réellement impossible ? Puis, comme en plus sur ce blog, il y a eu débat, parfois assez virulent, autour du Front de Gauche et de ses positions, au lieu d'y répondre directement (laissant le propos directe aux seuls citoyens de France), je peux pourtant rappeler qu'en France les élections 2012 font encore partie de "l'ancien temps", ainsi les forces habituelles ont (difficilement) la réalité de leur duel au bout du compte. Nous allons voir par contre dans quelle mesure deux années de Mémorandum ont influé sur le comportement politiquement vécu. La démocratie et l'économie directes avancent également,tout comme les partis de la gauche mais également... les suicides, "l'Aube dorée" et le cynisme ambiant. Tout est mêlé pour l'instant.

Catitalia a dit…

Bonjour Monsieur Grigoriou,

Il manque la fonction rechercher sur votre blog :)... je ne me souviens plus y avoir lu qui sont les membres du parti SYRIZA, les candidats aux législatives : des politiciens de "profession" ayant déjà exercé des responsabilités publiques ? ou des citoyens "ordinaires" décidés à s'impliquer dans la gestion de leur pays (je pense à quelque chose d'un peu comparable au mouvement de Beppe Grillo en Italie) ?

Son programme est-il traduit quelque part en anglais (j'ai touvé le site en grec mais ma connaissance trop limitée de cette si belle langue ne me permet pas de bien comprendre) ? Parce qu'etre "anti", d'accord, c'est intéressant, mais ils sont "pro"-quoi au juste ? Ils proposent quoi exactement ?

Bon 1° mai !

David a dit…

http://elevons-niveau-nos-democraties.ning.com/video/le-fascistes-en-col-blanc-paul-jorion

Voici un lien plein d'information de la part de Monsieur Pol Jorion
sur le fascisme à col blanc qui nous dirige.
David

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour,alors le parti SYRIZA est une sorte de front de gauche à lui seul. Il comporte douze tendances (composantes) officielles www.syriza.gr/index.php?option=com_weblinks&view=category&id=39&Itemid=174 !!! Alors il y a peut être à manger et à boire comme on dit communément; certaines tendances (majorité) développent l'idée de la transformation de la dite Europe, un peu à la manière de Mélenchon en France, mais il y notamment la tendance dont le député Panagiotis Lafazanis est issu,qui considère que la solution ne se trouvera pas dans les institutions de l'UE mais en dehors. SYRIZA est une formation politique beaucoup plus ouverte au débat, que le KKE par exemple (le parti communiste), néanmoins l'alchimie de ses tendances amènent à des positions de synthèse, moins "évidentes" que celles du KKE. En tout cas, SYRIZA se positionne comme une parti de gauche, le KKE depuis peu, refuse ce qualificatif : "Nous ne sommes pas de gauche mais communistes" a déclaré sa secrétaire générale Aleka Papariga, taxant par la même occasion SYRIZA d'opportuniste. Pour ce qui est de son personnel politique, ce parti n'est pas tout neuf, mais il n'a jamais exercé le pouvoir au niveau national, souvent ses députés sont issus du monde universitaire.

Toutatis a dit…

Il me semble que la Grèce antique est plutot caractérisée par un éparpillement entre des cités rivales, parfois très au-delà de la Grèce actuelle, ayant des idéologies très opposées (on apprenait autrefois à l'école les cas extrème de Sparte et Athènes). C'est pourquoi l'idée d'une tendance politique actuelle se réclamant de ce passé me laisse perplexe (sauf en ce qui concerne la culture).

Catitalia a dit…

Bonjour,

Merci pour la réponse.
Les coalitions hétéroclites ont parfois des difficultés à être efficaces, se perdant en mesquines rivalités internes. Peut-être l'urgence leur donnera-t-elle le sens des responsabilités et de l'intérêt commun.
Quant à l'Europe, pour pouvoir en tirer quelque chose, il faudrait qu'il se crée une dynamique générale dans la majorité des pays qui la constituent. Espoir raisonnable ou vœu pieux ? Je ne sais pas.

Une autre question (j'espère que je n'abuse pas) : assiste-t-on, pour autant que vous puissiez en juger bien sur, à un réinvestissement (ou tout au moins à une amorce de réinvestissement) de la sphère publique, autre que surtout contestataire au travers des manifestations, par les citoyens ? Que cela prenne la forme d'une augmentation des adhésions aux partis pour les partisans d'une démocratie représentative ou la création d’associations civiques, qui ne soient pas uniquement caritatives ou défensives (je pense aux milices auxquelles vous faisiez naguère allusion), mais de réflexion globale, de réappropriation de la res publica, de réimagination de la société…

Toutatis a dit…

Jorion mélange un peu tout comme d'habitude, avec pour finir l'expression "fasciste" qui ne se réfère à rien de comparable au régime mussolinien mais veut dire "vilain pas beau".
En particulier il a tout faux en ce qui concerne les libertariens. Les américains (ce sont surtout eux que je connais) sont opoosés à l'existence des banques centrales, étaient pour qu'on laisse toutes les banques en difficulté faire faillite, et en ce qui concerne la Grèce, pronaient le défaut total sur la dette et la sortie de l'euro.
Pour plus d'infos, voir le programme électoral de Ron Paul (qui demande en plus la fin de toute présence militaire américaine en dehors de Etats-Unis).

Toutatis a dit…

Ces pays d'Amérique du Sud sont décidemment complètement ignorants du fait que nous vivons dans une économie "globalisée". Après l'Argentine qui nationalise le pétrole, c'est la Bolivie qui nationalise l'électricité
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/05/01/la-bolivie-nationalise-le-reseau-electrique-gere-par-une-entreprise-espagnole_1693861_3222.html
En Grèce il parait qu'on fait exactement le contraire, tout va être privatisé.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour, en réalité, il n'y a pas encore grand réinvestissement de la sphère publique hormis certains mouvements qui réinventent la sphère publique ainsi que certaines pratiques de solidarité et de rénovation si on peut dire, du lien citoyen. Attendons encore un peu, mes amorces sont en cours de route je pense...

Nicolas VDR a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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