mercredi 14 mars 2012

Tempêtes et giboulées



C'est la tempête ce mardi en mer Égée, et les ferries restent amarrés. À Rhodes, il faut bien scruter l'horizon, espérant au moins sur l'arrivée du roulier quotidien, et encore, il faut bien avoir de la chance. “Donner une chance à Rhodes” justement, titrait lundi 13 mars, l'hebdomadaire local “Drasis”...



* Photo de couverture: “Donner une chance à Rhodes

9 commentaires

Agan a dit…

L'histoire se répète inlassablement. "Il faut être ignorant pour se flatter de dire une seule parole que personne ici-bas n'ait pu dire avant vous". De Musset

Toutatis a dit…

C'est un drôle d'article que vous donnez là. Une profusion de "milices" d'origines diverses. Il faudrait savoir d'abord si cela répond à une dégradation de la sécurité des biens et des personnes. Cela ne semble pas être le cas puisque vous n'en parlez pas. Il s'agit donc d'autre chose. J'ai l'impression qu'il s'agit d'un changement dans l'idée que se font les gens de l'état. En majorité on le conçoit généralement comme protecteur et défenseur de nos intérèts (quand je dis "nos" ça suppose qu'il existe un "nous"). Dans le cas de la Grèce il semble bien que l'image de l'état n'est pas (n'est plus) ce qu'elle devrait être, puisque de défenseur de l'intérèt général (du peuple grec), il semble être devenu défenseur d'un intérèt général beaucoup plus étendu, un peu vague (incluant les banquiers...). Les gens cherchent donc à recréer un embryon d'état pour les protéger, même si ça reste au niveau symbolique.

Etienne a dit…

J'étais en Grèce en Décembre pour la réalisation d'une série de documentaires radio sur la situation. (http://hivereuropeen.wordpress.com/)

Une jeune femme de 25 ans qui était tout sauf à droite me confiait que la pression du quotidien est telle qu'elle commençait à avoir constamment peur que quelqu'un pète les plombs à côté d'elle, ou qu'on lui saute dessus pour lui arracher son sac de courses.

Peut être que Panagiotis pourrait nous donner son sentiment là dessus?
Cordialement,

étienne

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir et merci pour vos commentaires et vos remarques,

D'abord, le problème de l'insécurité est réel mais il ne suffit pas à lui seul pour disons, laisser créer les "milices", même celles de l'extrême droite. Ce qui a en plus, c'est le contexte politique et pratiquement le changement de régime chez nous. Et surtout la société n'est plus la même, et pas seulement à cause du Mémorandum. Je m'explique : durant des années, l'immense majorité des Grecs se disaient allergiques à toute participation à ce type de structures, ainsi durant la dictature des colonels, le régime n'a jamais réussi à remplir vraiment, les rangs de son organisation de jeunesse. Aujourd'hui les liens potentiels avec l'état sont plus complexes. La "Garde Civile Hellénique" se présente comme une auxiliaire de l'état, donc ce n'est pas d'un embryon "d'état autre à l'échelle des gens", pour les protéger, ou sinon tout en appartenant à l'état, et je ne pense pas que cette structure agira contre l'état actuel car elle est déjà claire sur ce point sur ses liens avec l'état. Les autres structures sont clairement engagées politiquement, et pour ce qui est des "milices" de l'extrême-droite, les partis de la gauche parlementaire (SYRIZA et KKE) se disent visés directement, pensant que ces milices d'extrême-droite, attaqueront directement leurs militants et briseront les manifestations à venir, offrant le prétexte à la mise en place d'une sorte de régime autoritaire encore plus officiel. Voilà pour la thèse de la gauche. Mon sentiment est que rapidement nous saurons davantage, et je le crains tragiquement peut-être, j'espère me tromper. En tout cas, depuis ce matin la presse grecque en parle davantage, et nous attendons le 25 mars déjà avec une certaine appréhension. Le grand souci de la gauche est qu'elle n'a pas su ou pu, constituer un véritable front contre le Mémorandum dès 2010 déjà; mobiliser donc les gens, y compris dans les rues par la participation massive et briser toute peur. Maintenant c'est d'une autre réalité qu'il s'agit... Et quant à la droite, le casse tête est, comment éviter et réduire le renforcement de la gauche, aux élections et dans les rues,car aux dires de tous ici, les attaques de toute sorte contre les partis et les militants de la gauche sont sans précédent, depuis la fin de la dictature des colonels, donc on peut penser que potentiellement tous les moyens "seraient bons", y compris les milices. La droite de ND notamment et le LAOS, ont également des soucis à se faire car le discours au moins, d'une extrême droite alors très virulent (au-delà du LAOS), est positionné contre le Memorandum. C'est aussi pour cette même raison que la gauche a intérêt à mieux bâtir son projet et les alliances en son sein, avant de se voir interdire l'espace public et l'espace tout court, éventuellement et tantôt par les milices, tantôt par l'état, tantôt par les deux. J'ai l'impression que le théâtre politique sort aussi des cadres d'avant, un théâtre des rues alors ? (sans rien enlever ni résoudre du problèmes de l'insécurité par ailleurs).

David a dit…

Votre analyse nous fige. Les choses bougent dans le sens que nous craignons. Les prémices de changement dessinent les contours de choses terribles dont l'histoire est témoin. Et je lis que la troïka demande encore plus d'austérité à la Grèce. C'est vraiment mettre le couteau sur la gorge du peuple... La Grèce laboratoire pour l'Europe, je le pense. On ne joue plus avec le feu, on tente clairement de mettre le feu. Et ce feu couve dans les autres pays d'Europe. Nous sommes attentifs partout ailleurs. Les peuples voient, n'osent ou ne peuvent dire. Je vois des prises de position de plus en plus nombreuses sur ce qu'il se passe chez vous et en Europe. C'est un peu une course contre la montre, entre les forces noires et les forces de lumière, de vérité....
La Grèce a l'origine de la démocratie va-t-elle devoir à nouveau la réinventer?
Que de souffrances générées par les forces noires.....

Agan a dit…

@Panagiotis
Avez-vous une explication au fait que la Grèce, dont l'approvisonnement en pétrole vient pour 30% d'Iran, se soit embarquée dans un embargo qui la prive de pétrole? Est-il vrai que c'est dans votre pays que l'essence est la plus chère en EU? Où est la logique de telles mesures?

J'ai l'impression à la lecture de vos textes, et cela dit sans vouloir vous attaquer personnellement, que vous souffrez du syndrome de Stockholm qui fait que les otages prennent le parti de leurs ravisseurs?

Anonyme a dit…

L’allégement du poids des taxes indirectes constitue l’un des grands enjeux des réformes actuelles, d’autant plus que les revenus des salariés et des retraités (sur qui elles pèsent en tout premier lieu) subissent des coupes dramatiques depuis deux ans. On aurait pu croire que, sous l’effet de la baisse des salaires et du recul attendu de la consommation, les prix reculeraient malgré la hausse des taxes (c’était en tout cas le pari de la troïka). Il n’en a rien été, ce qui démontre la capacité des professions fermées à la concurrence à empêcher toute baisse des prix, ainsi que le caractère fortement oligopolistique du marché grec.

http://www.laviedesidees.fr/La-Grece-dans-l-Union-europeenne.html

Toutatis a dit…

Oui, les prix des denrées mentionnés dans ce blog et dans d'autres sources me paraissent élevés. Par exemple on nous montrait dans un reportage à la télévision ces agriculteurs grecs qui vendaient des pommes de terre directement aux consommateurs. Il y avait des queues immenses pour s'en procurer. D'après le reportage le prix était 30cts le kilo. Si c'est vrai étonnant car on en trouve à ce prix là chez nous dans les hypermarché. J'en ai même acheté récemment 10 kilos à 20cts le kilo.

Anonyme a dit…

http://www.dailymotion.com/video/xo8zl7_christophe-dubois-presente-le-livre-circus-politicus-france-info_news

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