dimanche 11 mars 2012

Signalétiques de saison



Le métronome de la crise n'indique pas le même tempo partout. Dans les îles grecques, et bien au-delà, son signal, pourtant toujours audible, s'atténue quelquefois par l'écho de la mer. À Rhodes, ce signal, trahit pourtant une certaine agitation. C'est la saison du grand rafistolage en direct.



* Photo de couverture: Image de son passé. Rhodes 2012

6 commentaires

Toutatis a dit…

Il me semblent que les Grecs (et la plupart des Européens aussi) sont handicapés par la haine de la gauche pour tout ce qui est "national" (presque un mot grossier en France). Cela empèche toute solution autonome à la crise. En fait la gauche européenne est à moité libérale déjà, y compris l'extrème-gauche. Ce n'est pas du tout le cas en Amérique Latine par exemple, et particulièrement en Argentine.

Cara a dit…

"Il ne faut plus se voiler la face, la gauche a perdu toutes ses batailles depuis deux ans, désormais, il ne faut plus perdre, car bientôt, elle peut ne plus exister, elle sera éventuellement mise hors la loi, et il y a à craindre que les sociétés occidentales de 2012 ne soient pas prêtes pour mener la lutte clandestine, comme en 1940 ».

C'est bien cela qui est inquiétant ! J'imagine que cela fait AUSSI parti du projet néo-libéral. Et c'est si difficile d'ouvrir les yeux aux citoyens de toute part (du moins en France !) Heureusement nous ne baissons pas les bras.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonsoir,

Vous avez raison, seulement, le temps historique, y compris celui des renversements, peut s'avérer long ou sinon, soudain !

Suite à votre demande, voici le lien du journal d'extrême-droite :«La Cible» - www.stoxos.gr

Catitalia a dit…

Bonsoir,

C'est la deuxième fois que je lis sous votre clavier que le rejet du national est un handicap à la gestion de la crise. Encore faudrait-il se mettre d'accord sur le sens à donner à "national"... vous nous expliquez ce que vous entendez par là ?

Sinon, un mot en réponse à un commentaire de Monsieur Grigoriou s'enquérant dans un message récent de l'existence de blogs francophones comparables à greekcrisisnow dans d'autres pays européens...

Je n'ai (malheureusement) pas connaissance de démarches similaires mais résidant durablement en Italie, je m'autorise à apporter quelques éléments, à très grands traits, sur ce pays.

On attend de voir. Un attentisme morose.

Clairement le fait marquant des derniers mois n'a pas tant été l'arrivée de Mario Monti aux commandes que l'éviction, enfin ! de Silvio Berlusconi. Sa fin de règne a été pour le moins pénible. L'activité économique tourne au ralenti depuis 2008, de plus en plus au ralenti, le recours à la cassa integrazione est de plus en plus fréquent et l'on nous inondait des propos galants du Cavaliere sur les portables de nymphettes bien bustées. Lequel Cavaliere a toujours nié la crise au demeurant (quelques semaines avant d'etre remercié, il prétendait que la crise ètait un pur fantasme, citant pour preuve le taux de fréquentation des restaurants. Ceux que lui et sa cour fréquentaient, bien sur.) La principale question, alors, était de savoir si il serait possible de se débarrasser de ce dirigeant atteint d'une manifeste dégénérescence sénile mais maintenu au pouvoir par la somme des intérets individuels de son clan politique, avant que le pays ne finisse irrémédiablement exangue.

Sous la pression des marchés profitant de l'aubaine -les hyènes ont du flair, l'envol du spread a provoqué la substitution de Silvio Berlusconi par Mario Monti. Il ne se teint pas les cheveux et son manteau est nettement moins près du corps. Et à part ça ?

Il nous a immédiatement -phase 1- flanqué une pilule d'austérité bien amère (augmentation des taxes en tout genre -on sourit ici quand on voit les journaux transalpins s'émouvoir du diesel à 1,44€ le litre...) a entrepris une lutte très médiatisée contre l'évasion fiscale (phase 1bis) et a promis de dynamiser ultérieurement, phase 2, l'activité économique,grace notemment aux libéralisations. Les détails de la phase 2 seront dévoilés au plus tard le 23 mars.

Entre temps, on s'émeut de voir des bélatres couler des paquebots (mais pour qui va-t-on nous prendre ?), ou les Anglais pratiquer unilatéralement des attaques éclairs qui durent 2 heures (largement le temps pour les ravisseurs d'abattre leur otage italien), on baisse le chauffage, on augmente la consommation d'oeufs par rapport à celle de viande (jamais autant d'oeufs n'ont été vendus depuis l'immédiat après guerre), les étiquettes "prezzo crisi" (prix crise) se multiplient dans les supermarchés... on réduit le train de vie en somme.

Voilà...

Merci de cette information alternative que vous nous proposez sur la Grèce.

Toutatis a dit…

Mon observation vient d'exemples étrangers (à l'Europe), notamment l'Argentine. Dans le cas de la Grèce, une attitude analogue autait été de prendre son destin en main de manière autonome, sans attendre que les choses évoluent dans le reste de l'Europe. Cela aurait consisté à sortir de l'euro, voire de l'union européenne, et faire un défaut total sur la dette. J'ai été très impressionné par un reportage sur l'Argentine passé sur notre chaine France 5. Ce qui frappe comme différence avec l'Europe, et en particulier la Grèce vue par ce blog et la France, c'est la volonté d'autonomie, source d'actions concrètes, et pas d'inaction attendant quelque chose venant d'on ne sait où. Je vois cette différence d'attitude comme l'absence d'un "nous" dans les pays européens, ou alors c'est un "nous" tellement dilué sur toute l'Europe, voire sur la planète entière, qu'il est inefficace.

On pourrait citer aussi l'Islande, où les politiciens ont été contraints à plusieurs reprises par des referendums. Pourtant là-bas la classe politique et médias confondus ont comme un seul bloc essayé de convaincre le peuple qu'il fallait rentrer dans le rang, sans succès. Le peuple a choisi l'autonomie. Inutile de rappeler l'histoire du référendum évoqué par Papandréou....

Catitalia a dit…

Bonsoir,

Oui...
On peut aussi juger que l'un des drames des habitants de l'Europe actuellement c'est leur incapacité justement à sortir la nation (entendue au sens de projet commun)des frontières étatiques, l'Etat étant devenu un niveau de décision pourvu d'une marge de manoeuvre dérisoire sinon inexistante. Si les financiers ont jusqu'à présent pu effectuer tranquillement leur curée de certains pays de l'UE c'est bien parce les habitants des pays voisins y ont vu (faut dire que la très efficace propagande officielle le leur a bien vendu ainsi) le résultat de dysfonctionnements locaux : les Grecs, les Portugais, les Espagnols, les Irlandais, les Italiens ne sont pas fichus de gérer leurs pays parce qu'ils sont Grecs, Portugais, Espagnols, Irlandais, Italiens. Suffisait de lire la presse et les commentaires des lecteurs il y a quelques mois. Ca évolue, lentement, bien plus lentement en tous cas que les dégats causés par l'avidité des financiers.


Ce qui est étonnant est qu'il ne se mette pas en place des réseaux européens de ... résistance (?). Un travail commun, une coordination entre des associations, des syndicats, des partis politiques responsables et désintéressés (ça existe ça ?) susceptibles de déboucher sur des journées d'actions, de manifestations européennes... non plus "grève générale en Grèce" mais "Grève générale dans l'UE"... ça aurait de la gueule.

Il n'est pas interdit de rever.

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