| « À l'époque c'était le fascisme des Italiens, maintenant c'est le fascisme des banques » - Rhodes 7 mars 2012 |
Lorsque
l'ancien et le nouveau se mélangent violemment, mordant ainsi à
plein croc dans la nuque de la théâtralité humaine, eh bien, c'est
évident, les temps changent, même ici, à l'autre bout de la mer
Égée, sous le signe du printemps.
Je
me trouve sur l'île de Rhodes, bénéficiant de l'hospitalité
offerte par le Centre International des Écrivains et des Traducteurs
qui dépend de la Ville de Rhodes. J'avais terminé ici deux livres,
d'abord une monographie historique comme on dit encore parfois, un
livre-enquête sur les pratiques culturelles des soldats et officiers
de l'armée grecque entre 1916 et 1923, puis, la dernière fois,
durant mai 2011, j'achevais un roman de fiction politique (en grec),
ce dernier, n'ayant pas trouvé d'éditeur, pour le moment en tout
cas.
Quant au livre historique, il résultait d'une recherche
financée par le CNRS grec. Ce contrat annuel arrivant à son terme
en décembre 2010, il n'a pas été renouvelé pour cause de
Mémorandum. Je me souviens d'avoir présenté l'avancement de mon
enquête aux locaux du Centre de Recherche en juillet 2010, par une
chaleur si accablante.
Le
directeur a alors branché un ventilateur en apportant une grande
carafe d'eau et des gobelets, « excusez-nous, c'est la
première fois que nous nous trouvons dans une telle situation,
l'usage de la climatisation nous est désormais interdit, le
financement ne suit plus depuis le Mémorandum ». Fin
2010, l'organisme a tout de même pu honoré notre contrat, sauf sur
un point : « Vous venez de rendre votre
livre-enquête à temps, j'ai aussitôt signé l'ordre de paiement,
n'hésitez pas, téléphonez à partir de la semaine prochaine au
service comptable et tous les jours même, jusqu'à l'édition de
votre chèque. Ensuite venez le récupérer rapidement et
encaissez-le tout de suite. Par contre, je dois vous annoncer avec
regret que votre texte, tout comme les autres textes issus des
enquêtes de cette année, ne sera pas publié par nos éditions...
nous n'éditerons plus me semble-t-il, durant un long moment, les
temps sont durs ». Ainsi, « mes » fantassins
disparus à jamais, doivent sans doute patienter encore un moment,
avant de ressurgir j'espère un jour, des tranchées de l'oubli. Moi
ou d'autres confrères, nous finirons par les aider à enjamber le
parapet de l'histoire plus tard, mais pour l'instant, c'est dans
l'urgence que nous devons tout mettre en œuvre pour enjamber, celui
colossal paraît-il des banksters, espérons au moins, ne pas
inaugurer une nouvelle guerre de Cent Ans !
| Rhodes- boutique en faillite - 7 mars 2012 |
Travaillant
en ce moment sur un nouveau projet éditorial, je constate alors avec
plaisir, que ce Centre International des Écrivains et des
Traducteurs demeure encore... vivant. Les écrivains, les traducteurs
et les artistes qui produisent ici, ne rangent pas forcement, parmi
les plus connus. Ils ne disposent eux d'aucune résidence sur les
îles de chez nous ou d'ailleurs, pour ainsi s'isoler et écrire dans
un cadre si apaisant. Je pense finalement que la seule grande
aventure commune ou sinon parallèle, et en tout cas initiale chez
nos peuples et nations de la vieille Europe, est bien celle-ci. La
C.C.E. (Communauté Culturelle Européenne), potentiellement
institutionnalisée pourquoi pas d'emblée, et durant cinquante ans,
sans rapport aucun avec les rouages économiques des pays restés
alors souverains et autonomes, finançant
finalement de leur propre budget, cette République des lettres. Eh
bien, au bout d'un demi siècle de navigation difficile à travers
notre archipel paneuropéen de la pensée et de l'inventivité, un
projet politique Européen serait alors envisageable, en excluant le
secteur banquier et la finance, de toute implication, et ceci, dès
le Traité initial.
Oui,
sur Rhodes on peut éventuellement encore rêver je crois, ce qu'à
Athènes n'est déjà plus possible car le syllogisme collectif est
trop amputé justement par la souffrance, et dans sa clarté, pour
l'instant en tout cas. Mais à Rhodes, à part le rêve, il y a
également de la colère du peuple. J'ai voulu être là ce 7 mars,
car on commémore à Rhodes et dans toutes les îles du
Dodécannèse,
le rattachement à la Grèce, suite à l'occupation italienne de 1912
à 1945, de surcroît essentiellement fasciste par la séquentialité
de l'histoire italienne, occupation ensuite allemande vers la fin de
la guerre, et après 1945, un bref épisode de gestion britannique a
précédé la nouvelle ère du 7 mars 1948.
Cette
commémoration s'organise alors suivant les symboles les plus
stéréotypés des fêtes nationales grecques, ce qui ne veut pas
dire que ce processus soit dépourvu de sens. Il y a d'abord un
défilé de la jeunesse des écoles, puis un défilé militaire,
devant la tribune des officiels, politiques, militaires et de
l'Église, le peuple se trouvant en face et tout autour, voilà pour
le cadre. Les historiens ont déjà remarqué que les défilés de ce
type, pour ainsi dire « globaux », relèvent d'une
pratique introduite par la dictature du général Ioannis Metaxas
(1936-1941), induisant une certaine militarisation de la société.
Ce qui n'est pas au goût de tout le monde, et c'est vrai, une partie
de la gauche grecque et bien évidemment le mouvement anarchiste du
pays, ont souvent réclamé leur suppression.
| Rhodes - 7 mars 2012 |
Seulement,
depuis la bancocratie nationale et supranationale, voilà que ces
commémorations ont pris un caractère d'indignation et de jacquerie
populaire, spontanément au départ, puis suivant une séquentialité
plus organisée par la suite, surtout après les évènements de la
fête nationale du 28 octobre dernier. Dans la majorité de nos
villes aujourd'hui, les parades et autres festivités nationales se
sont donc transformées en violentes manifestations populaires. Dans
de nombreux cas, les tribunes officielles ont pris l'allure de sièges
éjectables, surtout pour les députes P.S. et les ministres qui
pensaient encore poser dans le cadre nationale. Du jamais vu depuis
l'occupation (de 1940), Karolos Papoulias, notre Président de la
«République» fut conspué par la foule des indignés à
Salonique, il a été évacué d'urgence et le défilé militaire fut
annulé (voir sur ce blog, le billet du 29 octobre 2011).
| Rhodes - 7 mars 2012 |
Donc,
j'ai voulu mesurer à une échèle locale, si lointaine
géographiquement de la place de la Constitution à Athènes, combien
et comment, l'ancien et le nouveau se mélangent alors violemment ou
encore harmonieusement, mordant justement à plein croc dans la nuque
de la théâtralité humaine, en l'occurrence celle de la
commémoration. Puis Rhodes, faisait partie de la Grèce généralement
plus aisée que la moyenne nationale, il faut le souligner.
En
mai 2011 j'avais assisté déjà à une première manifestation du
mouvement des indignés comme on disait alors, la plus grande
manifestation de protestation politique sur l'île depuis bien de
décennies selon les habitants. Les gens étaient très en colère,
et ils ont manifesté à travers la ville, puis tout le monde s'était
rendu devant le bâtiment de la mairie avant la dispersion, sans
incidents. Beaucoup de détermination dans la joie pourtant et
l'espoir, certes vagues. Ensuite, les amis de Rhodes ont refait le
monde et resserré les coudes de la « révolution »...
aux bistrots près de la mer, pourquoi pas ?
| "Appel patriotique du 7 mars 2012" |
Ce
7 mars j'ai vu autre chose. D'abord sur l'arrêt du bus desservant la
ligne entre l'aéroport et la ville de Rhodes, une affichette dans
une pochette, indique qu'ici aussi, on se chauffe au bois, surtout
cet hiver assez rude, « nous
n'avions pas connu un tel froid depuis les années '70 ici »
a expliqué alors un retraité. Puis, certains magasins et boutiques
ont fait faillite, y compris au centre ville, car comme me disait un
habitant, « la crise chez nous a
été ressentie après l'été, pas avant, elle n'a rien à voir avec
le tourisme qui a été bon en 2011, mais ses ressources,
enrichissent désormais une partie seulement de la population, de
plus en plus restreinte, et tout le reste, devient alors comme
ailleurs en Grèce mais en moins dramatique pour l'instant. Je sais à
Salonique, les gens ont déjà faim ».
| Rhodes 7 mars 2012 |
| « Union Européenne Allemande » - Rhodes 7 mars 2012 |
Une
autre affichette collée un peu partout en ville cette fois-ci,
résumait ainsi l'appel du jour : « Appel
patriotique du 7 mars sur la place de la Mairie. Grecs du
Dodécannèse, le 7 mars 2012 nous comptons déjà 65 ans depuis
notre libération. Aujourd'hui notre nation est l'esclave des
banquiers et des politiciens traîtres et corrompus. Nos droits
inscrits dans la Constitution sont violemment bafoués, ainsi le
peuple se voit dépossédé de ses libertés liées au travail, à la
santé et à la prévoyance. Notre peuple si fier est humilié par
une poignée de traîtres et par le chantage. Peuple du Dodécannèse,
rendez-vous le 7 mars sur la place de la Mairie. Révoltez-vous, le
peuple grec ne baissera la tête devant aucun occupant !!! À bas
les banquiers !! Les Allemands dehors de notre pays !!! »
J'ai
remarqué que cet appel n'était pas signé, intéressant! Une
dernière affichette, posée à l'intérieur d'une voiture et
montrant une photo de la chambre des députés, exprimait ceci :
« Vous avez volé mon argent, le
sourire de mes enfants, le rêve et l'espoir de mes petits enfants ».
Et le défilé a démarré avec les écoliers. Devant la mairie, une
grande banderole reprend le texte de la dernière affichette en y
ajoutant : « Vous avez volé
à nous Grecs, notre patrie »,
ainsi qu'une signalétique bien connue de l'U.E. qui fut accompagnée du
texte suivant : « Union Européenne
Allemande ». Cette banderole fut
par contre signée par « l'Union
des Associations Culturelles de Rhodes ».
| Soudainement, les barrières tombent - Rhodes 7 mars 2012 |
Sur
fond d'architecture datant de l'ère mussolinienne, une banderole
bien remarquée par tous explicite le lien à travers l'imaginaire
populaire entre la commémoration, et le présent : « À
l'époque c'était le fascisme des Italiens, maintenant c'est le
fascisme des banques », cette
banderole a été plébiscitée par des applaudissements fréquents.
Devant
l'estrade, des officiels les manifestants se mêlent aux spectateurs.
Ils crient leur indignation, le personnel politique, députés et
élus régionaux sont insultés durant un long moment. Soudainement,
les barrières tombent et la foule se lance contre les officiels,
interrompant ainsi le défilé. La police intervient mais d'abord
sans violence vis à vis des manifestants, juste pour laisser le
temps aux hommes politiques. Évidemment, ces derniers vont
rapidement se diriger vers le bâtiment situé derrière, montant les
escaliers sous les insultes et les bouteilles d'eau lancées par
certains manifestants. Un grand et bref moment expiatoire,
pratiquement préparé car prévisible, presque un rituel. Un élu a
fait un bras d'honneur à l'encontre de la foule, renforçant les
traits de notre dramaturgie du jour. Peu de gens ont exprimé du
mécontentement, tel un homme âgé : « Moi
je suis là pour voir défiler mes petits enfants, vous m'emmerdez
espèce de communistes », mais
aussitôt plusieurs personnes l'on fait taire : « Quels
communistes ? Tu ne vas pas bien, ils veulent nous diviser, ici
nous sommes tous unis contre les voleurs »
et l'homme n'a pas insisté. Mais si effectivement cela relève
désormais du rituel expiatoire, il faut alors inventer autre chose,
car ce n'est pas vraiment par le rituel qu'on arrive d'habitude à la
praxis politiquement efficace, au-delà de toute signification
symboliquement certes forte et tout à fait réelle.
| En face, les officiels - Rhodes 7 mars 2012 |
| Politiques quittant le défilé - Rhodes 7 mars 2012 |
En
tout cas, seuls les militaires, les élus locaux et les dignitaires
de l'Église sont restés à leur place, car les manifestants n'ont
pas montré davantage d'hostilité. Ces derniers, ont même reculé pour
permettre à la fanfare militaire de prendre place. Ensuite, le
défilé s'est poursuivi avec les militaires, très applaudis par
tout le monde il faut dire. Deux ou trois personnes ont alors crié :
« Nous voulons l'armée
maintenant » mais le gros des
manifestants n'a pas repris le slogan. Vers la fin, un manifestant a
ainsi commenté : « C'est un
peu du cinéma tout cela, c'est dans les urnes qu'il faut se montrer
efficace en votant à gauche » mais
personne n'a prêté attention, peut-être, parce qu'au même moment
devant le bâtiment de la mairie, des jeunes se faisaient interpeller par
les policiers, et toute la foule a accouru derrière.
| Rhodes - Interpellations 7 mars 2012 |
« Ils
n'ont rien dit d'insultant, rien fait non plus – a
crié une jeune femme – j'étais
à proximité, j'ai tout vu, les flics les ont arrêtés au faciès,
ces jeunes ont la coiffe des Iroquois, le pouvoir montre ses dents,
salopards... la maman d'un de ces garçons a exigé des flics qu'on
laisse son fils, puis quelqu'un, un policier en civil peut-être, lui
a répondu – Madame nous ouvrirons les îles pour les déportés
politiques comme jadis et nous vous réserverons une bonne place -
n'importe quoi... » ! Une
partie de la foule s'est dirigée vers le poste de la police pour
ainsi faire libérer les manifestants interpellés. Ils ont été
relâchés sauf deux, ils seront déférés devant le parquet
jeudi car selon le communiqué de la police « ils
ont violemment poussé les barrières, un agent a été blessé, ils
ont troublé l'ordre public et en plus, un couteau a été trouvé
sur une personne interpellée ».
| Défilé militaire Rhodes 7 mars 2012 |
La
journée fut ainsi belle et ensoleillée, les terrasses des cafés se
sont vite remplies après le défilé, les chats de Rhodes, tous
originaires de Chypre sont aussi sortis prendre le soleil, et les
cargos au large, imperturbables, poursuivaient leur route.
« À
l'année prochaine mais libres »,
a souhaité un homme à sa compagne, quittant la place de la mairie.
L'année prochaine, elle est loin...
| Rhodes - les cafés 7 mars 2012 |
| Rhodes - 7 mars 2012 |
| Mer de Rhodes - 7 mars 2012 |
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19 commentaires:
Vae Victis!
« À l'année prochaine mais libres »......non, pas l’année prochaine.Ce 25 mars, et partout en Grèce.
Les banksters et leurs collabos grecs nous ont voles nos vie, nous n'avons plus d'avenir, il faut changer tout cela.
Stop aux mensonges des politiciens, des journaux,stop a tous ces corrompus, ils doivent être juges et payer!
Vive la Grèce!
bonjour, je trouve symboliquement assez amusante l'image des comme toujours glorieux politiques qui se refugient dans un batiment mussolinien ...
'Les politiques sont des dindons qui se prennent pour des aigles et font la roue comme des paons'', Gustave Flaubert
Je pense que nous assistons en Europe à un coup d'état financier, pas seulement contre la Grèce mais contre tous les pays d'une Europe morte politiquement. C'est l'ultralibéralisme mondial ou banksters qui prennent le pouvoir en Europe. Le journal Marianne en France titre : "L'Europe finance les banques qui se gavent sur la dette" et l'article est révélateur en substance. Voici le lien : http://www.marianne2.fr/L-Europe-finance-les-banques-qui-se-gavent-sur-la-dette_a216167.html
Les choses bougent ailleurs.
Des économistes sérieux mettent en question la politique européenne et posent les bonnes questions sur l'orientation non démocratique de l'Europe.
Des gens s'enrichissent sur la misère que l'on veut installer en Grèce mais ailleurs. On verra un peu plus claire après les élections en Europe. Pour l'instant ils tentent de gagner du temps.
Ils jouent avec le feu.
Les mensonges cyniques utilisés depuis plusieurs dizaines d'années ne peuvent construire une Europe des peuples.
Nous venons doucement aux bonnes questions.
Mais un tsunami est toujours possible à tout moment.
Ils perdent le contrôle de la machine financière.
Dès que le soleil aura réchauffé un peu les terres après un hiver froid les choses vont se faire.
Il faut que la terre mature pour donner la vie, le blé de la vie. Nous en sommes là.
Les jours qui viennent sont déterminant. Soyons attentifs. Cela peut aller très vite.
Quand on joue avec les allumettes il ne faut qu'une étincelle.
Que cela se fasse surtout dans le respect des vies....
Vous devriez réagir avant qu'il ne soit trop tard. Cet immobilisme est aussi criminel que les banksters qui viennent chercher, dans vos poches, jusqu'à votre dernier centime .
@ agan : Je voulais vous écrire ceci : "Ne le prenez pas mal, mais que faites vous en France pour enrayer ce scenario ?".
Mais je pense que ceci serait plus juste : "que faisons nous en France ? "
Et puis finalement je me suis dis que si vous etes sur ce blog c'est que vous vous sentez un minimum concerné par la situation Grecque, et générale...
Cordialement....
D'une part je suis au Canada, d'autre part je me sens très concerné en effet et j'aimerais que les Grecs et éventuellement les européens se secouent de leur torpeur. Ne croyez pas que j'en ai contre ces pauvres gens qui sont dépossédés de tout. Mais je nous encourage fortement à dire non à tous ces "Blankfein" de Goldman Sachs qui croient que Dieu les a désigné pour nous asservir. Par le: "Vous devriez réagir avant qu'il ne soit trop tard" que j'ai lancé, je voulais signifier à tous que je vois le régime des colonels poindre au loin et que les Grecs n'ont vraiment pas besoin de cela.
C'est quoi les dettes publiques ?
J'ai de plus en plus l'impression que c'était un anesthésiant destiné à faire accepter aux populations un changement de régime économique (la "globalisation"). Une fois la transformation effectuée, il ne reste plus qu'à faire payer la facture aux dites populations.
Pour voir si je dis vrai dans le cas de la Grèce il faudrait voir comment s'est transformée l'économie grecque pendant la constitution de cette dette.
Une autre information que je vous livre.
Un livre : L'invention de la crise, escroquerie sur un futur en perdition, de Lukas Stella, 2012
"La crise n’est pas une fatalité, ni un accident de parcours, c’est une invention construite de toutes pièces, qui permet au capitalisme financier de parfaire sa domination en usurpant tous les pouvoirs. Nous sommes entrés dans l’État d’ur...gence d’une guerre ouverte contre les populations. Ce n’est pas le dysfonctionnement du système qui est ici en cause, mais bien l’économie elle-même dans son fonctionnement, son achèvement inévitable.
Il s’agit maintenant d’appréhender le système sous tous ses aspects et dans toute la complexité de ses interactions, pour mieux comprendre comment la création de richesses a été accaparée par la haute bourgeoisie dans le processus de la mondialisation, accéléré par l’informatisation généralisée, la prolifération des dettes, et par le pillage d’un futur déjà ruiné. L’escroquerie de ce temps décompté se précipite, l’espace se restreint aux marchandages et aux spéculations dévastatrices, c'est alors que notre survie s’amenuise dans les restrictions, la misère et la barbarie.
Le règne de l’exploitation et de sa servitude, des séparations guerrières et des arnaques mafieuses, paraît se réduire aujourd’hui au scénario d’une catastrophe programmée. Quand il n’y a plus d’avenir, on peut alors abandonner les préjugés réducteurs d’un passé révolu. C’est le moment de prendre le pouvoir sur ses propres conditions d’existence au cours de situations incertaines, par des pratiques libertaires en coopérant tous ensemble à l’auto-organisation d’une démocratie générale."
Lukas Stella
Cher Panagiotis,
Merci pour ces nouvelles concrètes, souvent poignantes, toujours intéressantes et que nous attendons quotidiennement avec impatience. Je sens poindre dans les réponses de certains lecteurs, quelques critiques sur l'attentisme des Grecs, sur leur manque de combativité. Mais que faire face à ce tsunami social? Que faisons nous,nous-mêmes, en France, pour préparer ce même scénario qui nous menace? Sortir de l'euro?... Repenser tous les traités de l'UE pour y intégrer des normes sociales? Mettre à bas le système capitaliste mondial?... Pendre tous les bankstères avec les boyaux des politiciens et autres parasites?... Tout ceci est bien aléatoire, bien compliqué. Pour ma part, je n'ai rien trouvé d'autre que de bricoler une vignette que j'ai collée sur la vitre arrière de ma petite auto avec ces quelques mots:
Λόγω αλληλεγγύης, ειμαι Και εγώ Ελληνας !
Par solidarité, je suis grec aussi !
http://jesuisgrec.blogspot.com/
http://greekcrisisnow.blogspot.com/
Peut-être quelques personnes de plus liront-elles ces deux blogs, le vôtre et celui du groupe de Nantes... Peut-être quelques uns trouveront-ils une idée de lutte réaliste, concrète, fédérative. En attendant, encore merci. JF Aupetitgendre, Le Grau du Roi (France)
http://www.fipa.tm.fr/fr/programmes/2012/krisis-23466.htm
Bonjour Mr Grigoriou et à tous
Adepte de ce blog depuis des mois, je constate avec plaisir que de plus en plus de gens réagissent. Cela montre que beaucoup de monde le lisent. Plus nous serons nombreux et plus, chacun de notre côté, nous pourrons informés ceux que nous connaissons (ou pas) de la situation réelle en Grèce. Car, évidemment, en dehors de ce qui se passe à Bruxelles concernant la Grèce aucun média, ou presque, n'évoquent le calvaire du peuple !
Pour répondre à ceux qui ici et là s'étonnent, voire se fâchent, à cause de l'apathie apparente des Grecs, primo, le fait de ne pas tout foutre en l'air ne veut pas dire que le feu ne couve pas sous la braise. Ensuite, facile à dire "mais bon sang que faites-vous ?". Et nous, en France, en Europe (et au Canada)que faisons-nous ? Qu'avons-nous fait jusque là hormis dormir sur nos deux oreilles ? A part s'enfouir la tête dans le sable. Surtout ne rien voir, ne rien écouter, ne rien entendre. Pourtant, les signes étaient là depuis bien longtemps, depuis des décennies. Nous devrions tous être dans les rues par milliers, par millions, chaque jour, pour dénoncer ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne et, même, en Allemagne (les mini jobs à 1 €, les millions de travailleurs qui vivent sous le seuil de pauvreté).
Mais non, on attend sagement les prochaines élections. Et en France que voit-on ? Un F. Hollande à 30 % d'intentions de votes, du vote "utile" alors que le PS s'est abstenu lors du vote du MES tout cela, non pas parce que comme le disent tant tous les ténors du parti, car "ils sont avant tout pour la solidarité entre les pays mais contre l'austérité et-que-le-MES-est-un-BON-outil-mais-pas-comme-ça-mais-bon-fallait-bien-faire-kekchoz ! Alors, qu'il suffit de lire les déclarations diverses et variées sur d'autres sujets encore pour savoir qu'en fait ces socio-démocrates sont POUR le MES, sont POUR la destruction du code du travail et en fait sont POUR l'austérité (bien-sûr du moment qu'elle ne les touchera pas eux-mêmes !).
Alors facile de donner des leçons aux autres, aux Grecs qui ne se bougent pas. Mais il faudrait peut-être nous bouger nous, tous, car réussir quelque part suffirait à changer ce monde pourri !
(PS/ Mr Grigoriou, suite à nos échanges de mails j'ai enfin réussi à accéder aux commentaires !)
Vous avez raison, et même certains (Mélenchon je crois) appellent Hollande Hollandreou.....
On nous casse les pieds avec la lutte entre la droite et la gauche alors que la vraie fracture elle date de 2005 en France. Entre ceux qui ont voté oui et ceux qui ont voté non au référendum sur le traité constitutionnel européen. Je ne sais pas comment ça s'est passé en Grèce, apparemment il y a eu une approbation massive de l'Europe avant la crise. Le déception doit être forte.
Rhodes italienne c'est en effet l'"occupation allemande vers la fin de la guerre", mais aussi, en Juillet 1944, le "Martyre des Juifs de Rhodes", dont les familles rescapées ou survivants des camps comme des Menasché, Franco, Nahmias et autres furent, plus tard en terre africaine, nos voisins, collègues, amis.
Merci pour tous vos commentaires. Je crois aussi comme Lukas Stella que la crise n’est pas une fatalité, mais effectivement une invention construite de toutes pièces, qui permet au capitalisme financier de parfaire sa domination en usurpant tous les pouvoirs. Effectivement, la dette est une arme de destruction massive contre les sociétés, une sorte de bombe à neutrons, tuant les habitants d'un pays ou d'un continent, tout en laissant "l'économie intacte", mais ses concepteurs sont dans la chimère. Le premier acte de cette invention se joue chez nous, et en plus ces derniers jours il y a dans l'air une "préparation" de certains parachutistes réservistes pour la fête nationale du 25 mars. J'y reviendrai dans le prochain billet du blog, tout comme sur la prétendue victoire du PSI de la dette grecque. Je considère que nous avons déjà perdu beaucoup de temps, mais je le répète, hélas, la révolte ne se décrète pas et la solution n'est pas évidente à mettre en œuvre. Ceci-dit je partage vos inquiétudes, c'est vrai que nous sommes dans l'urgence et pas seulement qu'en Grèce, le régime des Banques, le tout dernier méta-capitalisme si on veut, a certainement une longueur d'avance sur nous, mais nous restons optimistes car déterminés, même si la partie risque d'être longue. Je crois beaucoup à la sensibilisation et au réveil des consciences en France et dans les autres grands pays (en démographie déjà) en Europe, mais je crains pourtant un scénario à la grecque après les élections en France, notamment. Si il y a déjà une petite leçon à tirer de la situation chez nous, elle se résume alors ainsi : ne cédez pas, n'acceptez aucune mesure dite d'austérité, car une fois la paupérisation installée, toute la codification des repères des femmes et des hommes dans une société change, et avant d'agir et faire agir les concitoyens, il faut bien adapter aussi sa propre approche du réel. Un dernier mot sur la communauté juive de Rhodes. Il y a ici une "Place des martyres Juifs" et cette terrible histoire n'est pas oubliée, heureusement. La communauté juive de Rhodes avait cette particularité, elle était en partie hellénophone, car elle était très ancienne, disons son établissement et son enracinement furent attestés depuis l'antiquité. Aussi pour cette raison, l'inquiétude était moindre et le piège des Allemands fut terrible. Beaucoup sont morts déjà, durant le "voyage" ...
Bonjour je retranscris (je ne mets pas l'hyperlien car je veux que les gens le lise) un article parue dans 20minutes qui démontre comment fonctionnent les banksters: "Deux journalistes de l'agence Bloomberg, Nick Dunbar et Elisa Martinuzzi, révèlent que le maquillage des comptes du pays en juin 2001 a rapporté 600 millions de dollars à la banque d'affaires américaine...
Alors que la Grèce commence tout juste à respirer au lendemain du succès de la restructuration de sa dette, une enquête publiée mardi par Bloomberg lève le voile sur un épisode crucial du naufrage grec.
Ces révélations ont été rendues possibles par les premiers témoignages publics de deux personnages-clés de la transaction qui a permis à la Grèce dissimuler à ses partenaires européens l'ampleur de son endettement: Christoforos Sardelis, responsable du bureau de gestion de la dette à Athènes entre 1999 et 2004, et Spyros Papanicolaou, son successeur de 2005-2010.
Une endettement qui a presque doublé en quatre ans
Au cœur de l’engrenage: un accord de «swap» conclu avec la banque d’affaires Goldman Sachs en juin 2001. En pratique, l’opération consistait à échanger la dette contractée par la Grèce en dollars et en yens, contre un prêt en euros auprès de Goldman Sachs. Un échange réalisé en utilisant un taux de change «fictif, historique», explique les auteurs de l’enquête.
Cela avait pour effet mécanique de «faire disparaître environ 2% de la dette grecque de ses comptes nationaux», expliquent-ils. Et pour rembourser les 2,8 milliards d’euros empruntés à la banque, la Grèce a conclu un autre contrat de swap.
Un montage de produits dérivés d’une complexité extrême dont les responsables grecs n’étaient pas capables de mesurer les dangers, de leur aveu même. En quatre ans, la dette ainsi contractée par la Grèce auprès de Goldman Sachs allait bondir de 2,8 milliards à 5,1 milliards d'euros.
Mais pour la banque, l’affaire a été plus que juteuse: selon Spyros Papanicolaou, «le jour de la conclusion de l’accord en 2001, le gouvernement devait à la banque environ 600 millions de d’euros de plus que les 28 milliards qu’il avait empruntés».
Contactés par les deux journalistes, Goldman Sachs a refusé de confirmer ce montant. «Les swaps étaient l'une des techniques utilisées par bon nombre de gouvernements européens pour respecter les critères du traité de Maastricht», a répondu Fiona Laffan, porte-parole à Londres".
Un texte sur la Grèce qui date de...........1854 !
http://www.les-crises.fr/la-grece-contemporaine/
Agan
Merci pour la transcription de l'article. Pourriez-vous cependant donner le lien car je le ferai suivre volontiers.
Merci à l'avance
PS: je précise que j'ouvre toujours tous les liens qu'on nous présente ici car ils sont souvent importants pour les infos
Bonjour Cara, voici le l'hyperlien.
http://www.20minutes.fr/economie/895103-goldman-sachs-grand-gagnant-crise-dette-grecque
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