vendredi 16 mars 2012

Air du temps



En ce moment tout est encore dans l'air du temps. Le nouveau cap politique, autre que celui que nous subissons, les stratégies ou les impasses personnelles, la “pendulation passive” du collectif, le court, puis le très court terme, s'entremêlent. À Rhodes par exemple...



* Photo de couverture: A l'École des métiers du tourisme. Rhodes, mars 2012

16 commentaires

Xavier Lainé a dit…

Il en est ainsi chez vous, mais, ici, pourrions-nous nous vanter sans rougir d'être bien différents ? Depuis si longtemps les prétendues "classes moyennes" ont pris l'habitude de manger dans la main de leurs maîtres, qu'il est bien difficile pour elles de se voir prises dans l'oeil du cyclone, après avoir tellement cru pouvoir être sauvés par ces capitaines naufrageurs ! Alors, ceux-là regardent avec méfiance, comme on les y invite, ceux qui ont déjà chu, et prient ceux qu'ils soutiennent encore, de quelque bord qu'ils soient, de ne pas les laisser choir. La parenthèse électorale ne sera peut-être, alors, qu'un entr'acte, en effet, si ceux qui se croient toujours du côté du manche persistent dans leurs bévues. (Commentaire mis en exergue sur le lien avec votre article posté sur Facebook. Merci)

Cara a dit…

Bonne remarque Xavier. Mais j'ajouterai que ces fameuses classes moyennes sont tellement arrogantes que ce n'est pas de la méfiance (dont vous parlez) mais d'un réel mépris dont elles font preuve. Ces classes moyennes (supérieures ou pas d'ailleurs) se sont persuadées qu'elles valent mieux que les autres, que ce soit les classes inférieures en France ou les pays "pauvres" de l'étranger. Tout à mettre dans le même sac. Et j'imagine qu'il en était à peu près de même en Grèce. Avant.
Ce qui est terrible c'est que c'est à cause de cela que nous nous sommes, tous, depuis des années, des décennies, laisser avoir au "sentiment" du brossage dans le sens du poil, sans nous apercevoir qu'on nous flattait pour mieux nous attacher. Et il faut toujours attendre que ce soit de pire en pire pour qu'on réagisse. Je crains donc qu'en France, nous n'ayons aucune perspective de changement tant que nous ne serons pas rendus au même niveau que la Grèce, ce qui ne saurait tarder. Après, seulement après, ces gens là comprendront leur douleur et nous diront tous surpris "on ne savait pas".
Pardonnez cette grossièreté mais ... merde ça fait chier d'avoir raison !

Jacoti a dit…

Interview Robert McLiam Wilson

Auteur de Les Dépossédés, enquête journalistique ( en collaboration avec avec le photographe Donovan Wylie) consacrée aux SDF dans les années 1990 à Londres, Glasgow et Belfast. McLiam Wilson y dresse un bilan affligeant des années de Margaret Thatcher à la tête de la Grande-Bretagne.

http://www.arte.tv/fr/2325706,CmC=2935104.html

gregosgregos a dit…

Bonsoir,
il semble que le fascisme financier ne soit pas nouveau. Déjà en 1910 pouvait-on lire :
" Nous nous élevons facilement contre les prétentions de l’ouvrier, nous trouvons presque équitable de lui marchander le peu de bien-être qu’il convoite, nous le considérons comme la cause de la crise économique que nous traversons. Le prolétaire, voilà l’ennemi, selon tous les ministres et tous les ministères, et conséquence indubitable, selon l’opinion publique.
Eh bien, l’opinion publique et ses laquais font fausse route, l’ennemi est le financier, lui seul est responsable du malaise qui accable notre pays."
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/03/14/199-la-finance-voila-lennemi-12-novembre-1910

Dans un restaurant new-yorkais en février 2010, 5 personnes représentants des fonds de pension dont Georges Soros décident de couler la Grèce avec l'arme des marchés dérivés.
http://vimeo.com/37704340
http://blogs.mediapart.fr/blog/netmamou/030112/un-diner-de-malfrats-pour-mettre-les-europeens-genoux
Ces spéculateurs malfaiteurs devraient être en prison mais non, on les voit donner des conseils dans les medias.

Toutatis a dit…

Deux traductions en français d'articles sur la Grèce
http://www.les-crises.fr/les-tenebres-du-moyen-age/
http://www.les-crises.fr/les-trois-ennemis/

Panagiotis Grigoriou a dit…

Bonjour,

Merci pour toutes vos remarques, suggestions de lecture et d'idées surtout. Je pense aussi comme vous que la "clef sur porte du futur" c'est la "classe moyenne", déjà parce qu'elle est nombreuse, ensuite parce qu'elle est en train de se transformer. Est-ce pourtant une "bonne clef", c'est difficile à prévoir. Pour l'instant comme vous l'écrivez à juste titre "ces classes moyennes (supérieures ou pas d'ailleurs) se sont persuadées qu'elles valent mieux que les autres", mais elles vont rapidement changer d'avis, à la vitesse actuelle du moment historique, et pas seulement en Grèce.

Toutatis a dit…

Ce qui fait que les classes moyennes se tiennent tranquille dans de nombreux pays européens, c'est l'immobilier. Il y a eu des bulles par exemple en France, Espagne, Irlande, qui ont vu les prix doubler (et plus) en une dizaine d'années. Des millions de gens sont endettés et doivent payer une grande partie de leurs revenus sur de très nombreuses années (jusqu'à 50 ans en Espagne...). Non seulement la dette qu'ils ont les tient tranquilles, mais ils avaient jusqu'en 2007 environ le projet de s'enrichir (pour eux les prix allaient continuer à monter).
Le chateau de cartes est tombé par terre en Espagne et en Irlande. Beaucoup de gens n'ont pu honorer leurs dettes et ont été expulsés. D'autres ont parfois une dette supérieure à la valeur actuelle de leur logement, qui s'est effondrée. En France on se dirige vers le même scénario, malgré l'idée qu'ont souvent les Français que leur pays n'est pas comme les autres (saviez-vous que le nuage radio-actif de Tchernobyl a contourné la France ?). Je voudrais souligner qu'en Europe la situation des endettés est bien pire qu'aux Etats-Unis. Là-bas si vous ne pouvez plus payer, on saisit votre maison et vous ne devez plus rien. ça ne se passe pas comme ça en Europe, on peut continuer à trainer la dette de nombreuses années après l'expulsion. Je ne sais pas si en Grèce il y a le même esclavage des dettes dû à l'immobilier.
Un autre aspect de cet "esclavage immobilier" c'est l'avantage accordé aux vieux par rapport aux jeunes. Non seulement les jeunes payent de plus en plus de charges pour payer les retraites des vieux, mais ils doivent leur payer de plus en plus cher de quoi se loger. La situation bouge peu car les vieux votent beaucoup plus que les jeunes, et en majorité dans le même sens. Il y a une guerre de générations qui se prépare aussi à mon avis.

Toto a dit…

je ressens exactement la même chose... On comprend mieux ce qu'ont dû ressentir ceux qui voyaient venir la 2nde guerre mondiale, dans les années 30, face à l'immobilisme général.

David a dit…

http://www.marianne2.fr/gerardfiloche/Un-mensonge-de-plus-de-Sarkozy-la-Grece-n-est-pas-sauvee_a44.html

Voici un article qui vaut la peine d'être lu. Cela met en évidence la désinformation de la presse qui nous chante l'air de "Tout va bien madame la marquise...."
Quel bluff.
Avec toute ma sympathie.

Nicolas VDR a dit…

Le drapeau grec flottait aujourd'hui à La Bastille !

RED a dit…

Je conseille à tous de lire ce bouquin. Je me souviens d' une phrase : comment tolérons nous cela? La réponse pourrait être très bien puisque c' est ailleurs, loin ou que c' est d' un autre qu' il s' agit. Et c' est ainsi qu' on voit les gens faire leurs achats de Noël pendant que sur le même trottoir se trouvent des sans-abris.
Tout est toujours dit et fait pour qu' on se sente différents, mieux (ou moins bien), de l' autre, des autres ou cet autre, pourvu que la solidarité ne soit pas au rendez-vous, pourvu que nous restions divisés et ne voyions pas l' ennemi commun (qui lui a l' art et la manière de se présenter sous des dehors bien comme il faut ou si rassurants).

baratribord a dit…

Bonsoir a tous, vous qui êtes unis dans le même combat contre l'oligarchie financière. Contre ces concussionaires et ces depredateurs et tous les parasites du système qui pour notre plus grand malheur nous gouvernent. Nous devons reprendre le pouvoir. Et en grece plus qu'ailleurs pays de la démocratie tombé en désuétude au mains de goldman sachs. Votre dette est illégitime car à mon sens elle est odieuse. Une dette odieuse est une contractée contre les intérêts du peuple. Et je pense que la grece, 5eme pays importateur d'arme au monde a dû s'endetter massivement contre l'interet du peuple. Je pense que debtocratie doit etre connu, on y explique comment l'equateur a relancé son pays.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26675

Anonyme a dit…

La Grèce me parait être un labo de recherche avancée.
Dans un labo il y a de la casse mais on y trouve des solutions aussi.

Donc comme dans l'antiquité, ce pays est à l'avant poste des évolutions en cours. Il est clair que les autres pays européens ne sont pas dans une situation bien meilleure.

Le point positif de l'UE, c'est paradoxalement que le merdier général fait que bon nombre d'européens sont au chevet du malade grec, car ils savent qu'ils ont eux mêmes la même maladie.

Yiorgos a dit…

http://solidarity-greece.blogspot.com/

Etienne a dit…

C'est un point très intéressant. L'Irlande, d'où je reviens, est probablement le pays où ce domptage des classes moyennes par la dette est le plus dramatique : ce sont les gens qui souffrent le plus sous le poids d'un crédit monstrueux contracté pendant les année folles, qui se plaignent le moins.

Ils sont tellement rongés par la culpabilité d'avoir signé leur endettement de leur main qu'ils n'osent pas protester contre quoi que ce soit.

Voici un article tout frais sur la question :
http://hivereuropeen.wordpress.com/more-2/textes/retour-irlande/

Etienne, pour le Chroniques d'un hiver européen

Catitalia a dit…

Bonsoir,

..."au chevet du malade grec"...

C'est bien connu, d'ailleurs régulièrement ces braves médecins, responsables et généreux qui se penchent sur la Grèce, la "sauvent"...

L'usage de cette terminologie médicale, largement employée par les médias officiels depuis des mois, relève de la propagande.

La Grèce n'est pas "malade". Ceux qui s'occupent de son cas ne la "soignent" pas.

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