mardi 14 février 2012

Athènes - CS 199



Retour sur Athènes. Retrouvailles sous le signe de la grande fatigue partagée. Les badauds se précipitent devant les débris encore fumants lundi après-midi. La catastrophe dans toute sa pédagogie. Certains incendies ne sont pas encore complètement éteints douze heures après. Impressionnant, choquant et surtout triste.

19 commentaires

Toutatis a dit…

Cette division de la classe politique en deux camps que vous décrivez me fait penser à celle qu'on a observé en 2005 en France lors du référendum sur la constitution européenne. Peut-être le clivage important lors de notre prochaine présidentielle est-il entre les partisans du oui et ceux du non de 2005, et pas entre les soit-disant droite et gauche. Les deux favoris sont clairement dans le camp du oui, et la presse (en particulier télévisée) fait tout pour limiter le débat entre ces deux là.
.
D'autre part il semble qu'en Grèce la presse est plus diverse qu'en France, puisque vous faites état d'éditorialistes anti-memorandum. Alors qu'en France ils étaient quasi-unanimement pour le oui. Il est vrai qu'ici la presse est controlée par des banques, des multinationales ou l'état.

jean a dit…

ils veulent l'esclavage des peuples. Plutôt la mort que l'esclavage. Pourquoi pas une grève de la faim de tous ceux qui n'ont plus rien à perdre. Les télévisions du monde entier ne pourraent pas passer sous silence un mouvement de masse non violent.

Christian a dit…

Encore une fois merci !
Votre effort de donner un compte-rendu et un décryptage des événements est vraiment précieux. On sent un léger changement de ton dans les médias français par rapport à la souffrance du peuple grec, mais évidemment RIEN sur ces groupes cagoulés, cette 'EURO-police', cette guerre chimique...
Courage. Notre force est la multiplicité et la diversité des actions, et l'intelligence.

Arnaud Ferrat a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Arnaud Ferrat a dit…

Diviser, dissocier, isoler la colère des "cagoulés" et celle des gentils citoyens, relayer les rumeurs ailleurs démenties et les jérémiades des syndicats policiers… pas sûr que ça fasse bien avancer une situation certainement très compliquée, mais qui mérite mieux que les éternelles théories conspiratives, d'autant plus que les vidéos et les photos des manifestations grecquees témoignent d'une réalité différente de celle que vous décrivez.

Et si l'on veut vraiment parler des cagoulés, alors qu'on est anthropologue, je pense qu'il faut se donner la peine de faire un tour à Exarchia, à la fac de droit occupée, ou encore rencontrer les supporters de l'Olympiakos ou du Panathinaïkos, pour commencer de tenter de comprendre quelque chose à la situation.

Toutatis a dit…

A tout hasard je voudrais signaler cet article

http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/HALIMI/20760

si vous ne le connaissez pas déjà. S'il est dans le vrai ce qui se joue en Grèce est important pour l'Europe toute entière, car les "bancocrates" ne s'arrèteront pas là.

TETR a dit…

Je me joins au commentaire d'Arnaud qui présente une critique très pertinente sur le traitement fait aux "cagoulés" dans cet article. En effet, l'histoire démocratique grecque depuis la fin du régime des colonels et l'importance du tissu anarchiste en Grèce (bien plus profond qu'un usage au sens figuré de ce concept) et les tensions avec les partis traditionnels que cela engage, mériterait un meilleur traitement de cet aspect qu'une simple ode à la non violence qui ne fait que servir les intérêts des classes dirigeantes (cf. livre de Peter Gerlderloos). Faire référence à la police ou à certains membres d'une gauche institutionnelle ne permet pas de comprendre ce que représente ces insurrections urbaines. (PS. J'espère que ces commentaires ne seront pas supprimer...)

lejournaldepersonne a dit…

Je m'appelle Hélène...

http://www.lejournaldepersonne.com/2012/02/je-mapelle-helene/

Je m’appelle Hélène…Je suis grecque… la Grèce… quelle étrange tendresse ?
Ma ville natale ne s’écrit plus en lettres capitales
ATHÈNES mère, marraine !
J’ai décidé sous l’œil de cette caméra
De mettre fin à mes jours
De m’arroser d’essence et de m’immoler par le feu
Parce que je n’ai pas envie de te céder
Pour une poignée d’euros
Ni de concéder une goutte d’hydrogène et deux gouttes d’oxygène pour combler un trou que l’Europe a creusé pour nous abuser toutes les deux.
Athènes, mère, marraine !
Je n’ai pas envie que tu meures
Je n’ai pas envie qu’on t’assiste
Pour respirer, manger ou bouger
Je n’ai pas envie de te confier à un tiers
Ni te mettre entre les mains de quelques pervers europhiles… des financiers déguisés en justiciers pour te sous-traiter comme une vulgaire marchandise avant de te retirer tes organes vitaux et te vider de ton sang et jeter tes mémoires dans les poubelles de l’histoire…
Pour eux, ta vie ne vaut pas un euro
Et un euro qu’est-ce que ça vaut ?

Panagiotis Grigoriou a dit…

Merci pour vos commentaires, non il ne seront pas supprimés; je tiens compte de tous les points de vue; les insurrections urbaines et le tissu du mouvement anarchiste existe évidement et sa tradition en Grèce comme ailleurs ne date pas que d'hier. Les réalités sont davantage entremêlées parfois, y compris chez les supporteurs des équipes de football. En tout cas, le résultat voulu et/ou exploité, j'en ai parlé aujourd'hui avec pas mal de gens qu'y étaient à la manifestation du Dimanche, était d'annuler la dynamique d'un mouvement très déterminé et très massif. Encore merci pour le débat.

georges a dit…

Merci pour vos articles. Auriez vous de plus amples informations concernant l'EUROGENDFOR? j'ai touve ca: http://www.wikistrike.com/article-l-eurogendfor-la-force-speciale-europeenne-aurait-debarque-en-grece-fin-2011-99373056.html et http://lesmoutonsenrages.fr/2012/02/15/eurogendfor-la-force-de-gendarmerie-europeenne-sapprete-a-intervenir-en-grece/

Nosotros a dit…

Bonsoir,

C'est étonnant comme dans vos articles vous opposez toujours casseurs, qui en provocant et détruisant (des symboles du capitalisme) ne feraient que le jeu du Pouvoir et les gentils manifestants pacifistes.

Etes vous bien sûr que Dimanche dernier ces deux catégories de la foule ne se sont jointes à aucun moment ?
Sont elles toujours si distinctes que ça ?

J'ai lu sur des blogs qu'à certains moments la foule a encouragé en masse les "bataillons" anarchistes qui partaient à l'assaut.
Vous relatez vous même dans votre dernier article que les provocations sont bien venues des policiers en 1er.

La violence des casseurs, comme vous le répétez dans vos articles, ferait le jeu de la répression et de la Réaction...
Pourtant un de vos amis lui même témoigne que dimanche la police s'en prenait plus aux manifestants qu'aux casseurs, avant même qu'elle ne soit vraiment attaquée...

C'est bien clair : les casseurs ne sont qu'un prétexte pour réprimer et de toute façon dimanche il y a eu violence et emploi d'armes chimiques contre la foule pacifique ...

Tout ça devient contradicoire à l'extrême.

Les anarchistes agissent en Grèce jettent à la face du monde cette réalité brute qu' il n'y a déjà plus de démocratie (même représentative), seul comptera le rapport de force et l'équilibre de la terreur.

Question subsidiaire : à quoi peuvent peuvent servir une succession sans fin de manifestations pacifistes face à un gouvernement qui n'en tient aucun compte et qui de toute façon votera les plans de rigueurs et se pliera aux désidératas de l'oligarchie capitaliste européenne ?

Bien à vous,

Jacoti a dit…

Je pense à la mort de Lambrakis !!!
Le livre Z, de Vassili Vassilikos, puis le film de Costa-Gavras qui fit connaître à l'étranger ce qui s'était passé.
Bien à vous !!!

hypothèse a dit…

C'est là où je ne comprends pas !
Il suffirait que nous fassions tous un pas de côté, tous les européens et les 99% en acceptant de rendre le monde libre et gratuit. Et toutes leur mafia, leur argent, leur violence, leur certitude, leur calcul, leur bénéfice, leur légitimité, TOUT tombe à l'eau

Sophie K. a dit…

Soyons clairs : la casse, d'où qu'elle provienne, sert toujours le pouvoir en place. Elle permet la contre-attaque violente déculpabilisée, suggérant que la foule entière, quoique pacifique, est complice des casseurs. Par leurs actions, les casseurs justifient l'usage des gaz et autres armes contre tout un chacun.

En outre, quoi qu'on en dise, le fait de défoncer des vitrines ou de brûler des banques ou des cinémas ne sert strictement à rien, sinon à se défouler, et à conforter les dirigeants dans l'idée que le peuple est trop con pour avoir son mot à dire sur les sujets importants.

Il ne faut pas confondre les barricades de résistance et les combats justement menés pour la liberté avec le pillage en bande.

Nosotros a dit…

" la casse, d'où qu'elle provienne, sert toujours le pouvoir en place"

C'est un point de vue légaliste qui a ses limites.
A un moment il peut commencer à y avoir "retournement" d'une foule majoritairement méfiante jusqu'alors vis à vis de "casseurs" et "pilleurs" (terminologie des classes dirigeantes, on pourrait aussi écrire "révoltés")
Le Pouvoir parlera toujours d'émeute, l'histoire dira plus tard révolte...ou début d'insurrection.
Les choses ne sont pas si simples et gardons bien en tete que médias et Pouvoir feront tout pour toujours distinguer le plus longtemps possible casseurs et manifestants et créer des catégories à l'intérieur de ceux qui s'opposent.


"En outre, quoi qu'on en dise, le fait de défoncer des vitrines ou de brûler des banques ou des cinémas ne sert strictement à rien, sinon à se défouler, et à conforter les dirigeants dans l'idée que le peuple est trop con pour avoir son mot à dire sur les sujets importants".

Peu importe ce que pense la classe possédante du peuple, puisque son but est d'abord de rester en place, que les gens d'en bas soient "dignes" de la remplacer ou non.
Les manifestations pacifiques ne les ébranleront pas, et l'économie continuera de tourner.


"Il ne faut pas confondre les barricades de résistance et les combats justement menés pour la liberté avec le pillage en bande."

Vous confondez légalité et légitimité. Vous gardez le point de vue légaliste des classes dominantes et du système médiatique mis en place.
Jusqu'à quel point d'absurdité du système économique (en Grèce la population paye pour le reste de l'Europe et ses baquiers) ceux qui n'ont plus rien à perdre doivent ils se contenter regerder les boutiques pleines...au lieu d'aller se servir.
Surout je ne suis pas sur que ce soit à à nous de dire à partir de quel moment certains , j'écris certains parce que les actes qui plus tards seront jugés comme justes ne sont jamais livrés dès le départ par une majorité franche de la population mais juste par des groupes minoritaires, ce n'est pas à nous donc de dire à partir de quel moment certains ont raison ou pas de se révolter.

Babinicz a dit…

Panagiotis témoigne d'un légitime écoeurement face à l'écran de fumée produit par les casseurs et la médiatisation dont ils ont fait l'objet, tandis que derrière se joue le destin d'un peuple. Et au seuil de la guerre civile, je comprends qu'un Grec exprime des réticences et des doutes à voir sombrer son pays dans le chaos. Ce qui ne relève pas d'un pacifisme béat, loin s'en faut, beaucoup de ses précédents articles nous montrent au contraire que l'auteur est très lucide attentif à la radicalisation de la société. Je crois qu'il faut y être pour vraiment comprendre ce qui peut se passer dans le coeur des Grecs. Ce blog nous y aide. Merci à lui.

Panagiotis Grigoriou a dit…

Pouvons nous clore pour le moment s'il vous plait le débat sur la violence, les "casseurs" et les insurgés. Puis pensez y, tout discours est significatif, même manipulé et/ou manipulateur, donc je ne trouve pas inintéressant par exemple que de s'occuper parfois de ce que les syndicats des policiers veulent dire (ou occulter), ceci peut contribuer à mieux saisir les enjeux, je ne prétends pas proposer une explication globalisante ou exhaustive de la situation, et sur le reste (rôle des parties impliquées sur le terrain), certainement, l'histoire nous dira plus tard si c'est une révolte...ou un début d'insurrection, ou sinon encore une autre situation.

Merci

Amartia a dit…

Personnellement, ce qui m'a le plus frappée, ce n'est pas tant la violence dans la rue (elle était prévisible), mais bien celle qui a eu lieu à l'intérieur même du parlement. Personne n'en parle, mais ce Mémorandum n'est pas passé comme une lettre à la poste. Les échanges ont été violents (verbalement s'entend) et je pense qu'un certain nombre de députés se voyaient mal rentrer dans leur région après l'avoir voter. Ce que la télévision ne montre pas, c'est la colère qui gronde même dans les villages les plus reculés. Et celle-là n'est pas à négliger, car elle n'a rien à voir avec la manipulation ou non des "encagoulés".

fx a dit…

Pas que verbalement, il y a des livres qui ont voles a un moment !

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