Catherine a invité beaucoup de monde chez elle samedi soir. C'était pour fêter la Sainte-Catherine du 25 Novembre. Par tradition, on se retrouve ainsi, entre parents et amis. Jadis, et du temps de l'après guerre (de 1940), on faisait dans la frugalité. Une sucrerie, un verre de liqueur et des vœux sincères. Et sans invitation, de toute façon, même le téléphone fixe, n'existait pas pour tout le monde. Il suffisait sinon, de se rendre à la demeure concernée de l'ami ou du parent, au soir de sa fête et frapper à la porte. Au fil des années, notre sociabilité s'est enrichie. Après tout, nous nous sommes élevés au rang des nations prospères et développées. «La Grèce désormais puissante ...», selon les déclarations légendaires du Crime Minister Simitis, au moment de l'entrée dans l'euro. Entre temps, il y a eu le téléphone, la télévision et la voiture garée devant la porte.
Carnet de notes d'un ethnologue en Grèce
Une analyse sociale journalière de la crise grecque
lundi 28 novembre 2011
samedi 26 novembre 2011
Bande-annonce …. de l'après - monde
Chaque jour qui se range derrière nous, participe à la nouvelle séquence du monde. Nous nous sentons vraiment comme plongés dans un grand film, mais en comparses. C'est pour cette raison sans doute que le grand nombre d'entre nous, reste tétanisé, comme le disent certains. D'autres, font déjà état de la bulle spéculative de Papadémos. Il se dégonflera. Scenario, encore une fois truqué mais désormais sans fioritures. Voilà un banquier appelé aux commandes, avec l'accord des partis, sans mandat électoral, par un Président de la République violeur de notre Constitution dans un viol ... collectif.
jeudi 24 novembre 2011
Covoiturage à la grecque
On circule déjà moins. Les voitures restent assez souvent au garage ou plutôt garées sur les voies publiques. Le covoiturage se développe mais encore timidement. C'est ainsi que nous nous retrouvons entassés dans le métro et le Proastiakos, notre RER à une ligne et demie. Les dernières nouvelles y sont commentées, parfois vivement. Il n'y a pas toujours tant de pathos mais on sent que les gens restent déterminés. Discutant aujourd'hui avec les ouvriers – marins (anciens et futurs), stagiaires à l'École de la Marine Marchande, j'ai pu, mieux cerner leurs appréciations. La doxa commune de la faillite, désormais Européenne semble acquise. Les gens ne se font plus d'illusions, leur sort sera de toute façon, plus difficile. Ils font partie de ceux qui n'ont pas été gâtés par le système de cooptation ou le piston. Sinon ils ne seraient pas la.
mercredi 23 novembre 2011
Toxicité et contagions
Notre semaine commence sous le signe de la contagion. Dès hier, radios et journaux évoquent les derniers chiffres du sida en Grèce, une augmentation de 54% si on compare avec l'année dernière. Les médecins responsables au Centre de Prévention et de contrôle des maladies Infectieuses (www.keelpno.gr), tirent le signal d'alarme. Notre Ministre de la Sante Andreas Loverdos (néolibéral et P.S.) recommande aux sujets du protectorat de ne pas fréquenter les prostituées non déclarées et ainsi non contrôlées. Ces derniers mois la prostitution a fait également un bond en avant, elle concerne désormais une population plus ample, femmes mariées ou encore étudiantes. Les lieux changent aussi. Les quartiers habituels du centre ou populaires sont délaissés au profit de certains beaux quartiers, là au moins; il y a des hommes circulant les poches encore pleines.
dimanche 20 novembre 2011
Les 417 coups
Il était une fois une génération. Jeune, inquiète, vivant un peu à l'étroit dans un pays timidement touristique, sous un soleil radieux mais mordant. Georges, le dictateur au pouvoir, ridiculisait jour après jour, les apparences même de sa junte, successeur «digne» d'une démocratie déjà boiteuse et autodestructrice, par les agissements et autres putsch parlementaires des partis, et ceci dès 1965. Ainsi fut préparé le 21 avril 1967, moment inaugural de la dictature de Georges Papadopoulos et des autres colonels.
jeudi 17 novembre 2011
Viens, Sainte-Marine-des eaux, et sauve-nous !
Nous naviguons dans des eaux troubles et agitées. Nos habitudes se décomposent, nos rêves se déconstruisent, tout comme nos petits calculs sur l'avenir, arrêtés en 2010. Prochaines vacances, achats probables, ventes incertaines, accouchements programmés, mariages en vue et divorces en route. Tout recule. Sauf la Troïka, et le «nouveau» gouvernement de notre Baronnie. Tel un professionnel de renom, travaillant dans la production télévisuelle, et faisant part de son désarroi auprès d'un cercle d'amis. Le modélisme de son petit train de vie, tributaire de ses dix mille euros mensuels d'av. Georges -Mém. (c'est a dire, avant le premier Mémorandum avec la Troïka en 2010 et le grand patriotisme banquier de Georges Papandréou), vole aussi en éclats, et il y a plusieurs morceaux ! Mille et une nuit de show-biz, battues par 540 jours sous Memorendum. On lui propose desormais mille six cent euros mensuels ou sinon rien. Il est furieux : «j'ai une hors-bord de huit mètres sur remorque et un 4x4 Kia, V6 essence, un grand appartement à entretenir et à chauffer, cela ne tient plus ici, je partirai en Australie... je me sens détaché des choses de ce pays, de l'Europe même, ras-le-bol ...».
lundi 14 novembre 2011
Papadémocratie
Vivons heureux mais mourons solidaires. Notre sociabilité se «postdémocratise», c'est le moins que l'on puisse dire ! Ce lundi après-midi, journée fracassante des déclarations politiques du «nouveau» gouvernement, nous nous sommes retrouvés entre amis pour … fêter ce deuxième gouvernement d'occupation. Takis, cadre dans une société pétrolière bien connue, a apportée la viande hachée – c'est le seul dont le salaire n'a pas bougé, «sa» société se réalise comme on dit désormais davantage en externe, Turquie, Bulgarie, Serbie et Roumanie, car «ici c'est mort», d'où ses absences prolongées en voyage d'affaires. Yannis, notre ami skipper surnommé le capitaine, s'est chargé du vin italien, et nous autres, des aubergines et des légumes.
Radio P.S. ment ... sur la Trilatérale et sur l'argent ...
Ce dimanche, nous avons vécu la deuxième vraie offensive de l'hiver sur Athènes et sur la Grèce, après celle de Papadémos, évidemment. Il tombe du crachin par un vent du nord très froid et la neige apparaît sur nos montagnes, une autre vraie misère. Nos bateaux et autres ferries, c'est à dire ceux de nos armateurs, sont restés amarrés au Pirée, navigation interdite jusqu'à ce soir minuit, au moins. Alors c'est la tempête, vent à 50 nœuds, la mer Égée se déchaine depuis hier. Comme la plupart des îles, Lesbos, Santorin ainsi que Mykonos, se trouvent coupées du continent, encore une fois, les insulaires ne peuvent qu'attendre. Salle temps vraiment, par les banquiers qui courent.
jeudi 10 novembre 2011
Papadémos ... a casa d’Irene !
Entre deux Premiers Ministres ici, nous avons eu droit, à notre petite recrée, à de vrais moments de détente. Trop courts, hélas ! Cinq jours pratiquement, sans gouvernement, cela se fête ! Papandréou, démissionnaire, a été même vu derrière le Parlement, buvant apparemment son café, du cote du jardin botanique, le jardin dit «National», ou «Royal» avant 1968. Dans les Ministères les cartons sont déjà prêts. On emballe sans doute les … débordants dossiers de notre maigre pays. Et dans celui de Venizelos en Économie ?
mercredi 9 novembre 2011
Un astéroïde gros comme Papandréou frôlera la Terre ce soir
Dans notre
quotidien, toutes les alarmes du social sonnent, depuis plusieurs mois elles deviennent folles. Sur
nos autoroutes également, nos «diodes» sonnent l'alarme, moins que
l'année dernière. Au sens propre. Sale temps donc
pour les sociétés d'autoroutes helléno-françaises ou
helléno-autres, entre Thèbes et les Thermopyles. «Diode», (passer
à travers en grec) est le terme, également utilisé pour designer
les péages. On entend toujours et encore, leurs alarmes sonores
lorsque, depuis plus d'un an, nombreux citoyens effectivement lèvent
les barrières, soutenus par le mouvement «je ne paie pas».
Impôts ... cassés
Les médias sont bien alarmistes ce
matin et en même temps moqueurs. Et alors? Le Premier Ministre
nouveau est en retard. Sur l'Acropole une nouvelle banderole géante
accrochée, appelle à en finir avec la gouvernance des banques. Il y
a du monde sur les trottoirs, on flâne, on ne travaille pas, on
déguste en quelque sorte le chômage sous un été indien
remarquable, avant l'hiver qui s'annonce déjà assez allemand. De
toute façon nos salaires vont s'aligner à ceux de la péninsule
Indienne à peu de choses près. Étant les cobayes des laboratoires
de la finance mondiale, nous subissons des mutations intéressantes.
Pour l'instant nous sommes en train de mordre les barreaux de nos
cellules, en nous cassant évidement les dents.
lundi 7 novembre 2011
Papadimos Über Alles
«À
bas l'occupation, la lutte continue, pour nous, sujets du Protectorat
allemand au sud de l'Europe, chers auditeurs, les masques sont
tombés, Papadimos l'élu de Merkel et de Sarkozy, ce banquier qui a
contribué au maquillage des statistiques grecques lors de l'entrée
dans l'euro, cet homme de la BCE et des rapaces internationaux des
marchés, ce conseiller de Papandreou sera probablement notre
prochain Crime Minister ... Les deux grands partis ont signé par la
même occasion, l'acte de leur mise à mort en assassinant la patrie
et le peuple. «Socialistes» du P.S. et Nouvelle «Démocratie» (la
droite), entrent dans l'incinérateur politique, ce n'est plus une
affaire de gauche ou de droite, mais de dignité nationale et de
survie. L'Europe dite démocratique, nous disait encore hier, vous
êtes sous nos ordres, sinon nous allons vous b... (sic) …. je
crains même, que sous peu, la liberté de parole restante va
disparaître … Après les élections de … février, nous verrons
éventuellement une grande coalition de tous les collabos, «Argentine
plan» - phase II, sauf si …. Chers auditeurs, pensez-vous que vous
et votre enfant, chères mamans, avez-vous encore un avenir ? et
bientôt les mamans italiennes ou bien même françaises vont s'en
rendre compte. Nous, nous savons ici que désormais, cette Europe
n'est pas une Union politique, mais la dictature des criminels de la
doctrine du choc, et notre peuple se voit programmé à mourir sous
occupation ... Mais la Résistance est là ...», voilà en résumé,
l'émission de Georges Trangas ce matin sur Real FM, première radio
chez nous, en termes d'audience.
Mildiou de coalition, le coup d'État nouveau est arrivé ...
Sur
la rocade du bord de mer. Il y a du monde. Entre temps, les
tractations politiques se poursuivent pour former un gouvernement; de
la dite coalition du … oui. Du matin au soir sans arrêt, ce
dimanche. Papandreou, P.S. et droite, s'arrachent encore le luxe de
la politique politicienne sous le nez de nos occupants: «Vous
formerez un gouvernement jusqu'à lundi inclus, vous avalerez la
pilule abortive, la RU 486 de votre souveraineté et ensuite ...
au-revoir les petits», tel fut, l'ultimatum de Cannes. Dès ce
matin, les journaux s'arrachent des kiosques, une fois de plus.
L'information déborde de partout, pléthorique et souvent
contradictoire. Les journaux favorables au mémorandum de la Troïka,
insistent sur le chantage en rajoutant sur la peur : «Arrêtons
les bêtises, formons l'Union Sacrée afin de sauver le pays et le
maintenir à sa place dans la famille européenne».
samedi 5 novembre 2011
À nos splendides marionnettes !
(Les mourants, les passants et les
manifestants - Athènes 04-11-2011)
Vendredi soir. Athènes se fait encore
belle, comme elle peut. Aux alentours du quartier de l'Agora les
touristes, assez nombreux, se mélangent à nos flâneurs. Les
trottoirs se remplissent, dans les rues marchandes, il y en a même
qui font du shopping. Avant la tombée de la nuit, près du vieux
marché, de la marchandise «récupérée», circule dans une course
de caddies; dérobés des hypermarchés. J'apperçois un homme
élégant, achetant de la marchandise à l'immigré qui pousse
fébrilement son caddie, tournant son regard dans tous les sens, la
police n'est certainement pas loin.
vendredi 4 novembre 2011
Un référendum qui se nomme mémorandum
(To Pontiki,
hebdomadaire satirique, titre ce jeudi: «Chantage
made in USA - Référendum» - 03/11/2011)
Nous attendons avec
méfiance les résultats du vote de … confiance au gouvernement
Papandreou, au Parlement ce vendredi. Les syndicats appellent à
manifester, le parti communiste (KKE) et les autres partis de la
gauche également. Hier, encore une journée folle. Tout le monde
suivait les événements partout. Radios, télés, internet; dans les
rues les rumeurs se nourrissaient de feta au petit lait. On lisait
les titres des journaux devant les kiosques et les commentaires
tombaient spontanés, amers et ironiques. Mais c'est surtout le titre
de Libération qui a fait tant couler d'encre ici, sous le
Parthénon. Quelle fierté, cette petite leçon de grec sur la une du
grand quotidien français, à croire que nous tenons pour une seule
journée certes, toute la grammaire du monde. Pour un Premier
Ministre dont la langue maternelle est l'américain, c'est de
surcroît un exploit. Tremblez, Homère, Aristote et Platon voila
Papandreou, «tiens, même les Chinois ont fait des déclarations sur
notre référendum, la muraille de Chine tremble aussi», s'exclame
un étudiant à haute voix et tout le monde rigole et applaudit dans
le bistrot à deux pas de la place de la Constitution, certains
évoquent l'autre sobriquet de Papandreou : «Crime Minister».
mercredi 2 novembre 2011
Voulez-vous la dette totale ?
En direct du chaos
originel, notre journée fut assez ensoleillée, ici sur Athènes.
Mais quelle nuit la précédente ? Celle des Longs Couteaux
politiques, chez les députés et ministres du Pasok (le P.S. grec),
défections, engueulades quasi publiques, mises au point, revirements
et dès ce matin voilà le soutien
supposé unanime du gouvernement grec au référendum, pour
paraphraser le titre du journal Le
Monde.
Vendredi,
Georges Papandreou, notre … Prince du Chaos demandera la confiance
de ses députés restants, et là encore rien n'est acquis. Hier soir
déjà, une fois n'est pas coutume, nous avons suivi avec intérêt,
les déclarations du chef de l'opposition (de la droite) Georges
Samaras; annonçant son intention de bloquer le processus qui conduit
au référendum et par la même occasion, de faire tomber le
gouvernement, en faisant par exemple démissionner en bloc l'ensemble
des députés de son parti, la Nouvelle Démocratie (N.D.).
mardi 1 novembre 2011
Thermopyles et Pandore
Quand l'injustice devient loi, la résistance est un devoir(Athènes centre 01/11/2011) |
Matinale du NON aujourd'hui. La radio privée Real-FM
ici à Athènes démarre son magazine politique de 8h par les spots
de la dictature. Les moins jeunes s'en souviennent encore. Référendum
bidon de 1968 organisé par les colonels, (91,87% "Oui"). Puis, on
entend des extraits des déclarations de l'autre Georges,
Papadopoulos, chef de la junte.
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